Chaque
courant musical respecte un minimum de codes, gimmicks qui bien
souvent découlent directement dun « gros »
groupe » ayant fait un carton peu avant.
Le Hard-US néchappe pas à ce respect dune
certaine « identité visuelle » héritée
de l « après Appetite for destruction ».
Le verso de la pochette nous montre cinq musiciens entourés
damplis Marshall et exhibant fièrement leurs Gibson
et Fender prêtes à délivrer des riffs que lon
imagine déjà acérés. Quant au recto,
cette même pochette nous renseigne quant à lorientation
plutôt Fun et coquine du style musical ; un loup « Tex
Averyen » nous aguiche de son il débonnaire
en sen grillant une petite et nous incite par la même
occasion à prêter attention quelques minutes à
ce disque.
Mais si la proie a été ferrée, encore faut-il
que le contenu soit à la hauteur du contenant
Le premier morceau « Tower of love » et les
premières influences ; un couplet et un bridge qui lorgnent
vers le Billy Idol pour le chant avec un zeste de churs « Def
Leppardiens » sur un refrain autoroute. Cest du
bon, du très bon même. Un tube imparable avec des lyrics
déjà « classiques » : « Tower
of love, made a mountain of metal out of flesh & blood » !
Body & soul, lépaule na pas le
temps de refroidir et bouge déjà à lunisson
de pieds qui ne peuvent se retenir daccompagner le rythme
dun refrain aussi imparable que le précédent.
Malgré des paroles faisant référence à
une culture des plus « respectables » (Dali,
Mona Lisa
), cest bien de luxure dont il est question
Musicalement, le chanteur Mark Mc Coy saffranchit du joug
de Billy Idol pour rejoindre un registre des plus adaptés
au Rock-US, aidé en cela par des musiciens au-dessus de tout
soupçon.
Une fois le bottleneck ajusté au doigt de Rick Harchol le
lead-guitarist, le tempo se calme un peu lespace dun
titre plus « roots », ancré dans les
racines ricaines. La mélodie reste néanmoins des plus
accrocheuses et devrait ravir tous les adeptes de la slide-guitar.
Lusine à tubes est de retour avec « sink
my teeth » qui par ses aspects R NR et les lyrics
tendent vers un Zodiac Mindwarp méchamment inspiré.
Encore un bridge Def Lep, un piano bastringue sous le solo
de guitare et les réflexions dun homme qui sollicite
sa girlfriend pour un besoin des plus impérieux. Des « oh,
oh » et autres « yeah, yeah » viennent
parfaire le tableau dun morceau qui nous offre les meilleurs
clichés du style. Un must !
Vont-ils savoir gérer la sempiternelle ballade ?
Mission accomplie avec « Everyday i die »
où le héros « chaud lapin »
(cf les morceaux précédents
) sest fait
« piquer » et implore le retour de son « unique »
qui na pas supporté de ne pas vraiment lêtre
Une jolie ballade avec une âme.
« Soul revival », piano et guitares de concert
pour ce morceau qui nattend pas le refrain pour être
incontournable et reprend linspiration effrénée
des premiers titres avec le même thème de prédilection.
Peut-être le refrain le plus efficace dun album qui
nest pourtant pas en reste de ce coté là. De
lointaines influences Aerosmithiennes pour le chant de la fin et
le refrain, groupe qui sera de nouveau cité avant la fin
de la chronique.
« Im n shock » ; un morceau en
deçà des précédents avec des sonorités
« Asphalt Ballet » tant au niveau de la musique
que du chant
mais pas aussi inspiré. Malgré
ces réserves, la qualité reste des plus décentes.
Les paroles me direz-vous ? Vous laurez compris
encore les relations humaines « horizontales ».
« Red, hot & blue » ; et une intro
« à la » Bang Tango et une
!
Un riff et une ligne de basse AC/DCienne et cest le chanteur
qui lavoue : « I got a one track mind for
you ». Il ment et nous le savons maintenant ; il
fait plutôt une « fixette » sur la gente
féminine en général ! Encore une fois
moins inspiré mais on prend quand même facilement.
« Slave to love » et une deuxième lampée
de bottleneck. Une seconde ballade et il y a encore de la tromperie
dans lair mais
à lenvers cette fois-ci !
Juste retour des choses, les cornes changent de tête. Un poil
plus faible que « Everyday i die », elle reste
largement au dessus de la moyenne par rapport à la multitude
de ballades de cette époque.
« Fall thru the cracks » ; encore le
croisement improbable de Leste/Idol et Def Lep avec une fois
de plus une histoire d « amour » et
un refrain qui nous incite à appuyer sur le champignon. Le
batteur Larry Aberman use de sa « cow bell »
si représentative de ce genre musical.
« Hollywood Babylon », un titre qui sonne
classique sans pour autant être le morceau le plus inspiré
et qui parle dun secteur géographique propice au contenu
des lyrics. Une grosse caisse entraînante, des churs
efficaces, il nen faut pas plus.
Malgré
un album que je considère exceptionnel, Outlaw Blood na
pas eu le succès associé pour des raisons sans doute
très éloignées de la qualité des compos.
Sorti en 1991 dans un style saturé depuis de nombreux mois,
le groupe a dû faire face , comme si ça ne suffisait
pas, à lémergence dun style considéré
plus « protestataire » qui, il faut bien
lavouer, était à des années-lumière
surtout concernant les thèmes abordés. Pourtant,
Outlaw Blood comptait en son sein, un guitariste-compositeur Marti
Frederiksen qui, après avoir certainement attendu que l
« orage passe » a retrouvé le devant
de la scène une décennie plus tard. Enfin, le devant
si lon veut puisquil sagit plutôt du chemin
des crédits en devenant petit à petit un song-writer
réputé épaulant guitare et plume à
lappui des « pointures » telles Aerosmith,
Richie Sambora, Ratt, Sheryl Crow et jen passe et des meilleurs
Frank - 10.09.2004
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