Ce
dimanche pluvieux de janvier, face à un ciel biblique léchant
les hauts sommets des Pyrénées ariégeoises,
ma première réflexion fut, quand j'ai su que j'avais
à parler de ce disque : " Sera-t-il utile de faire de
permanentes et pompeuses analogies avec SAVATAGE? ". Eh bien
non!! Pur et immaculé je resterai face à cette galette
de début d'année. Fidèle à la démarche
du maître je serai, sa recherche d'un mode d'expression différent
de SAVATAGE je respecterai. Et donc....
" Festival ", quatrième chapitre des productions
du JON OLIVA'S PAIN s'avère varié, distrayant, vraiment
heavy et maléfiquement arrangé. C'est vrai que les
arrangements sont sublimes ; c'est vrai que la voix est exceptionnelle
; c'est vrai que les solis inspirent le respect. Et c'est indiscutable,
la production touche à la perfection. Tout ça est
bien vrai! D'accord! Mais il y a quand même " quelque
chose de pourri au Royaume d'Angleterre* ".
Pour résumer ma pensée, je dirais que " trop
d'ouverture tue l'ouverture ". Et pourtant c'est bien cela
qu'il faut prêcher pour évoluer! Mais à vouloir
nous marrier les BEATLES avec SAVATAGE, mélanger un break
jazzy totalement piqué des vers et insipide avec du space
rock blade runnesque ou le meilleur du heavy mélodique, notre
gourou OLIVA se dilue dans ses aucultations. Je sais c'est mesquin
car " Festival " s'écoute si facilement et cache
de vraies pépites (The evil within ). Comme les bonnes choses
il donne envie d'y revenir, avec des titres qui restent en tête
(" Festival ", " Death rides a black horse ",
" Living on the edge ")...mais, aussi, d'autres où
on serre les dents en attendant la suite.
L'idée (méritante) est donc de produire un heavy de
qualité, ouvert sur d'autres univers et loyal envers ses
pairs. Jusque-là, parfait, oui..super l'ouverture d'esprit.
Sauf que " ça casse l'ambiance ". Difficile de
dire que c'est complètement super mais impossible de dire
que c'est raté. Simplement le regret de se dire que ça
aurait pu être génial. Génial sans ces ballades
franchement inutiles et pourtant impeccables (" Now ",
" Looking for nothing ") ; génial sans ce synthé
vintage hilarant sur le très Sabbathien et doomesque "I
fear you " ; génial sans ce mauvais et anachronique
passage jazzy sur " Afterglow " (pourtant un des meilleurs
titres).
Un bon disque qui souffle le chaud et le froid, la glace et le feu.
Un " festival " passé à deux doigts de la
postérité.
(*) Quelque chose de pourri au Royaume d'Angleterre, de Robin
Cook, Editions Payot.
Yan - 03.02.2010 |