Pour
fêter les 25 ans de carrière de son groupe, Michael
Schenker a fait les choses en grand : un album studio (le précédent,
Arachnophobiac, date de 2003) avec 19 nouveaux morceaux (rien que
ça !), tous interprétés par les différents
chanteurs qui ont fait lhistoire de MSG depuis sa création
en 1980, soit six chanteurs au total. Chaque ancien chanteur interprète
ainsi un morceau de lalbum, les 13 morceaux restants étant
chantés par le nouveau vocaliste du groupe, le Finlandais
Jari Tiura.
Du côté des musiciens studio (en live Michael garde
les mêmes musiciens que lors de sa tournée précédente)
du beau monde également, avec notamment Pete way (UFO, Mogg/Way
)
à la basse, et Jeff Martin (Badlands) derrière les
fûts. Tous ces éléments, ajoutés à
la créativité et la virtuosité du Mad Axeman
auraient pu donner un album en tous points superbe et qui aurait
permis à Schenker de redorer un peu plus un blason quelques
peu terni par des années dabus en tous genres. Et malheureusement,
même si cet album possède de nombreux atouts, il reste
malgré tout dune qualité moindre par rapport
aux albums sortis au cours des années 80.
Parlons tout dabord du nouveau chanteur. Pourquoi diable Michael
Schenker na til pas gardé Chris Logan, excellent
chanteur à lorigine de superbes vocaux sur les deux
albums précédents, Be aware of scorpions et Arachnophobiac ?
Son remplaçant, Jari Tiura, est doté de qualités
techniques indéniables, mais sa voix, parfois très
grave, parfois presque stridente, est trop souvent dénuée
de feeling et démotion. Dommage, voilà une erreur
de casting qui aurait pu être évitée
Parlons maintenant de ces 19 nouvelles compos. Destinées
au départ à figurer sur un concept album dUFO,
le départ précipité de Michael Schenker du
groupe fin 2002 a causé labandon du projet, et cest
tout naturellement que ces compos ont atterri sur cet album anniversaire.
Au niveau du style, les années 80 sont bel et bien oubliées.
Michael poursuit sa démarche de modernisation de son hardrock,
démarche entamée avec lalbum Unforgiven en 1999.
Les morceaux de cet album sont donc stylistiquement beaucoup plus
proches de Unforgiven et Be aware of scorpions que de Built
to destroy ou Save yourself par exemple.
Dautre part, les morceaux sont beaucoup plus sombres et moins
mélodiques que sur les albums précédents de
MSG. Les riffs sont plombés, très metal, et même
si les solos (très inspirés) donnent un peu de légèreté
à lensemble, latmosphère générale
reste plutôt sombre. Et il est vrai quon en vient à
se demander si Michael a eu raison en décidant de mettre
19 morceaux sur son album, car seuls une dizaine sortent vraiment
du lot (cest déjà très bien me direz-vous),
ces morceaux étant presque logiquement ceux interprétés
par les anciens membres du groupe : Angel of Avalon, interprété
par Leif Sundin, est un superbe morceau au riff immédiat
et au refrain entêtant. Dreams inside est un mid-tempo magistralement
chanté par Chris Logan. Mais le meilleur morceau de lalbum
reste à mon avis Tell a story, morceau très pêchu
avec au chant un Robin McAuley en très grande forme et un
superbe solo du maître de la six-cordes que reste Michael
Schenker. Parmi les bons morceaux chantés par le nouveau
vocaliste du groupe, notons Dust to dust et son riff imparable,
le très rock Love trade, ou encore le plus torturé
Human child.
Tales of rocknroll est donc, contrairement à
ce que son nom pourrait laisser penser, un album assez difficile
daccès, que lon apprécie vraiment après
plusieurs écoutes. Malgré tout, ces 19 morceaux sont
ambitieux et montrent la volonté dun Michael Schenker
déterminé et courageux, qui ne veut pas se reposer
sur son glorieux passé.
De plus, la présence dautant de grands noms du hard
rock sur une seule galette mérite amplement lachat
de ce Tales of rocknroll qui a au moins le mérite
de prouver à ses détracteurs que Michael Schenker
reste un guitariste de génie ainsi quun excellent songwriter. Gegers - 20.04.2006 |