DISCOGRAPHIE

Too fast for love - 1981


Shout at the devil - 1983

Theatre of pain -1985

Girls, girls, girls - 1987

Dr Feelgood - 1989

Decade of decadence 81-91 - 1991

Quaternary - Ep - 1994

Motley crue - 1994

Generation swine - 1997

Greatest Hits - 1998

Supersonic and Demonic Relics - 1999

Entertainment or Death -1999

New tattoo - 2000

Music to Crash Your Car to - Volume 1

Music to Crash Your Car To, Vol. 2

Red, white and crue - 2005


Carnival of sins - 2006


Saints Of Los Angeles - 2008
MOTLEY CRUE

Style - Hard US, Heavy Glam
Connexion -
Formé en 1981
Origine - Etats-unis

Saints Of Los Angeles - 24.06.2008 - Album
01. L.A.M.F.
02. Face Down In The Dirt
03. What’s It Gonna Take
04. Down At The Whisky
05. Saints Of Los Angeles
06. Mutherfucker Of The Year
07. The Animal In Me
08. Welcome To The Machine
09. Just Another Psycho
10. Chicks = Trouble
11. This Ain’t A Love Song
12. White Trash Circus
13. Goin’ Out Swingin’
Japan Version :
14. Kickstart My Heart (Live)
15. Saints Of Los Angeles (Live)
+DVD bonus
« It’s a darty job but someone’s got to do it » entend-on ad lib au tout début de « Face down the dirt », le premier morceau de ce “Saints of Los Angeles”. Il est clair en effet que pour le premier album studio réunissant les 4 membres originaux du groupe depuis près de 10 ans, Motley Crue s’est montré encore une fois le n°1 du service de la prévente (hihihihihi). Un single épatant et bruyant sorti au printemps, une conférence de presse retransmise en broadcast sur la télé câblée et sur le net, un buzz savamment mis en scène, une annonce d’un festival itinérant calqué sur les Ozzfest d’Ozzy Osbourne au succès incroyable et fort judicieusement appelé «Cruefest » et last but not least la sortie du nouvel album en cette fin du mois de juin 2008.

Et oui! Un nouvel album pour Motley Crue donc, le groupe qu’on aime haïr tant il se prête à la caricature (mouarf Tommy Lee en slip dans télé 7 jours) ou à la manifestation d’associations activistes de tout poil (féminisme, alcool au volant, blasphème, violences conjugales et j'en passe) devant la salle du concert du soir.

« It’s a dirty » job, il était écrit que la première chanson commence par ces mots, même si auparavant une intro voyait Vince Neil jouer le bateleur qui cherche à appâter le chaland sur un macadam bruyant et nocturne du Sunset strip en vantant les mérites de sa ville, « Welcome to Los Angeles ». Le L.A clinquant et sale avec Motley Crue comme parfaite illustration de cette (fausse) dichotomie tant la carrière du groupe symbolise toutes les facettes de cette ville, de ces quartiers et de cette image d’Epinal ancestrale.

Le clinquant c’est sur ce disque la production, un son acéré et brillant, tranchant et étincelant, l’image d’une carlingue de métal argentée et luisante sous la lumière du jour, voilà le son de cet album. Un son qui colle parfaitement aux hymnes vitaminés mais qui crispe un peu lorsqu’il s’agit de faire parler le groove et le swing des titres moins rapides, un morceau comme « What it’s gonna take » par exemple et son ambiance de Rock’n’Roll groovy et poissard aurait sans doute gagné à se doter de sonorités moins métalliques. C’est le reproche principal que l’on peut faire à ce disque, nonobstant une poignée de morceaux moins emblématiques et mémorables.

