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Prologue
: Maintenant je me souviens; c'était en septembre 1997.Avec
mon cousin Guillaume (que je salue au passage), nous nous étions
rendus chez un pote (Bruno) fraîchement rencontré
aux vendanges, pour qu'il nous fasse écouter 2 ou 3 trucs
dans sa piaule minable de cîté U. On avait pas mal
discuté métal les jours avant entre les ceps de
vigne, mais alors que nous étions plutôt branchés
heavy traditionnel avec Guillaume, Bruno s'était proposé
de nous faire découvrir ce qu'il appelait le "métal
de la mort", bref tout ce que le métal extrème
compte comme courants divers autant qu'obscurs. Après l'écoute
de quelques groupes black et death : Mephistopheles, Marduk, Death,
Cannibal Corpse et d'autres trucs aux pochettes horribles, et
voyant qu'on avait un peu de mal à ingurgiter autant de
purulence et de putréfaction en si peu de temps, Bruno
nous lança :
-"Vous connaissez Bathory ?"
- Silence gêné- , puis Guillaume répond :
- "Hmmm, non pas vraiment, euh, juste de nom...".
Alors Bruno mît le CD dans son poste torturé depuis
de nombreuses années par plusieurs générations
de diques atroces, et il nous dit : "celui-là, c'est
"Blood On Ice" !"
Chronique :
Alors, là, le choc ! Exit la chaleur du mois de septembre
roussillonais et les couleurs chatoyantes des feuilles de vigne
annonçant l'arrivée de l'automne, place à
l'hiver blanc et glacial du Grand Nord, aux immenses forêts
enneigées, aux grands lacs gelés et aux esprits
malins peuplant les mythes scandinaves.
Quorthon, le leader et parfois seul membre de Bathory nous propose
une immersion totale dans la mythologie viking. Ce concept-album
à la pochette magnifique, est articulé autour d'une
saga contant les aventures magiques d'un petit garçon assistant,
caché dans la forêt, au massacre de ses parents par
une horde de cavaliers noirs. Le sang a coulé, il s'est
répendu sur la glace (Blood on ice). Le petit garçon
grandit, et devenu adulte, il va chercher à venger ses
parents, ce qui va l'entraîner par monts et par vaux dans
des contrées toujours plus mystérieuses, au détour
desquelles il rencontrera un mage, chevauchera une licorne et
portera une épée forgée en des temps immémoriaux
dans le feu et la glace.
Bien que fondateur au milieu des années 80 du black metal
aux côtés des Venom, Celtic Frost et Hellhammer,
Bathory (groupe suédois est-il besoin de le préciser
?) a rapidement évolué vers une musique plus travaillée,
accordant une plus grande place à la mélodie, et
abandonnant le satanisme primaire de ses premiers albums au profit
de la mythologie viking, donnant par ce biais une plus grande
majesté à ses compos. Ce virage entamé sur
"Blood Fire Death" en 1987, se poursuivra sur "Hammerheart"
en 1988, puis sur "Blood On Ice", composé la
même année (mais sorti seulement en 1996 !), avant
un album dans la même veine, mais en plus progressif : "Twilight
of the gods". Difficile de rattacher Bathory à d'autres
groupes tant son style est particulier, mais on ne peut que le
conseiller aux amateurs d'Immortal (très fortement influencé
par la bande à Quorthon), et à ceux de heavy ou
de speed mélodique car ils y apprécieront l'aspect
épique et les textes mythologiques. Dernière précision
: la voix de Quorthon est claire (pas black sur cet album), mais
quelquefois assez "limite", comme sur "The woodwoman".
Mais que cela ne gâche pas votre envie de découvrir
ce très bon album ! Janet Molins
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