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Uriah
Heep ayant déjà enregistré une tripotée
d'album en ce temps-là, au rythme effréné d'un
album par an, il leur était difficile d'éviter la
redite. Innocent Victim présente un groupe qui se cherche,
qui tâtonne à droite à gauche vers de nouveaux
horizons très en vogue à l'époque. En clair,
Uriah Heep se cherche une nouvelle direction musicale, sans réellement
y parvenir.
L'album
n'est pas très homogène, ça part dans tous
les sens, entre les chansons clairement pop à la guitare
acoustique (le dynamique Keep on ridin' et le single Free me,
un peu trop guimauve à mon goût) et les titres bêtement
funky sans grande envergure (Roller, The dance). Après
tout, même les Rolling Stones se sont essayés à
des chansons funky dans les années 70, mais dans le cas
d'Uriah Heep, le résultat est quand même plus convaincant.
Innocent Victim est donc composé en grande majorité
de titres légers bien souvent éloignés du
hard rock. Le groupe fait même appel à un compositeur
extérieur sur 2 titres (The dance et Choices), preuve si
il en est de la volonté de se démarquer d'un style
trop redondant. Mais justement, le problème vient de là
: les meilleurs moments d'Innocent Victim sont les titres qui
s'inscrivent dans le répertoire traditionnel d'Uriah Heep,
avec l'unique classique Free n' easy et son riff légendaire
et aussi la semi-ballade Cheat n' lie.
Au
final, on ne ressort qu'à moitié convaincu de ce
disque, mais la tentative de se renouveler était louable
et courageuse. Innocent Victim tient la route surtout grâce
aux capacités mélodiques du groupe, jamais prises
en défaut, et à la voix sublime de John Lawton,
sans conteste la star de ce disque. Mais sans cela, l'album serait
passé inaperçu et se serait retrouvé noyé
dans toute la production pop des années 70. David
- 31/12/200
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