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Cinq,
rien que ce chiffre suffit à mon bonheur ! Mais si je stoppe
là cette chronique, primo, j'entre dans le Guiness Book
et secundo, je me fais virer du rang des chroniqueurs.
Que voulez-vous ? Comme beaucoup, je suis fan de ce groupe proposant
des disques diversifiés mais toujours de grande qualité,
mettant en scène un des guitaristes les plus impressionnants
de ce registre (et accessoirement, un de mes gratteux préférés).
Un groupe étendard de ce Hard Big Rock avec des zestes
plus ou moins prononcés de Fusion. Mais tout le monde sait
cela, je n'apporte pas beaucoup d'informations pour ce groupe
qui n'a rien d'underground.
Même leur hiatus de 13 ans est noble ; pas de remous, pas
de rancur, un groupe qui même en se séparant
de leur batteur pour leur quatrième album a réussi
à rester en d'excellents termes et continuant à
collaborer avec ce dernier pour les aspects business de leur musique.
Mais ça, c'est désormais le passé, EXTREME
est de retour et nous savions tous que les Bostoniens n'allaient
pas nous sortir un Pornograffiti bis. J'avais posé
deux options :
- soit un cinquième album totalement différent
des précédents (et ainsi poursuivre les (r)évolutions
successives et souhaitées par un groupe détestant
le sur-place)
- soit un prolongement de " l'ancien dernier "
album d'EXTREME ; Waiting For The Punchline.
C'est clairement la seconde option qui a été retenue.
Extension du quatrième album, Saudades De Rock nous
offre un Gary CHERONE tel que nous l'avions laissé
avec néanmoins certains titres ajoutant quelques cordes
à son arc ; Take Us Alive et les couplets
de Forever Man.
Nuno, Nuno, Nuno est impérial, franchement, l'adjectif
peut sembler pompeux et émane d'un fan/guitariste amateur
s'étant usé les doigts, en pure perte, sur bon nombre
de morceaux. Un fan qui fait partie de la minorité appréciant
Waiting For The Punchline et qui a lu les partoches de
gratte bien souvent à défaut d'espérer un
jour les jouer. Rythmiquement, le travail est énorme, ça
groove pour douze, les parties changent quasiment à chaque
couplet (des subtilités quant à la façon
de jouer les riffs), les soli, je n'en parle même pas. BETTENCOURT
a recouvré la mémoire et s'est rappelé qu'il
n'était pas honteux de se servir de ses facilités
techniques. Les sons de guitare sont vintage et empruntent plus
aux 70's qu'aux 80's. Le effets en chaîne des trois premiers
albums ont été revendus mais n'allez pas imaginer
pour autant que la prod' sonne faiblarde. Sans esbrouffe mais
diablement efficace, BETTENCOURT n'étant pas qu'un
guitariste mais un musicien accompli passé maître
dans l'habillage de ses compos.
Tiens, abordons les compos justement
Je trouve ce nouvel
album un chouïa moins homogène que les précédents
se caractérisant par des lignes directrices fortes, même
le III Sides, une fois le concept accepté. Ici,
sans sombrer dans l'assemblage hétéroclite parfois
de mise lors des come-back et donnant l'impression d'avoir les
oreilles entre deux chaises, quelques morceaux s'éloignent
de la tonalité générale ; ce même Take
Us Alive countrysant du plus bel effet (le tube de l'album
pour moi) ou Interface qui aurait pu se trouver
sur l'album Schizophonic de Nuno.
Une tentative de regret néanmoins ; si j'arrive à
me passer du jeu certes reconnaissable mais selon moi trop "
limité " de Paul GEARY pour le registre actuel
d'EXTREME, je trouve Kevin FIGUEIREDO moins efficace
qu'un Mike MANGINI révélé dans ce
créneau nouveau pour lui dans lequel évoluait Waiting
For The Punchline. Les ballades également souffrent
légèrement de la comparaison avec leur glorieux
passé.
Enfin, si je devais situer leur musique pour celui ne connaissant
pas le groupe suite à un emprisonnement de 20 ans, je citerai
trois groupes ; deux classiques et traditionnels dans la tentative
d'étiquetage et un qui l'est peut-être moins mais
à tort selon moi. Pas de surprises avec VAN HALEN
et QUEEN (Star et un couplet encore plus
Queenien que le refrain déjà inspiré par
le groupe de feu-MERCURY) mais l'ombre d'un ZEPPELIN
illumine chaque rythmique, chaque riff (un seul exemple parmi
tant ; Slide). Quand un Black Dog
est revisité par une technique post-Eruption,
quand le génie rythmique de Jimmy PAGE fusionne
avec la dextérité d'Edward, quand le son
des grattes se rappelle au bon souvenir des 70's, voilà
la vraie et réussie alchimie de cet album.
Un come-back oui
Mais sans la notion péjorative classiquement
suggérée par ce terme, une totale réussite
pour moi !
Vivement le chiffre six
Frank - 10.10.2008
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