La crasse c’est en fait toute l’histoire de ce disque qui devait initialement s’intituler « The dirt » et reprendre les grandes lignes du livre du même nom écrit par le groupe au début des années 2000 et rendant compte de leurs 20 années d’existence. Livre qui se perçoit à la fois comme témoignage personnel de 4 individus et de leurs destins singuliers (tous autant qu’ils sont) et comme l’histoire du groupe qui symbolise peut-être mieux que quiconque ce que furent les années 80 en matière de rock aux Etats-Unis et au-delà un voyage exemplaire (au sens premier du terme) sur les rollercoaster du succès, du taudis partagé à 4 d’Hollywood boulevard jusqu’aux villas de Beverly Hills et de Malibu, du prix à payer pour voir ses rêves se réaliser (même si ceux-ci incluent exclusivement d’être une rock star, de baiser tout ce qui bouge et de se défoncer du matin au soir, pas forcément dans cet ordre)et du prix de la chute qui s’en suit avec son lot de drames (maladie génétique, prison, homicide, état de mort clinique (deux fois), disparition pour cause d’un cancer d’un enfant et j’en passe et des pires).

Motley Crue c’est le Sunset strip, ses bars à putes, ses motos garées devant et la défonce Rock’n’Roll qui va avec, c’est le clinquant d’Hollywood et de ses milliers de jeunes gens s’y rendant pour y vivre leur rêve (en cinéma comme en musique) et qui déchantent sans doute sitôt le premier pied posé là-bas. Un groupe qui au-delà des clichés qu’il émane reste attachant et singulier, peut-être à cause de son talent aussi tout simplement.

Ce disque donc, l’histoire en musique du groupe des débuts à aujourd’hui ou presque, ce sont d’ailleurs les titres des chansons qui illustrent le mieux et leur intention et leur dynamisme comme par exemple « Face down the dirt », « Down at the Whisky », « Saints of Los Angeles », « Mutherfucker of the year » (titre de l’année !), « The animal un me », « Welcome to the machine », « Just another psycho », « Chicks=Trouble », « This ain’t a love song (this is a fuck song) » et j’en passe. Pas de fioritures donc, pas de courbe sinueuse dans l’intensité et le repos de la distorsion, tout est presque à fond du début à la fin avec une moitié d’album composée de titres rentre-dedans assez efficaces (dont certains irrésistibles) et pour l’autre moitié de titres plus midtempo mais toujours explosifs et tendus comme un string. Il n’y a ici pas de ballades, pas de titres calibrés pour les « Highways » et les « Trucks », non, rien que du lourd qui bastonne sévère.

On démarre d’ailleurs sur les chapeaux de roue avec un excellent « Face down the dirt » et son riff presque MC5ien (le son par contre c’est plutôt les usines Boeing), le rock mélodique et presque punkisant que le groupe nous sert de temps à autre incluant un chant collant parfaitement à la rythmique de feu qui l’accompagne. C’est là que nous revient en mémoire leur reprise d’ »Anarchy in the UK » du temps de leur première compilation (1991 déjà) et qu’on se dit que décidément le groupe exécute à merveille ce genre de rock sale et gras en mode post-liposuccion.

Motley a presque inventé une manière de faire sonner rock et groove avec le morceau "Wild side" sur l’album « Girls girls girls ». Ce véritable trademark a depuis été décliné mais aussi modulé/customisé au gré des époques, de "Primal scream" sur la compilant commémorant le 10è anniversaire du groupe puis avec « Sick love song » sur la dernière en date, scellant quant à elle les 25 années du Crue. Il aura aussi muté dans une version plus radiophonique et inoffensive avec l’extraordinaire « Afraid » sur le disque « Generation swine ». Sur cet album-ci, la version 2.0.08 déboule avec le morceau éponyme « Saints of Los Angeles", son riff en toupie en mode Mach3, son refrain de stadium à beugler le poing levé et son irrésistible envie de remuer le popotin tout en secouant frénétiquement la tête. Ce genre de rock song imparable est sans doute la raison pour laquelle le groupe a aujourd’hui toujours quelque chose d’autre à offrir à son public qu'une tournée nostalgique avec morceaux uniquement composés ou presque à l’époque de gloriole du band, en général il y a bien longtemps. La raison pour laquelle tout simplement, en dépit de son background précieux et imposant, Motley Crue est un groupe du présent, soudé qui-plus-est comme jamais. Un gang en un mot qui a toujours envie d’en découdre du haut de leurs 45 balais et qui emmerde les tambourins et les tabourets hauts propices aux tournées nostalgie-jackpot. Vous ajoutez à ce joli tableau des morceaux comme on en espérait (hormis ceux déjà évoqués citons « Just another psycho », "Chicks=Trouble", "Down at the Whiskey" ou encore « Muthafucker of the year ») et vous avez là à défaut d’un disque inoubliable (mais finalement, le groupe n’en aura produit que deux tout au long de sa carrière, les deux premiers) un sacré bon disque.

