Véritable
disque-révélation pour Uriah Heep ! Byron devient
étourdissant en maîtrisant un organe diabolique aux
confins de l'audible. Avec une pochette en parfaite antinomie avec
son contenu et qui résume pourtant parfaitement l'amalgame
réussi par le groupe. Un char d'assaut bouscule tout sur
son passage
(pochette d'origine)
C'est vrai, Uriah Heep est un monstre de puissance grâce à
la guitare de Mick Box et la batterie de Keith Baker mais cet album
regorge de pures oasis de détente et de plages de rock progressif
du plus grand cru. A vrai dire, c'est certainement le véritable
premier disque de hard-prog de l'histoire du rock.
Un chef-d'uvre qui n'a pas pris une ride ! "The Park"
et ses arpèges bucoliques enlacés dans les méandres
d'un orgue biblique soudain entrecoupés par un mini-blues
urbain et des chants d'oiseaux est une perle de concision. Les churs
angéliques qui hantent cet album de bout en bout donnent
une couleur d'apaisement idyllique même quand ils participent
à la fournaise ambiante de "Time of live", un brûlot
heavy martyrisé par des descentes d'orgue et les solis pointus
de Box.
Un album d'anthologie qui reste peut-être avec "The Magician's
Birthday", le meilleur du groupe qui impose une grandiloquence
émerveillée dans toutes les directions qu'il s'amuse
à prendre. Le temps est à la folie, la découverte
et le mélange violence/douceur que dégage Uriah Heep
trouve son apothéose dans "Salisbury", opéra
miniature dont la démesure symphonique fout encore le frisson
passés 30 ans après.
L'indispensable absolu pour redécouvrir ce géant du
rock anglais. Uriah Heep Suisse Francophone - 31/12/2003
Salisbury est le 2ème album d'Uriah Heep et le groupe commence
sérieusement à affirmer sa personnalité. On
ne pourra bientôt plus les comparer à Deep Purple,
même si quelques similitudes restent présentes, pour
les titres les plus heavy (le classique et terriblement efficace
Bird of prey) et les plus rock (Time to live). Uriah Heep se démarque
de Deep Purple surtout par son approche mélodique et par
ses fabuleuses harmonies vocales sur ses titres les plus doux (The
park, l'acoustique Lady in black). Mélodie semble être
le mot d'ordre de cas gars là de toute façon, et en
cela Uriah Heep va représenter une influence considérable
pour des combos aussi divers que Queen (pour les choeurs), King
Diamond (les vocalises haut perché de David Byron sont un
modèle pour notre héros maquillé) et bien sur,
tous les groupes de metal qui se sont orienté vers le progressif
(Rush, Dream Theater).
En
effet, ce disque ne serait rien sans la fabuleuse pièce
épique, expérimentale et progressive Salisbury,
d'une durée de 16 minutes, elle en dit long sur l'inventivité
dont faisait preuve le groupe à cette époque. Salisbury
peut paraître un brin pompeux puisque ce morceau est davantage
à ranger aux cotés du Concerto de Jon Lord dans
Deep Purple ou des albums solos grandioses de Rick Wakeman, le
claviériste de Yes. Une preuve si il en est que toutes
les audaces étaient permises à cette époque,
le groupe n'avait pas encore la pression de rester collé
à un style spécifique et immédiatement reconnaissable.
Au programme donc dans cette pièce, des cors et flûtes
pour constituer un mini-orchestre, des montées en puissance
régulières rondement menées par les guitares
déjantées, une basse extrêmement mélodique,
un David Byron magistral et un orgue Hammond qui, à aucun
moment ne verse dans les traditionnels solos excessifs, ce qui
aurait pu être le cas vu la durée du morceau. C'est
bien une des qualités d'Uriah Heep, celle ne de ne pas
souffrir du complexe du guitar-hero ou du musicien qui cherche
à tout prix à se mettre en avant au détriment
des autres.
Salisbury
est historique à plus d'un titre puisque Uriah Heep est
le 1er groupe étiqueté heavy metal à avoir
lancé le mélange heavy metal et rock progressif,
ce qui sera repris plus tard et plus en profondeur par les Rush,
Fates Warning et Dream Theater. Salisbury n'est peut-être
pas le meilleur album d'Uriah Heep puisqu'il existe un petit fossé
entre la pièce épique et les autres titres, plus
conventionnels dans leur structure. Les musiciens étaient
encore assez limités techniquement, le meilleur est à
venir. David - 31/12/2003
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