A
la sortie de leur cinquième album (sobrement appelé
"Metallica", à la pochette entièrement noire
qui lui vaudra son surnom de "Black Album" et s'inscrivant
probablement comme un clin d'oeil au "White Album" des
BEATLES, lui aussi éponyme et possédant une pochette
entièrement... blanche), METALLICA fut accusé par
certains fans d'être devenus commercial. Si cela est vrai
dans une certaine mesure, les morceaux sont moins rapides, souvent
moins long et moins complexes, permettant une meilleure diffusion
sur les ondes, le groupe n'a pas pour autant viré DURAN DURAN
ni même BON JOVI. L'agressivité est toujours présente
et ce que les morceaux ont perdu en rapidité, ils l'ont gagné
en lourdeur. En fait, METALLICA a tout simplement abandonné
le registre du Thrash Metal pour un Heavy Metal plus classique.
Cela n'empêche pas les morceaux d'être de qualité.
Il faut même reconnaître qu'il n'y a aucun titre faible
(ce qui n'était pas le cas de tout leurs albums antérieurs
à mon humble avis) et que de nombreux morceaux deviendront
à titre justifié des classiques du groupe.
"Enter Sandman", le titre qui ouvre l'album, est l'un
d'entre eux et reste sans doute avec "Master Of Puppets"
et "One" le titre le plus emblématique du groupe.
Avec sa montée en puissance, son riff imparable, son refrain
entêtant et son superbe solo à la wha-wha (effet dont
Kirk HAMMETT aime user et abuser, en particulier sur cet album),
il ne pouvait en être autrement. "Sad But True"
et son riff d'une lourdeur à rendre jaloux BLACK SABBATH
est un autre classique, de même que (même si personnellement
c'est le titre de l'album que j'aime le moins) "The Unforgiven"
qui alterne passages calmes et passages plus heavy dans une ambiance
rappelant très fortement (on frise le plagiat par moments)
les partitions qu'Ennio MORRICONE écrivit pour les westerns
de Sergio LEONE. Avec son intro 'indiennisante', "Wherever
I May Roam" est sans doute un des morceaux qui rappelle le
plus ce que METALLICA a fait par le passé (je pense à
un "For Whom The Bell Told") de par sa composition complexe.
Le riff plus haché de "Through The Never" rappelle
quant à lui le passé thrash du groupe. En huitième
position on trouve la première vraie ballade de METALLICA
(qui avait déjà fait quelques incursions dans le style
sur certains titres mais pour mieux redémarrer dans leur
deuxième partie) en "Nothing Else Matters", titre
qui est peut-être le plus connu du Grand Public et qui, contrairement
à d'autres ballades de groupes de hard rock qui finiront
en haut des charts, évite le piège de la mièvrerie
et possède un superbe solo (qui est souvent la cerise sur
le gâteau des grandes ballades). Un très beau moment.
"Of Wolf And Man" et son riff en béton nous tire
cependant rapidement de notre rêverie et reste encore aujourd'hui
un morceau très populaire en concert. L'album s'achève
sur trois titres moins connus, mais néanmoins fort intéressants
parmi lesquels on retiendra surtout "The God That Failed"
qui parle de la confiance aveugle qu'ont certaines personnes en
Dieu pour les aider et qui aurait été écrite
par James HETFIELD suite au décès de sa mère
qui n'aurait rien fait pour guérir du cancer que de s'en
remettre à Dieu.
Contrairement à "...And Justice For All", le "Black
Album" dispose d'une excellente production toute en relief
où nous pouvons cette fois entendre la basse de Jason NEWSTED
(qui s'offre même un petit solo sur "My Friend Of Misery").
L'album grimpera au sommet des charts et deviendra la plus grosse
réussite commerciale de METALLICA, leur apportant un nouveau
public et les plaçant sur le trône des rois du Metal.
Malheureusement, il sonne aussi la fin d'une période de grande
créativité pour le groupe et les albums suivants manqueront
singulièrement d'âme. Wicker
- 18.02.2010 |