Motley Crue a toujours été 5, on l’a vu à travers le livre « The dirt », 5 personnages avec leur destin, leur singularité, leurs zones d’ombre et leur éclatant talent. Je dis 5 en effet tant l’entité Motley Crue épouse elle-aussi ce déterminisme au-delà des membres qui la compose.

Commençons par Tommy Lee, le batteur-people. Tant qu’il tape sur ses tambours et que c’est numéro 1 tout va bien pour lui. Tant qu’il se tape Pamela Anderson-Lee également même si vous allez me dire (et vous aurez raison) qu’il a trop souvent confondu « Se taper » et « Taper » tout court. Sa carrière solo poussive jette un lourd passif sur le bonhomme mais il excelle ici comme toujours sur les albums du Crue.

Continuons avec son jumeau toxique, Nikki Sixx, l’architecte sonore du groupe et par ailleurs sans nulle doute le personnage le plus attachant du groupe. Compositeur principal depuis toujours, leader d’aujourd’hui et qui a amené avec lui sur ce disque ses partenaires de son projet parallèle Sixx A.M, DJ Ashbam (crédit de composition) et James Michaels (crédit de composition et production de l’album) qui cosignent tous les titres ou presque tout de même avec la paire Sixx/Mars.

Recueillons-nous un instant sur Mick Mars, l’ersatz physique de Seth Brundle, le personnage principal du film « La mouche » de David Cronenberg sauf que l’infortuné Mars mute petit à petit en zombie. Il faut dire à sa décharge qu’il ne doit pas être agréable de souffrir de la maladie dite de la « spondylarthrite ankylosante ». Kézako ? "C’est une maladie des os,comme si du ciment chaud à prise rapide poussait à l'intérieur de la colonne vertébrale... Je suis prisonnier de mon corps" Mick Mars in "The Dirt"

Vince Neil enfin. On peut penser ce qu’on veut du personnage, le genre à ne savoir dire que "Dude" "Cool" et "Fuck", le genre bermuda hawaïen sur tongues, embonpoint, montre de 3 kilos au poignet gauche, joues fessues et lifting semestriel, mais on ne peut qu’admettre qu’il donne par sa voix une grande profondeur à cette musique. Un disque (contenu musical et lexical) qui lui ressemble en tout point tant il est l’archétype du downtown Californian parvenu aux oripeaux de la gloire et de la fortune. C’est qu’il a tout connu sur ce Sunset strip, c’est que c’est là sans doute toute sa vie : les bas-fonds du début, la gloire naissante, le tryptique Sex & Drugs & Rock’n’roll, les matches de catch féminin dans la boue (sa marotte, classe non ?) et bien entendu l’accident mortel qu’il provoqua un soir de « party » et qui fut fatale au batteur d’Hanoi Rocks ainsi qu’aux deux occupants de la voiture d’en face. Oui c’est toute sa vie ou presque (difficile d’oublier le décès de sa petite fille d’un cancer à l’âge de 8 ans) qui est narrée ici, c’est un disque qui éclaire plus particulièrement son parcours, au même titre que le livre « The dirt » éclairait de manière collective le parcours de tous. C'est lui qui émerge ici par sa voix et qui fait de cette musique un pont entre le rock des années 80 et celui d'aujourd'hui. On adore de nouveau Vince Neil, on l'aime, cela n’est pas la moindre des surprises de ce superbe album de Motley Crue, Alive & Well, qu’on se le dise! Bornu - 25.06.2005 (source: Culturopoing.com)

Musiciens: Nikki Sixx (Basse)/ Vince Neil (Chant)/ Mick Mars (Guitare)/ Tommy Lee (Batterie)

Acheter cet album