|
Guy
McCoy Torme (GMT) est le nouveau groupe de Bernie Tormé
et John McCoy, ces 2 là n'avaient pas joué ensemble
dans un groupe depuis 25 ans, à l'époque de l'âge
d'or de Gillan (sur Mr Universe, Glory Road et Future Shock).
Accompagné du batteur Robin Guy, un mercenaire de choix
ayant déjà joué avec Bruce Dickinson, Faith
No More, Adam Ant, GMT n'a qu'un seul objectif en tête :
casser la baraque !
A première vue, Bitter & Twisted ressemble à
un album solo de plus pour Bernie Tormé ; sa voix et sa
guitare occupe l'essentiel de l'espace, son style est reconnaissable
entre mille et n'a pas bougé d'un iota depuis Demolition
Ball. Mais au fil des écoutes, il faut se rendre à
l'évidence : Bitter & Twisted est une bombe, GMT a
clairement quelque chose en plus que les albums de Bernie Tormé.
Dans sa carrière solo, Bernie Tormé n'a jamais réussi
à aérer ses albums, à les rendre moins linéaires.
Avec GMT, la participation de John McCoy dans les compos se ressent
et permet de gommer ce défaut.
Même chose pour l'apport du talentueux claviériste
Colin Towns (tiens, ça nous fait les 3/5ème de Gillan
réunis !) sur 3 titres, apport minime certes (faut pas
s'attendre à des solos jazzys ou "Purpleliens")
mais qui fait son effet en fin d'album, surtout sur le dernier
titre, Vincenzo (Della Grande Pumpo Del Amore), chanté
en espagnol.
Bitter & Twisted démarre très fort, avec des
titres bien bourrins et bas de front, crétins au possible,
rock 'n' roll en diable ! Cannonball, au tempo speed, fait un
peu penser à du Motörhead, avec en prime un solo jouissif
de 30 secondes, bordélique au possible, à la fois
technique et cradingue : Bernie Tormé n'est pas qualifié
de "guitar-hero punk" pour rien ! Et il se fait plaisir
sur l'album le bougre, jamais avare en pirouettes guitaristiques
(bends, larsens, solos sortis de nulle part...), un peu comme
si Eddie Van Halen s'était bien bourré la gueule
avant d'aller taper le bouf avec le premier groupe punk venu !
Inimitable, quel feeling, il n'a pas remplacé Randy Rhoads
au pied levé pour rien chez Ozzy (en pleine tournée,
il n'a jamais joué sur un album d'Ozzy, voilà pourquoi
on ne retient pas forcément son passage !).
Rocky Road (From Dublin) propose un cocktail détonnant
et original entre riffs heavy, grosse rythmique de bûcheron
(Robin Guy cogne comme un bouf, tout en faisant preuve d'une technique
exemplaire... un peu une version humanisée de Mikkey Dee
en quelque sorte, moins mécanique que ce dernier !) et
un air traditionnel irlandais pour le chant, un hymne à
la bière explosif ! Bernie Tormé y chanterait presque
faux pour le coup mais c'est pas grave, sa voix "punk"
se bonifie avec le temps, elle a vraiment gagné en puissance
et elle pue le whiskey à 10 mètres ! En gros, plus
il picole, mieux il chante !
On pourrait continuer comme ça pendant longtemps, titre
par titre ! Pour une surprise, ça en est une, et de taille
! Tout l'album de GMT déménage sec, les "papys"
pètent le feu, un esprit « punk 'n' roll »
comme on aimerait en voir plus souvent, y'a de quoi devenir accro.
D'ailleurs, j'y retourne ! David
- 22.04.2007 |