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Sorti
en 71 et encore une jaquette qui tue ! Un simili de miroir déformant
vous renvoie votre propre image de façon cocasse. Une idée-marketing
de génie qui personnalise comme on ne l'a plus jamais fait
chaque disque et pour cause !
L'album
de la révélation mondiale pour Uriah Heep, au sommet
de son inspiration. Les morceaux de bravoure se succèdent
à un rythme infernal, "Look at youeself", speedé
à mort avec sa batterie tribale et un orgue devenu fou.
"I wanna be free" et ses churs d'une précision
émouvante, "July morning", le plus bel "épic"
réalisé par Uriah Heep qui reste un émouvant
témoignage du talent de Byron où la démesure
de ses vocalises atteint un point de non-retour. De la classe
d'u "Child in time" ou même d'un "Stairway
to heaven" !!
Le
son du groupe se fait plus clair, album après album et
les parties de claviers moins raffinées du début
sont maintenant d'un lyrisme irréel. Uriah Hep réalise
avec "Look At Yourself", le lieu de rendez-vous idéal
entre le hard naissant et le progressif racé d'un Yes ("Tears
in my eyes" en est un bel exemple dans son délire
final).
Avec
des monuments de cette trempe, Uriah Heep se bâtit une réputation
équivoque et les critiques agacés, ne savent plus
sur quel pied danser. Uriah Heep Suisse Francophone - 31/12/2003
Look at yourself représente l'album qui établira
définitivement Uriah Heep comme une valeur sure. Le groupe
a enfin sa propre griffe immédiatement reconnaissable et
c'est désormais dans cette direction que se situera les
prochains albums. Plus rien ne pourra arrêter son ascension
vers un succès international. Considéré par
certains fans comme le meilleur album d'Uriah Heep, je ne partage
pas cet avis, tout n'est pas parfait.
Look
at yourself contient sa quantité de classiques avec tout
d'abord le heavy et direct Love Machine qui prend toute sa dimension
en live. Les cris suraigus de David Byron sont bien la seule chose
qui peut désormais rapprocher Uriah Heep de Deep Purple.
Il manquait à Uriah Heep son hymne épique et fédérateur,
celui capable de faire chavirer la foule en concert devant tant
d'émotions et de beauté contenue sur une seule chanson.
Salisbury était une pièce trop expérimentale
et progressive, trop différente du répertoire traditionnel
pour pouvoir remplir ce rôle. Deep Purple avait Child in
time, maintenant il faudra compter avec July Morning. Uriah Heep
décrochera également avec ce disque son 1er hit,
l'incontournable Look at yourself (repris par Gamma Ray sur Heading
for tomorrow), encore une tuerie annoncée en concert et
dont le final avec les percussions laisse présager de belles
improvisations en live. Car Uriah Heep improvise beaucoup lors
de ses concerts, mais aucun live officiel ne rendra justice à
cette démarche malheureusement, contrairement à
Made in Japan de qui vous savez. What should be done inaugure
une longue série de belles ballades au piano, toutes écrites
par Ken Hensley qui s'impose déjà comme le leader
et le compositeur principal.
En
dehors des classiques, Look at yourself contient aussi quelques
titres nettement en deçà et composés à
la va-vite : Tears in my eyes et ses guitares slidés ne
restera pas dans les annales faute de refrain réellement
accrocheur, de même que Shadows of grief et son assemblage
de différentes parties contrastées entre le calme
et la tempête fait plus penser à un bric-à-brac
bordélique qu'à un morceau progressif. Ces quelques
faux pas n'empêcheront pas Look at yourself d'être
classé parmi les albums de référence d'Uriah
Heep. Il ne manque plus pour le groupe de s'entourer de musiciens
techniquement irréprochables ce qui sera chose faite dès
le prochain album. David - 31/12/2003
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