DISCOGRAPHIE

The price of progression - 1988

Sticks & stones and broken bones - 1991
THE TOLL

Style - Hard rock
Connection -
Origine - USA
Site web

Sticks & stones and broken bones - 1991 - Album
1. Tongue Tied River
2. Boys Are Bustin' Bricks
3. One Lost Wish
4. Something 'Bout the Struggle
5. American Mess


6. Happy
7. Never Enough
8. Color Blind
9. Sweet Misery
A la simple évocation d’un album de Hard-Us (dans son registre large quand même…) sorti en 1991, deux camps vont se dessiner. Le premier qui se mettra en quête de ce disque avant même d’avoir fini la lecture de cette chronique et le second qui arrêtera leur lecture aussitôt… Eh non, ce serait trop simple ! Je conseille aux fans potentiels de ce style de lire les spécificités de The Toll et aux détracteurs, je ne peux que les rassurer sur le côte non « formaté » de ce groupe. Tellement peu typique que rétrospectivement, leurs chances de percer étaient minimes. Difficile bien souvent de sortir du moule en vogue qui, en incitant à la redite de ce qui a marché en termes de vente, conduit inexorablement une mode à sa perte… Les seuls que je dispense de la lecture de ce qui suit sont les amateurs de Hard extrême, vous allez perdre votre temps.
Beaucoup d’influences, de ressemblances, de particularités rendent difficile le collage d’une étiquette à The Toll. Plutôt un Hard Rock N’ Roll pas violent (mais à 100% entraînant) qui sait se diversifier pour nous offrir un panel de titres assez large.
A la première écoute, des morceaux font immédiatement mouche, une bonne moitié sur les 12 titres au total. Le hic, c’est qu’à la deuxième, on les « oublie » noyés qu’ils sont parmi un ensemble qui ne connaît pas de temps faibles, de « fillers » comme on dit !
L’album débute par deux morceaux énergiques ; « Tongue tied river » qui ne sort pas réellement des sentiers battus mais qui, grâce à son efficacité, nous permet surtout de découvrir un chanteur vraiment plaisant. Pas dans la rubrique « tessiture exceptionnelle » mais plutôt dans celle des vocalistes totalement habités par leur passion un peu « à la » manière de Stephen Shareaux (Kik Tracee) ou Matt Kramer (Saïgon Kick). Le chant n’est pas relégué comme c’est parfois le cas au rang de simple support mélodique… Là il s’agit d’histoires, d’émotions, de coups de gueule souvent. Je reviendrai plus tard sur des paroles qui contribuent à l’étiquette marginale que je colle à The Toll. Sur ce titre, on ne peut que se poser la question du rôle du producteur sur un disque. Matt Wallace est aux manettes (comme pour certains disques de Faith No More) et à deux reprises sur l’album, le chanteur Brad Circone préfigure de ce que fera Mike Patton quelques années plus tard sur l’album « King for a day… » avec des vocalises puissantes presque bestiales. Etrange coïncidence, non ?
« Boys are Bustin’ Bricks » prend la relève pour le passage le plus « rentre-dedans » de l’album ; on flirte parfois avec le Punk pour une décharge d’adrénaline en règle.
Le tempo ralentit pour les deux suivants (mais pas l’intérêt) avec des titres « deuxième couche », entendez par là qu’ils ne sortent pas du lot à la première écoute mais qu’ils sont servis par des refrains des plus accrocheurs que je rapprocherais d’un Terrorvision en plus Hard pour « One last wish » où la rythmique se fait plus subtile, plus saccadée pour le plus grand bonheur de nos doigts qui se mettent à claquer tout seul (ce qui permet à nos cervicales de se reposer après le headbanging obligatoire jusque là…). Quant à « Something ‘bout the struggle », il concourt dans la catégorie des « airs à siffloter » le matin sous votre douche. Vachement plaisant quoi !
Vous vous dites : « OK, peut-être un groupe qui balance ses meilleures cartouches au début de l’album… ». Ne prétendez pas le contraire, je vous vois venir ! Non ! Les bonnes surprises ne sont pas finies et j’avancerai pour preuve cet hymne « Hear your brother calling » qui en plus de nous proposer un refrain tubesque me permettra d’aborder le chapitre « Mais que raconte le chanteur finalement ? ». La problématique abordée ici , et qui sera déclinée à plusieurs reprises, est une interrogation parfois amère sur une société (Américaine plus précisément) qui, à force de prôner l’effort individuel, en oublie parfois une solidarité de tous les jours. Brad Circone illustre notamment ses propos par le tristement célèbre fait-divers de Kitty Genovese sauvagement assassinée sous les yeux de nombreux spectateurs qui ont cru, protégés qu’ils étaient chacun par leur fenêtre, que le voisin allait intervenir… Aucun voisin n’est intervenu malheureusement pour Kitty ! Le titre du morceau prend dans ce cas une allure de prière ou en tout cas de souhait d’un monde meilleur. Ah on est loin de paroles célébrant les relations humaines horizontales…
