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Attention,
attention: grosse claque en perspective !! En effet, ce premier
album éponyme du groupe americain Dirty Power est une véritable
bombe. Comment le décrire ? Après avoir écouté
attentivement ce skeud, je peux vous affirmer que ce n'est pas
un disque de hard-rock quelconque. Il ne s'agit pas seulement
de bon hard-rock, mais d'EXCELLENT hard-rock. Dirty Power a su
catalyser ses influences pour proposer un cocktail explosif mélangeant
hard rock à l'arraché, sleaze-rock, stoner-rock,
heavy metal avec l'énergie du punk, quelques ambiances
doom ici et là et, à un degré moinre, un
côté garage. Malgré tout, il ne s'agit là
nullement de foutoir sonore. Non, l'ensemble sonne de façon
cohérente et le résultat est terriblement efficace,
mortel. Rien qu'à voir la pochette de l'album, on devine
aisément qu'on n'a pas affaire à un groupe de metal
symphonique.
Dès que le premier titre "L.S.D"(qui signifie
"Lost souls day") déboule, on est dans le ton:
mid-tempo pêchu avec sentiment d'urgence à l'appui,
riffs heavy, refrain très rock n'roll. Qui plus est, le
chanteur Patrick Goodwin a une voix crue, virile; mais n'hesite
pas à partir dans les aigus au point de faire penser à
Axl Rose. Ce titre est un bon croisement entre le stoner et Guns
N'Roses période "Appetite...". La suite est agréablement
variée. On change de ton avec "Asthma pimp" au
parfum plus 70's: la voix est chaude, plus mélodique et
contrebalance avec les riffs de guitare plus sombres. Que dire
de "Hey Superman", mid-tempo groovy et catchy sur lequel
sont mis en évidence basse ronflante, harmonies de guitare
bluesy et voix modulable ? On n'est pas au bout de nos surprises
avec les autres titres à venir: "Penny eyes"
lorgne plus du côté du stoner pêchu avec ses
riffs enfumés en acier et sa rythmique martellante, tandis
que le speedé et dejanté "Drag me down",
à mi-chemin entre Motorhead et Guns N'Roses, dévoile
le côté punk du groupe. "Tastes like burning",
parfait équilibre entre puissance et mélodie et
tout en feeling, prouve que ce quartette a bien assimilé
le style du Deep Purple de la première moitié des
70's.
Lorsqu'on arrive au 7ème titre de l'album, on s'en prend
plein les oreilles. "Dirty power" est en effet le morceau
typiquement 80's par excellence: ce mid-tempo de hard mélodique
est très catchy, bien mis en évidence par des lignes
de basse à faire taper du pied; et son refrain fait penser
au "Hold on to 18" de Black N'Blue. Et ce n'est pas
fini: solo de guitare véloce, puis duel de guitares et
final sur lequel Patrick Goodwin est à nouveau atteint
du "syndrome Axl Rose" en poussant une hurlante aigue
à donner le frisson. Epoustouflant ! "Lady Danzig",
aux consonances également 80's, est plus foncièrement
metal avec sa rythmique plombée, ses accélérations
foudroyantes. En plein milieu de la chanson, le tempo ralentit
et l'ambiance est plus doom. L'instrumental "Luke's wallpaper"
fait la part belle aux riffs issus des 70's; tandis que "Symptom
of the unitard" est une nouvelle preuve d'efficacité
avec ses variations de rythme, son alternance entre mélodie
hypnotique et passages plus percutants, puis les vocaux criards,
voire hachés qui soutiennent l'ensemble. L'album se conclut
par "Gone", un mid-tempo sleaze-rock au refrain accrocheur
qui fait taper du pied et qui progresse crescendo pour terminer
en roue libre.
Ne cherchez pas les ballades sur cet album, il n'y en a pas. Ce
qui est remarquable, c'est que ce quartette americain a su bien
digerer ses influences, allant de AC/DC à Motorhead en
passant par Thin Lizzy, Judas Priest, Black Sabbath, Kiss, Guns
N'Roses, L.A.Guns, C.O.C, Fu Manchu, pour proposer un album de
heavy-rock de haute voltige. Pour un 1er album, Dirty Power a
fait très fort: le chanteur a un registre vocal impressionnant(tantôt
cru, tantôt mélodique, tantôt aigu); les lignes
de basses, bien soutenues par la batterie, donnent de l'impulsion
au morceau, tandis que les riffs et les solos de guitare sont
inspirés, variés, bien exécutés.
Dirty Power ne se soucie guère de ce qui est à la
mode; mais avec un tel 1er album sous le bras, il a toutes les
cartes en main pour se construire un bel avenir. Souhaitons à
ce combo de réussir et de durer longtemps car on a besoin
de ce genre de groupes et s'il y a davantage d'albums de ce calibre,
alors le retour du hard rock au sommet des charts ne sera peut-être
pas si utopique que cela. Souhaitons egalement que cette galette,
très dure à dénicher en Europe, bénéficie
d'une plus large distribution afin qu'un plus grand nombre puisse
l'écouter. Car, croyez-moi, cet album a le potentiel pour
plaire à un grand nombre de fans de metal(tant 70's que
80's). Trendkill - 19/01/2003
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