Le
déménagement de Motörhead vers Los Angeles en
avait agacé plus d'un; les fans se demandant si le groupe
n'avait pas un peu l'intention de s'américaniser, démarche
très répandue à cette époque (Judas
priest, Saxon, Def Leppard pour ne citer qu'eux).
En fait, cette inquiétude n'était pas totalement injustifiée
puisqu'on peu dire que le groupe s'est un peu ramolli sur 1916 (pour
ensuite devenir complètement insipide sur March or die, l'album
suivant). Attention, l'album est loin d'être mauvais. Simplement,
il contient quelques titres faibles auquel le Lemmy ne nous avait
pas habitués, trop gentillet pour du Motörhead: je cite
en vrac, Angel city, un rock plutôt banal, une berceuse inutile
(1916) sans guitares ni basse mais avec juste des claviers, une
caisse claire et Lemmy, et Going to Brazil que le groupe semble
considérer comme un classique (elle est encore jouée
en concert) mais qui ne casse pas des briques, malgré son
côté "hommage à Chuck Berry".
La double pédale est totalement absente sur ce disque (Philthy
sera incapable de jouer Overkill pendant la tournée à
suivre), mais il reste quand même quelques titres furieux,
aux riffs bien gras, qui parviennent à faire oublier les
moments faiblards, preuve que Motörhead sait toujours y faire
dans ce domaine, dieu merci ! Un court hommage aux Ramones sur RAMONES,
étalé sur 1 min 30, 3 riffs, pas de solos, un bel
hommage quoi ! The one to sing the blues, Shut you down et Make
my day, les voilà les tueries de cet album, très bien
écrites qui plus est.
Mais ce qui distingue 1916 des autres albums, ce sont les tentatives
très réussies de morçeaux parfois mélodiques
et qui apportent une nouvelle couleur à la musique, comme
l'apparition de 2 ballades ce qui est complètement nouveau
pour Motörhead et ça déroutera beaucoup de fans.
Love me forever (reprise récemment en duo avec Lemmy sur
un album de Doro) est pourtant magnifique, très émotionnel
ce qui change du bourrin, pour sur !!!
Il y a aussi "l'atmosphérique" Nightmare/the dreamtime,
avec des claviers, basse et larsens de guitares et pas de batterie.
Bizarre, un peu flippante, mais j'adore ! Et No voices in the sky,
un morçeau dans la lignée de All for you (de l'album
Rock 'n roll).
Sans être l'album du siècle, 1916 a au moins eu le
mérite de surprendre, pas toujours positivement, mais de
surprendre quand même ! Profitons en aussi car c'est le dernier
album avec Philthy, le dernier à posséder ce style
rock 'n roll très "roots". L'arrivée de
Mikkey Dey métallisera quelque peu le son du groupe. David
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12/02/2003 |