Hop, hop, hop, on ne se refroidit pas avec « War is release » qui traite d’un sujet éculé mais de façon efficace (« Say war ain’t no substitute for peace »). Vraiment, si vous trouvez l’album, penchez vous sur toutes les paroles qui, même sur des sujets évidents comme celui-là sont finement écrites et superbement mises en valeur par la musique. Anecdote amusante, le chanteur débute ce titre avec des intonations à la Robert Smith !
Pas le temps de rêver à un monde meilleur que « Standin’ on the ledge » nous raconte une histoire glauque de suicide chez des jeunes « mal », « trop peu » ou « trop » éduqués par leurs repères familiaux. Malgré des thèmes douloureux et diamétralement opposés aux « paillettes et confettis » de rigueur en 1991, la musique résolument Rock permet de se distinguer des paroles pessimistes voire misérabilistes qui prendront toute la couverture les années qui suivront.
Si je ne devais retenir qu’un morceau de l’album, il s’agirait sans doute d’ « American mess » car réunissant des paroles aussi fortes que sur la majorité des titres avec une musique « brûlot » qui ne peut laisser indifférent. Des « wouh wouh » à la Stones, une critique acerbe (une fois de plus ) d’une société à deux visages qu’il n’est pas toujours facile de faire cohabiter. Et, symptomatique d’un patriotisme viscéral, même dans l’attaque frontale d’une certaine Amérique, le chanteur conclut en rappelant son attachement à une nation même imparfaite… Au passage, précisons qu’il y a dans ce titre (et également sur « War is release ») un passage « rappé » du plus bel effet. Réfractaires à ce type de fusion, n’en profitez pas pour vous éclipser car vous n’aurez le temps de vous rendre compte de rien…
« Happy » nous ramène du côté de Kik Tracee pour un titre qui n’est pas le meilleur mais qui reste d’un niveau tout à fait décent. Passons…
Interlude acoustique pour une intro réussie d’une power-ballad qui ne l’est pas moins abordant le thème, également classique, d’une relation amoureuse qui n’évolue pas toujours de la façon souhaitée. A défaut d’être original, ce titre est gorgé de feeling et rehaussé par une belle voix féminine.
Une autre problématique classique (discriminations raciales) avec « Colorblind » mais largement compensée d’une part en raison de son actualité toujours valable 15 ans plus tard et d’autre part, grâce à une plume toujours largement au-dessus de la moyenne du Hard-Us. Et toujours cette capacité à trouver des mélodies imparables mais est-il besoin de le re-préciser, vous vous en doutiez.
Le bouquet final avec le dernier titre « Sweet misery », prétexte au récit (véridique ?) d’une nuit de débauche qui permet au groupe, dans un long morceau, d’alterner plusieurs ambiances, toutes FUN ! C’est plus léger que le reste à la fois au niveau d’une musique festive qu’au niveau des lyrics (quoique… On peut y trouver des enseignements !). Morceau délirant, endiablé qui termine de fort belle manière un album qui, évidemment, est classé dans mon rayon « indispensable ».
Le seul bémol que je reproche à ce disque serait peut-être le soliste qui, bien qu’étant parfaitement compétent, ne se démarque pas autant que peuvent le faire les compos.
Tiraillé entre la satisfaction de découvrir en 2005 des albums datant de 15 ans d’une telle qualité et la tristesse de se rendre compte que, malgré des qualités évidentes, le nom de The Toll est à ranger parmi les illustres inconnus, je dois ajouter que les informations glanées ça et là laissent penser que le potentiel du groupe prenait toute son ampleur sur scène. Il s’agissait du second album du groupe et difficile de savoir ce que sont devenus les musiciens par la suite. Frank B - 12.11.2005
Musiciens: Brad Circone-chant, guitare, harmonica, piano/ Rick Silk-guitare/Greg Bartram-basse/Brett Mayo-batterie
Producteur:
Label: Geffen

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