Si
« Purpendicular » a marqué la renaissance innatendue
d'un groupe désormais soutenu par la guitare de Steve Morse,
digne remplaçant du légendaire Ritchie Blackmore,
« Abandon » a la lourde charge de lui
succéder en 1998.
Dès
les premières secondes, le son est là : la batterie
claque naturellement, l'orgue hammond est bien présent,
et plus globalement, tous les instruments s'entendent distinctement
et soutiennent un Gillan bien en voix.
Mais
si l'album bénéficie d'une belle production, de
morceaux de bravoure tout à fait digne du renouveau amorcé
par « Purpendicular » (« Any fule kno that
», « Almost human », « Seventh heaven
», « Watchnig the sky », « Finger to
the bone »), tout n'est pas parfait. La deuxième
partie de l'album manque de folie, de surprises, bref de créativité.
Pourtant, « '69 » est énergique à
souhait, « Evil Louie » mélodieux et rythmé,
mais... mais... le sentiment final est celui d'écouter
des morceaux sympathiques, pas des futurs classiques qui casseront
la barraque sur scène. A noter cependant en fin d'album,
une reprise très convaincante de « Bludsucker »,
emprunté à l'album « In rock ».
Personnellement, je reprocherais peut-être également
un peu à Steve Morse de ne pas toujours se fondre complètement
dans l'entité en présentant des lignes de guitare
parfois très influencées par ses travaux solo,
mais c'est vraiment chipoter car son apport reste de très
grande qualité.
Le
verdict final est donc plutôt bon, mais pas exceptionnel,
surtout au regard de « Purpendicular » et des convaincants
« Bananas » et surtout « Rapture of the deep
» qui vont suivre. Cet album servira de support à
la très bonne tournée 1999 immortalisée
sur le « Live in Australia '99 ». Tercio
- 15.11.2005