|
Faisant
suite à trois albums peu enthousiasmants ("Turbo lover"
et ses sonorités synthétiques plutôt inattendues,
un "Priest live" somme toute assez convenu et un "Ram
it down" sans réelle étincelle), "Painkiller"
sort en 1990 alors que le groupe est artistiquement dans le creux
de la vague. Pour couronner le tout, Dave Holland, qui officiait
derrière les fûts depuis "British steel"
(1980), a quitté le navire pour être remplacé
au pied levé par Scott Travis. Comment le groupe allait-il
réagir dans un contexte aussi difficile ?
La chanson-titre ouvre le bal : guitares tonitruantes épaulées
par les impressionnantes vocalises de Rob Halford qui opère
dans un registre suraigu où peu de chanteurs s'aventureraient.
Le résultat obtenu est redoutable.
Le groupe a choisi de jouer la carte de l'agressivité;
le son est puissant et rugueux, les vocaux d'une rare violence,
les guitares véhémentes.
"Hell patrol", "All guns blazing", "Leather
rebel", "Night crawler", "One shot at glory".
les titres, basés majoritairement sur des rythmes mid-tempo,
défilent dans un déluge de décibels du meilleur
effet.
Une notable exception toutefois en matière de tempo : "Metal
meltdown" qui, après une hallucinante intro de guitares
en fusion, déboule littéralement comme un missile
avec son tempo démultiplié.
Soulignons également au passage le superbe "A touch
of evil" dont les magnifiques parties de claviers en font
une des meilleures chansons de Judas Priest.
Quoique sans réelle originalité (mais qui peut s'en
prévaloir actuellement ?), Judas fait ainsi montre d'une
belle maestria et d'un rare savoir-faire dans l'art d'appliquer
les vieilles recettes qui ont fait la renommée du groupe.
Judas rules forever!
Steph - 12/2001
|