Lorsque
Mötley Crüe sort "Mötley Crüe" en
1994 avec John Corabi au chant, le public se désintérese
d'un groupe qui avait jusqu'alors marqué de son empreinte
le hard-rock dans les 80's et les ventes d'albums se sont tassées(malgré
l'obtention d'un disque d'or aux USA et au Japon).
Désireux de redorer leur blason, Nikki Sixx and Co. rappellent
dare-dare Vince Neil pour l'enregistrement de "Generation swine",
qui s'appelait initialement "Personality # 9" alors que
John Corabi était encore dans le groupe.
Sur
le plan marketing, ça aurait pu marcher. Mais le public
n'a pas été dupe, d'autant que la direction musicale
de "Generation swine" lorgnait résolument vers
les tendances de l'époque. N'y allons pas par 4 chemins,
ce "Generation swine" n'est pas une réussite
sur le plan musical. Doté d'une production très
moderne, ce 7ème album du Crüe se situe à la
croisée des chemins entre l'indus, le grunge, le heavy
et le glam(période 80's). Ce qui aurait pu être une
bonne idée au départ s'avère être une
déception à l'arrivée. Tout d'abord; la voix
de Vince Neil, habituellement identifiable entre mille, est méconnaissable
par moments. Ensuite, on peut reconnaître la voix de John
Corabi sur certains backing vocals. Quand aux titres de l'album,
parlons-en...
"Afraid", que le groupe avait sorti en single, oscille
maladroitement entre glam et grunge. "Glitter" est une
ballade indus sans aucune saveur, "Beauty fait la part belle
aux machines(qui sont très présentes sur l'album).
Enfin, que dire des slows sirupeux tels que "Rocket ship"
chanté par Nikki Sixx et, surtout, "Brandon",
chanté par Tommy Lee, qui mérite la palme de la
niaiserie ? Quand à la version 97 de "Shout at the
devil", bien que plus heavy que l'originale, elle ne lui
est pas superieure et n'est d'aucune utilité sur l'album.
Cependant, on trouve tout de même quelques très bons
titres sur cet opus: l'agressif "Find myself" qui devaste
tout sur son passage, le très rock et très entêtant
"Generation swine", "A rat like me" qui est
un mid-tempo aux consonances glam et qui revisite les débuts
du Crüe, "Anybody out there ?" qui est une speederie
keupon ultra-expéditive, ainsi que la ballade "Confessions"
très inspirée.
La
bande à Nikki Sixx a de très beaux restes; mais
5 bons titres sur 13, c'est trop peu pour un groupe de cette envergure
qui a habitué à nettement mieux. Cet album manque
cruellement de spontanéité et cela s'entend de manière
flagrante.
En voulant à la fois reconquerir son public de base et
seduire la jeune génération, Mötley Crüe
a joué ses mauvaises cartes et s'est planté. Heureusement
que le combo californien rectifiera le tir avec l'album suivant...
Trendkill - 29/09/2003
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