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Belle
et étrange trajectoire que celle de Richie Kotzen
Remarqué très jeune au sein de lécurie
de Mike Varney en tant que shredder, remplaçant ou intérimaire
de luxe pour des groupes de premier plan (Poison et Mister Big),
des détours par le Jazz le temps de quelques projets, menant
depuis quelques années une carrière solo prolifique
même si à contre-pied de son statut de guitar-hero,
le voici de retour avec « Into the black ».
Nous lavions laissé entouré de musiciens dans
son groupe Forty deuce et il nous surprend et remet le couvert
sous son nom.
Amateurs de prouesses techniques, vous pouvez passer votre chemin
car lami Richie semble avoir (définitivement ?)
tourné le dos à la démonstration dune
maîtrise instrumentale qui, de toute façon est évidente.
Seuls des soli, gorgés de feeling et facilement reconnaissables,
rappellent le fabuleux guitariste quil est.
Plus encore, Richie pense sa musique en termes de chansons qui
joueront le rôle décrin pour une voix qui saffirme
comme légale de ses doigts. Chargée de « soul »,
lorgane qui fait parfois défaut aux musiciens endossant
en cours de carrière le costume de chanteur devient ici
le centre du tableau. Son timbre évolue entre deux monstres
sacrés qui lont manifestement influencé ;
Glenn Hugues et David Coverdale. Ne sautorisant que de moins
en moins de « fioritures » par rapport à
ses premiers albums en solo, cest dailleurs la référence
à Coverdale qui prend le pas sur le duo mythique immortalisé
par le Deep Purple Mark III.
Approche intimiste de rigueur avec le premier titre « You
cant save me » et cette ambiance sera celle de
lalbum complet. Pas de brûlot ni de grosses rythmiques,
des arrangements assez dépouillés et nous voilà
partis pour dix titres quil sera difficile de différencier
lors des premières écoutes en raison de cette homogénéité.
Le style est très commercial même si Richie revient
à des sonorités plus organiques que sur certains
de ses précédents albums. Un croisement entre des
références 70s et des styles musicaux actuels
voire proches du grand public.
Les fans du Richie virevoltant sur son manche doivent dabord
sassurer de leur adhésion à cette bien belle
voix. Ceux qui sont convaincus depuis longtemps de la polyvalence
de ce multi-instrumentiste, dont je fais partie, doivent envisager
le défaut principal quil est possible de formuler ;
une sorte de routine dans un registre qui colle manifestement
le plus à ses envies musicales. Aucun élément
de surprise, aucune prise de risques pour qui connaît sa
discographie. Pour être sincère et vous éviter
de lire entre les lignes, je trouve quil commence même
à tourner en rond. La qualité des compos et de linterprétation
est évidemment au rendez-vous et il est tout à fait
possible daborder cette facette du bonhomme via cet album.
Mais la fraîcheur et linspiration, toujours dans ce
registre musical, sont plus « excitantes »
sur des disques tels « Slow » ou « What
is ».
Frank B. - 17.11.2006
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