| Power
trio: terme souvent mal employé, galvaudé, utilisé
à mauvais escient pour qualifier des groupes soit disant
« sauveurs » d'un genre.
Power
trio: terme exact qui correspond à ce groupe sauvage trop
vite disparu.
Power
trio: puissance et excellence de trois zicos enragés qui
n'ont aucunes limites, aucunes barrières et qui voient
loin, beaucoup trop loin.
1989, le hard est à son apogé, les groupes se bousculent
aux portes des majors, et ces dernières les signent à
tour de bras, les dollars pleins les yeux, cherchant de ci de
là son Guns, Metallica ou autre Bon Jovi. Comme toujours
il y a les meneurs et les suiveurs (forcément nombreux)
qui apportent peu et font tourner le genre un peu en rond.
Débarque
alors l'intrus, l'anomalie : The Big F. Un look inexistant, des
dégaines quelconques, une pochette énigmatique et
artistique, peu d'infos si ce n'est que deux musiciens officiaient
auparavant dans Berlin (auteur de 'Take my breath away', hit guimauve
du film "Top Gun"). Intrus tout de même signé
chez la major Elektra qui croit au potentiel fabuleux du groupe
(d'ailleurs ils feront une reprise apocalyptique de « Kick
out the jam » sur 'Rubayat', l'album anniversaire des 40
ans d'Elektra).
'Killing
Time' déboule en 1ere position sur un mid tempo inquiétant,
le guitariste ne connaît pas le mot riff, il tisse tout
au long du morceau des éclairs et des boucles folles, le
batteur utilise la double pédale de manière ingénue
pour insuffler le rythme tandis que ses baguettes s'affolent,
le chanteur/bassiste a une voix puissante tantôt douce et
grave qui s'enfonce dans la folie. 'Kill the cowboy' enfonce le
clou, toujours une rythmique implacable sur lequel le chanteur
après avoir sussuré quelques mots doux devient enragé
sur le refrain.
Une
question en guise 3eme morceau, 'Why' où le guitariste
nous ascène un solo incendiaire pendant près de
3 minutes, un solo à se rouler par terre qui ne ressemble
à aucun autre.
'Here's
the good life' débute par une basse vrombissante, le chanteur
place un refrain, la guitare s'invite et le batteur d'emballer
le morceau pour une cavalcade de tous les diables.
Malade
de tant de décibels en folie, 'Doctor Vine' arrive avec
une boucle entêtante jouée à la six cordes,
la batterie un rythme sautillant et le chanteur se fait tout doux.
Sur
'Power pig ' la basse se fait dansante et le gratteux donne toujours
l'impression d'inventer au fur et à mesure des arpèges
qui donne ce son si particulier.
Le
reste est du même accabit, d'un 'Monkey boy' où le
batteur assure un rythme compliqué mais si agréable,
tout comme sur 'Alpert tango' rouleau compresseur rythmique ou
l'enivrant 'Biz about brains' qui fait taper du pied jusqu'à
ce que les 3 diables se mettent en colère.
Vous
êtes encore entier ? allez un petit morceau enregistré
en public où le groupe se dévoile très à
l'aise pour anéantir les foules avec un 'Good god' anthologique.
Une
perle de puissance et d'inventivité rythmique, un guitariste
barge qui laisse libre cours à toutes ses folies, un batteur
utilisant peu sa charleston et qui ne fait jamais deux fois le
même rythme, un chanteur doux comme un agneau qui se transforme
en loup garou mais qui n'oublie pas sa basse pour des rythmes
hypnotiques.
Un
vrai power trio qui a enregistré cet album quasi en condition
live (sur les soli aucune guitare n'est ajouté en fond,
seul la base rythmique assure), un trio de fous furieux qui malheureusement
est passé inaperçu car surement trop en avance sur
son temps. Syl70 - 27.09.2004
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