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Après
un « Slaves and masters » plutôt déroutant
car trop FM (mais loin d'être mauvais), Glover, Lord et
Paice utilise le prétexte du 25ème anniversaire
du groupe pour évinscer Joe Lynn Turner et rappeler Ian
Gillan, le chanteur mythique du MkII.
Alors
le résultat de cette seconde réunion du MkII est-il
à la hauteur de la grande époque des années
69-73 et du premier come-back réussi de 84 ?
Tout d'abord, en terme de son, il est évident que «
The battle rages on » s'éloigne radicalement de «
Slaves and masters » : ici le son est rustique, la guitare
grasse (« Lick it up », « Nasty piece of work
») et l'orgue hammond plutôt en avant (« Nasty
piece of work », le final de « Solitaire »).
A priori rassurante cette évolution donne en contre partie
l'impresion d'entendre un album déjà vieux (ou comment
faire du vieux avec du neuf...).
Ensuite, les compositions marquent également un retour
à des choses connues : «The battle rages on »,
« Anya », sont plutôt dans la lignée
des titres de « Perfect Strangers » ou du Rainbow
du début des 80ies (n'oublions pas que ces titres ont à
l'origine été travaillés avec Joe Lynn Turner),
alors que le ton résolument boogie rock de « Ramshackle
man » peut rappeler l'ambiance de « Blacknight ».
Mais au-delà de ces éléments qui se veulent
plutôt rassurant pour les fans, les compositions sont elles
de qualité ? C'est sans doute là que la chose est
plus délicate à analyser. « The battle rages
on », « Anya », « Solitaire » sont
incontestablement les titres les plus réussis et peuvent
figurer en bnne place dans n'importe quelle setlist de concert.
« Ramshackle man », « Nasty piece of work »,
« Talk about love » et la plupart des autres titres
se laissent écouter avec un certain plaisir, mais ne parviennent
pas à transporter l'auditeur. La raison est en fait simple:
le chant de Gillan est plutôt bon mais sans gnaque, et les
superbes instrumentistes que sont Blackmore, Paice, Lord, Glover,
ne se lâchent jamais. Sans doute la faute à l'ambiance
qui régnait entre les membres à cette époque.
Le constat est donc simple : « The battle rages on »
n'est pas un mauvais album, mais le potentiel de ses compositions
n'a pas été poussé au maximum, loin s'en
faut.
Dans la discographie du Pourpre Profond, cet album apparaît
comme un album de transition vu qu'il a marqué le retour
de Gillan et a provoqué le départ définitif
de Blackmore durant la tournée. J'aurais en revanche été
curieux de voir se qu'aurait donné « The battle rages
on » finalisé avec Turner au chant, et un Blackmore
plus investi. Sans doute un grand album qui rétrocativement
aurait contribué à crédibiliser « Slaves
and masters »... Tercio - 12.11.2005
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