Pour
la 1ère fois dans sa carrière, Motörhead a pris
son temps pour composer un nouvel album. Il le fallait, surtout
après les années fastes passées et la sortie
en l'espace de 2 ans de 3 albums cultes et irréprochables
(Overkill, Bomber et Ace of spades), sans oublier l'un des plus
grands albums live de tous les temps, No sleep 'til Hammersmith
!! Tout ceci représente le sommet tant artistique que commercial
de la carrière de Motörhead !
Donc pas évident de gérer l'accumulation de tous ces
succès. Pour la 1ère fois aussi, c'est Fast Eddie
Clarke qui se charge de produire l'album, et plus tard, Lemmy reconnaitra
lui-même que cela représente une grosse erreur stratégique
de sa part, et que pire, c'est une des causes majeures du départ
de Fast Eddie Clarke.
Iron Fist, à comparer des albums précédents,
sonne un peu trop travaillé et produit peut être, ça
manque un peu de pêche. Mais cela n'en fait pas un mauvais
album pour autant. Il suffit d'écouter Iron Fist, le titre
qui introduit l'album, et de quelle manière (avec un "Sieg
Heil !" qui vaudra à Lemmy d'être taxé
de facho, la croix gammée présente au dos de la pochette
n'arrange rien il est vrai !!!!)... basse turbo, rythme effréné,
pur riff de la mort, solos magnifiques, bref un classique de chez
classique et un de mes morçeaux favoris !
Le groupe après toutes ces années passées sur
la route est vraiment rodé, et surtout la batterie de Philthy
est devenue vraiment fluide et rapide, on sent de gros progrès
dans son jeu !
Malheureusement, Iron fist s'avère être la meilleure
chanson de l'album et les autres titres, quoique excellents, n'atteignent
pas le même niveau (c'est à dire le génial !!!).
On sent un travail étonnant au niveau des riffs, très
fouillés cette fois-ci et moins basiques qu'avant. Il suffit
juste d'écouter LE riff de Go to hell, irrésistible
et raffiné, avec un rythme de Philthy dont lui seul a le
secret, ça groove nom d'un chien ! Ou Shut it down, du rock
'n' roll un peu dans la lignée de Tear ya down (présente
sur Overkill), avec un aspect sombre trippant.
D'autres titres prennent une orientation plus mélodique,
comme sur Loser et America, le chant de Lemmy est plus mélancolique
(c'est un bien grand mot quand même !!!) et cela a déconcerté
pas mal de fans à l'époque. Mais ça reste du
rock 'n' roll !!
Le meilleur reste quand même les speederies habituelles, avec
les solos qui écrasent tout et une très belle collection
de riffs... la routine en fait, mais faut en profiter, ce sera la
dernière fois comme ça sur un album de Motörhead
!!!
Heart of stone (le seul morçeau avec de la double pédale,
bon sang quelle tuerie !!!), Sex and outrage, Speadfreak (magnifique,
surtout les solos et la guitare qui couine de la même façon
que sur Capricorn, miam !!!)... aucun de ces titres n'est reconnu
comme étant des classiques, c'est dommage.
L'ambiance générale de l'album est aussi plus sombre
et moins "mexicaine" et festive qu'Ace of spades.
Sous-estimé, à cause de sa production et aussi à
cause de sa situation délicate de succéder à
3 grands albums, Iron fist n'en reste pas moins un très bon
album, et surtout c'est le dernier hélas avec Fast Eddie
Clarke, tout un symbole ! David - 12/02/2003
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