| Dans
notre existence, il y a parfois un évènement que nous
attendons avec une grande impatience. Alors, nous essayons de nous
limaginer, de le capter virtuellement. Puis, enfin, il arrive
.
Souvent, nous sommes déçus, quelques fois satisfaits
mais rarement comblés.
Pour
moi, lattente de ce DAD a été quasiment insupportable
mais, déjà, la découverte de sa pochette
fut une première délivrance ! Si le contenu était
à limage du contenant, cela laissait imaginer un
album de grande classe. Je men délecte bien avant
lintroduction du précieux objet dans le lecteur
Je savoure les premiers accords de guitares avec ce son à
la fois moderne et râpeux qui, telle une gorgée de
whiskey, vous réchauffe le corps et vous met en appétit.
La voix de Jesper Binzer arrive
et là, cest
lextase.
Jai déjà eu loccasion de le dire mais,
je le répète, cette voix est totalement enivrante.
En tout cas, moi, elle menivre car elle sait être
tantôt sensuelle, tantôt rageuse, une délicieuse
alternance de force et de délicatesse.
Comme un mélange sucré / salé qui donne cette
saveur inédite et si particulière.
Ecoutez lenchaînement A good day / Scare yourself
et vous comprendrez forcément ce que jessaye de vous
faire comprendre ! Dailleurs, ces deux titres sont, sans
nul doute, deux des meilleurs compositions du groupe et pourtant,
des chefs duvres, DAD en a profusion.
Depuis lalbum Helpyourselfish, le quatuor navait pas
proposé un album aussi énergique, ce qui ne veut
pas dire quil a oublié, au passage, son sens de la
mélodie, bien au contraire. Dire que le groupe est un expert,
voire un modèle, dans lart de manier ce dosage énergie
/ mélodie est une évidence tant il la démontré
à maintes reprises précédemment mais cest
probablement sur cet album que ce dosage est le plus exquis.
Artistiquement parlant, cela relève plus du parfait équilibre
que de la recherche de compromis. De ce fait, le plaisir dinterprétation
de chaque musicien est visible, palpable, communicatif. Dautant
plus que le groupe a la grande intelligence de ne pas en rajouter,
ne serait-ce que sur la durée. Ici, tout est essentiel,
rien nest superflu. Notre plaisir découte nen
est que plus intense pour atteindre son paroxysme avec lapothéose
: le fabuleux Last chance to change.
Lattente
fut longue, trop longue, insoutenable, parfois désespérante
mais la récompense que nous offre, ici, DAD est dune
telle beauté que combler (satisfaire pleinement ses désirs)
nest pas un terme assez expressif pour décrire la
jouissance quelle procure. B2B
- 05.06.2005
|