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Sur
une ouverture néoclassique (vrai ou faux orchestre?? Les
amateurs de grandes épopées cinéma y trouveront
leur compte en se transportant dans les limbes de Morgül),
ORDEN OGAN pose le décor, où la BO de ce
qui pourrait accompagner l'illustrator 'old London' de la pochette
de Easton hope.
Puis ça démarre fort sur Nobody Leaves,
avec un contretemps batterie-guitare qui pourrait laisser penser
qu'il s'agit là d'un groupe Thrash east-coast, le tout
pour laisser la place au "véritable" style du
groupe, dans la plus pure tradition du métal épique
et mélodique voire folkisant. Globalement la production
impeccable est à la fois claire et puissante, les musiciens
vraiment excellents, sans conteste, mais, car il y a un 'mais'
un 'je ne sais quoi' laisse à penser que le groupe n'a
pas complètement posé son style mais ça n'engage
que moi car je découvre le groupe. On a parfois l'impression
d'avoir affaire à des musiciens gourmands, qui ont à
coeur d'utiliser tous les jouets dont ils disposent ou plutôt
les ingrédients inventés par d'autres. Mais de ces
ingrédients ils font une bonne recette. Il reste ça
et là des passages de raccords un peu facile (si on peut
se permettre messieurs tant les musiciens ont les moyens de l'excellence,
les montées et descentes de manches ne sont pas en reste).
Bien sûr on pense à BLIND GUARDIAN, GAMMA
RAY (en moins délirant, pas du tout même) ou
encore CRIMSON GLORY, pour autant ces allemands d'expérience
(ils ont partagé l'affiche des plus grands de METALLICA
à TESTAMENT, CORVUS KORAX, DORO ...),
ont une touche US manifeste sans doute grâce au timbre de
Seeb et à quelques incursions progressives. Les
solis sont impeccables (écoutez l'ouverture sur Nothing
Remains, ou encore sur We are the pirates)
mais sans grandes trouvailles, et bien ciselés. Ca et là
des touches classiques (tympans, clusters d'orchestre, nappes
de violons et de choeurs) viennent rappeler le désir du
groupe de souligner son style empreint de fantasy et de souffle
épique et pour ma part c'est là que le bât
blesse. Simplement parce qu'à mon goût le groupe
aurait gagné à n'utiliser que les choeurs qui font
tout le réalisme et la touche du groupe, en clair sa personnalité...dans
l'esprit des trois derniers titres du disque. Les arrangements
simili-orchestraux manquent un brin de réalisme (j'allais
dire sirupeux sur le ballade Requiem) où
n'apportent rien de plus mais cette attaque n'est que vile et
basse, d'autres apprécieront.
Si on est en terrain connu (ne parlons pas ici de Metal innovant),
la force du combo, je le répète, est à chercher
dans son approche des choeurs et sa dextérité sur
l'outil.
Un album qui donne le sentiment général d'osciller
entre passages superbes aux choeurs bien orchestrés et
hypermélodiques qui en côtoient d'autres un poil
en deça rappelant des formules connues. Pour ma part ce
que propose le groupe est à mon goût un peu chargé
en couleurs musicales, trop figuratif et évolue dans des
chemins bien balisés , mais gageons que l'avenir les conduira
à aller à l'essentiel, car la qualité de
ces teutons est indéniable. A retenir Nothing Remains,
We are the pirates (le single avec son petit pitch
de voix ...si je me souviens bien c'est à CHER que
l'on doit la popularisation de cet effet des premiers enregistrements
100% digitaux) idéal pour les grandes tablées paillardes
de cette fin d'année, avec son break accordéon-percu
à faire se déhancher La chancelière allemande
en pleine fête de la bière. La palme au dernier titre
Of downfall and decline, pour la puissance du riff
et l'approche progressive. Les férus du style apprécieront.
Yan
- 28/12/2009
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