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Dès
« Fall from grace », on sent que ELDRITCH veut nous
emmener ailleurs et loin. « Ailleurs » car si les
deux premiers albums (« Seeds of rage » et «
Headquake »), avaient installé le groupe parmi les
plus sérieux rivaux de VANDEN PLAS, l'introduction entre
autre de quelques sonorités électroniques apportent
des ingrédients résolument nouveaux dans la musique
des Italiens. Et « loin » car ce titre d'introduction
sait installer une ambiance et nous conduit efficacement vers
un « No direction home » de grande classe, puissant,
porté par des riffs de tronçonneuses et un son énorme.
Mais aussi puissant soit il, ce morceau est également progressif
à souhait avec des breaks nombreux, des claviers passant
des nappes de synthé aux pianos virtuoses, sans oublier
des solos de guitare virtuoses. Bref, une belle entrée
en matière !
Avec « Heretic beholder
», le rythme et la mélodie se font plus légers,
donnant lieu à un titre entraînant et accessible.
A noter que l'instrumental accueille un duel de clavier / guitare
lumineux ! Mais autant «
Heretic beholder » a pu paraître léger et virtuose,
autant « Scar » apporte une nouvelle ambiance, lourde
et agressive, portée en cela par l'intégration dès
l'intro de sonorités électroniques. Malgré
des changements de rythmes nombreux, le tempo est plutôt
soutenu, excepté lors du refrain, plus lourd. Les interventions
solos sont encore d'un très haut niveau.
« Bleed Mask Bleed
» marque à mon avis un ralentissement dans l'intensité.
Non que le titre soit mauvais, loin s'en faut, mais comme «
Heretic beholder » il met l'accent sur une certaine légereté,
du fait notamment de claviers plutôt en avant et un chant
plus lyrique qu'agressif. En ce sens, il peut paraître un
peu décalé par rapport à l'ambiance générale
de l'album.
« Lasts days of the
year » débute de la façon la plus douce et
belle qui soit : arpège à la guitare acoustique,
violon lancinant, et piano accompagnent un chant logiquement mélancolique.
Puis la guitare s'électrifie et s'intensifie alors que
la batterie se fait de plus en plus présente. Par moment,
Terence HOLLER me rappelle André MATOS (ex-ANGRA). Une
bien belle balade !
« From dusk till dawn
» rompt brutalement avec l'ambiance du titre précédent
! Le riff et le rythme sont lourds, très proches de certaines
ambiances thrash. La suite est beaucoup plus alambiquée,
clairement ancrée dans le metal progressif. Un excellent
titre.
Quelques notes de basse introduisent
un riff accrocheur par son rythme, puis le chant arrive : ce Terrence
HOLLER possède un sens de la mélodie vraiment à
part, jamais évident mais totalement imparable ! Puis l'instrumental
arrive... un grand moment de progressif, une nouvelle fois porté
par un duel claviers / guitare remarquable. Les 7 minutes du titre
passent avec une aisance incroyable !
Vient enfin, le titre éponyme,
« El niño ». Il s'agît ni plus ni moins
que d'une synthèse de plus de 10 minutes de toutes les
qualités du groupe ! Le titre le plus progressif de l'album,
mais également un des plus accessibles grâce à
son refrain qui sonne comme une évidence. Ce titre à
lui seul justifie l'acquisition de l'album !
Au
final, il faut bien se rendre à l'évidence, avec
« El niño », ELDRITCH a signé un album
absolument énorme, digne successeur de « Headquake
». Mais alors pourquoi n'a-t'il pas rencontré le
même succès auprès du public ? Honnêtement,
je me pose encore la question.
Tercio - 11.07.2006
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