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Alors
que cinq longues années s'étaient écoulées
pour la sortie de Bananas, deux ans seulement auront été
nécessaires à ce DEEP PURPLE Mark VIII pour lui
trouver un successeur. Le départ de Jon Lord avait été
une cruelle déception et je ne vous cache pas que pour
moi Bananas est loin d'être un bon album. Non pas que Don
Airey y soit pour quelque chose mais je trouve qu'avec Jon c'est
encore un peu de l'aura du groupe qui s'en est allé.
Et malheureusement ce nouvel opus est là pour me le confirmer.
Oh rassurez-vous, l'album n'est pas mauvais, loin de là.
C'est peut-être même le meilleur album depuis Purpendicular.
Disons simplement qu'il est la suite logique de Bananas, sans
bonne ou mauvaise surprise, avec quand même plus d'originalité
dans les mélodies et arrangements et surtout plus de pêche
dans les compositions.
L'album débute très bien avec "Money Talks"
et son intro à l'orgue au son si caractéristique.
Riff syncopé, chorus tout en finesse du sieur Morse, voilà
un morceau qui va faire son petit effet sur scène. "Girls
Like That" qui suit montre déjà les limites
de Ian au chant, et malgré son refrain aux choeurs limite
ridicules, le solo de Don est agréable et l'ensemble se
laisse écouter avec plaisir. "Wrong Man", bien
rythmé, offre à Steve son plus beau chorus. "
Rapture Of The Deep", "Don't Let Go", "Kiss
Tomorrow Goodbye" qui suivent non rien à envier aux
autres titres , et c'est un vrai plaisir que d'entendre tout au
long de l'album ces duels guitares/claviers chers au Pourpre.
Particulièrement sur "Junkyard Blues" où
le solo question-réponse piano jazzy/guitare saturée
est du plus bel effet. La seule ballade étant "Clearly
Quite Absurd" , à la mélodie agréable
se rapprochant assez de "Sometimes I Feel Like Screaming".
Alors donc après avoir vanté les mérites
de ce Rapture Of The Deep, qu'est-ce qui pourrait bien me faire
encore douter de sa qualité ? Et bien pour commencer le
son. Enregistré au studio du groupe Korn, la production
devrait être impeccable. Pourtant cette mise en avant volontaire
des claviers et de la batterie se fait au détriment de
la basse et parfois de la guitare, plus présente que sur
Bananas. Cela peut paraître contradictoire effectivement
mais une écoute attentive vous convaincra mieux qu'une
longue explication. Ensuite, et surtout, le fait que toutes les
compositions soient axées sur et autour de Ian Gillan,
vocalement limité, il faut bien le reconnaître. L'album
manque cruellement d'envolées lyriques qui amèneraient
des solos de guitare ou d'orgue plus longs et endiablés
et apporteraient cette hargne qui manque tant au Pourpre d'aujourd'hui.
Voilà, il ne vous reste plus qu'à l'acheter pour
vous faire votre propre opinion. La mienne ne pourrait finalement
se résumer qu'à un seul mot: RESPECT.
Ou à une maxime: qui aime bien chatie bien. Guy
- 20.10.2005
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