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"Où
que j'aille, les gosses veulent du Rock !" Le gosse que j'étais
en découvrant cet album a tellement pris cette phrase pour
lui que le gosse qu'il est encore aujourd'hui en rédige
la chronique...
Hard Rock, Hard US, Rock US, ces étiquettes que nous passons
autant de temps à critiquer qu'à utiliser s'effacent
devant ce terme générique si jouissif qu'est le
ROCK ! C'est bien de ça dont il s'agit avec cet album mais
de Rock non galvaudé, non corrompu par un pacte avec le
succès (alors que ce même succès a été
au premier rang à la sortie du disque) ou, variante, pire
encore pour moi, par une volonté de sonner underground,
marginal.
Convivialité, bonne humeur, energie et surtout proximité,
proximité dans la musique, dans les textes, Reckless, ce
n'est que ça et personnellement, je n'ai jamais eu besoin
de plus.
Difficile d'éviter l'écueil de la passion lorsqu'il
s'agit de rédiger une chronique d'un album qui, immanquablement,
ferait partie de mes dix albums à emmener sur une île
déserte. Une appréciation relativement objective
de Reckless serait sa cohérence; dix titres oeuvrant dans
le même sens, d'une qualité égale qui permettait
à Bryan de sortir l'une ou l'autre des chansons en single.
Du premier riff, simple et efficace de One Night Love
Affair au Ain't Gonna Cry endiablé
bouclant les hostilités en réussissant le (petit)
exploit d'être mon titre préféré parmi
des chansons mondialement connues et taillées pour la radio
et la route comme peuvent l'être Run To You,
Summer Of '69 ou le duo magique avec
Tina TURNER, It's Only Love. Et je ne
cite pas les tubes que sont She's Only Happy When
She's Dancin', Kids Wanna Rock
ou Long Gone. Reckless est un best of
dont les morceaux ne seraient pas extraits d'une discograhie mais
trouvables sur un seul album !
Configuration réduite; une guitare rythmique, une basse,
batterie, un peu de claviers, un excellent soliste et l'usine
à tubes est en route drivée par les deux patrons
de l'époque, Bryan et son acolyte qui semblait alors être
son siamois pour toujours, Jim VALLANCE.
Dix chansons et autant de petites histoires dans lesquelles les
ados ou jeunes adultes peuvent se retrouver, répertoire
où il est possible d'extraire tel ou tel morceau et ainsi
illustrer une anecdote personnelle (le Summer of '69,
il suffit de changer l'année et combien d'entre nous peuvent
se retrouver dans ce texte ?). Une voix idéale pour ce
registre, une lead guitare inspirée tenue par Keith SCOTT,
un léger coup de chance largement méritée
pour le timing qui associera à jamais Reckless à
une réussite rare même à l'échelle
Américaine, même à l'échelle des 80's...
Cet album, en termes de succès, est de la trempe d'un Thriller
ou d'un Born In The U.S.A, rien de moins !
Intégré à une discographie qui était
déjà fort respectable et qui le restera par la suite,
Reckless jouit quand même d'une aura particulière
et je pense qu'avoir découvert le Canadien via cet album
n'y est pour rien, moins en tout cas que l'excellence de sa composition
et de sa constance à un niveau élevé, bigrement
élevé.
Et ce n'est pas son fameux live de 1988, Live ! Live ! Live !
qui démentira en reprenant neuf des titres (moins mon préféré,
signe qui, bien que frustrant, semble une preuve supplémentaire
du niveau de l'album...) dans un format rendant hommage à
la proximité citée en début de chronique;
des morceaux écrits par un mec chantant qu'il aura 18 ans
jusqu'à sa mort pour des kids qui pourront le rester tant
qu'ils resteront sensibles à cette musique qu'est le Rock...
Frank -11.03.2007
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