Ce "Tierra de nadie"
(terre de personne) sorti deux ans après le superbe "En
un lugar de la marcha", est la fois moins bon et meilleur.
Je m'explique, dans sa globalité, il y a deux ou trois
titres dispensables, mais il renferme aussi quelques titres
parmis les meilleurs du groupe.
Cet album est par contre fortement empreint d'humanisme, je
dirai aussi un peu écologiste dans les paroles. D'ailleurs
"Terre de personne" pourrait se traduire par "terre
de tout le monde".
L'album débute sec avec
un "Pico de oro" superbe, la magnifique voix de Sherpa,
toujours plus belle, se bonifiant avec le temps tel un bon vin.
Le rythme et les refrains de ce morceau sont tellement accrocheurs
qu'ils ne vous sortent plus de la tête.
"El pedal" et "La voz de su amor" sont eux
en deçà de ce qu'ont déjà composé
les frères Castro. Voilà ou est le décalage
de cet album, il est composé de quatre superbes titres
de Sherpa et de quatre titres des Castro dont trois sont relativement
moyens par rapport à ce qu'ils nous ont déjà
proposé par le passé. Ceci dit, beaucoup de groupes
auraient aimé avoir ces titres moyens sur leurs disques
tout de même. Petite précision pour relativiser!
Déboule ensuite, ce qui est pour moi le meilleur titre
de BARON ROJO toute période confondue, ce "Tierra
de nadie" phénoménal! entendons nous bien,
loin d'être le plus heavy du groupe. Au contraire, il
est ultra mélodique, peut-être pourrions nous le
qualifier de heavy FM, si cela peut vous parler. Mais ce morceau
est sublime, il démarre avec une intro un tantinet prog,
s'accélère progressivement pour s'emballer vers
la fin. Le tout survolé par la voix d'or de Sherpa, qui
n'a jamais aissi bien chanté. Ce titre a tourné
une année entière sur ma platine, et depuis y
retourne régulièrement.
Vient ensuite "Señor inspector", un très
bon titre, au chant très vindicatif, qui laisse la place
à une superbe compo des deux frères Castro, "Sombras
en la noche", un peu pathétique, puisque Carlos
essaye sur ce morceau de rivaliser au chant avec Sherpa. Combat
perdu d'avance Carlos! toujours est-il que le rythme de ce titre
est super entrainant.
L'album se termine sur le très beau "Pobre Madrid"
et malheureusement le très moyen "El precio del
futuro", malgrès de superbe parole. (thème
sur Tchernobyl et le nucléaire)
Maintenant j'adore cet album,
justement peut-être pour ces défauts, ce disque
annonce une rivalité entre Sherpa et les frères
Castro. Le premier étant devenu le pilier du groupe,
les deux autres n'arrivant plus à suivre tant la qualité
des compositions de José-Luis survolent le tout! d'ailleurs
n'est-ce pas Sherpa qui avait choisi le nom du groupe!
Volumenbrutal
- 08.11.2006