1977 :
lannée punk ! Quelque temps auparavant, un certain
Johnny Rotten était choisi par un manager nommé Malcolm
Mc Laren pour chanter dans les Sex Pistols après avoir mimé
limmortel Im Eighteen dAlice Cooper que diffusait
le juke box . Avec une telle conjoncture, on aurait pu attendre
dudit Cooper un disque très saignant cette année-là
Il nen fut rien. Alice enregistra un disque flirtant avec
la variété. Cela aurait pu relever de la provocation
mais, à cette époque, Alice aurait été
incapable dun tel machiavélisme : il était
tout simplement alcoolique au dernier degré. Le chanteur
se trouvant dans un état pitoyable, Bob Ezrin, le génial
producteur et Dick Wagner, le guitariste virtuose, prirent la direction
des opérations aidés en cela par une pléthore
de musiciens de studio. Le concept se révèle cette
fois assez flou et peu horrifique : après le cauchemar
et lEnfer des albums précédents, on a droit
au thème de la littérature policière et Alice
devient Maurice Escargot (sic), un détective privé
(ainsi que Vana White, « the queen of the silver screen » !).
Et la musique dans tout ça ?
Peu de rock et pas vraiment de hard rock .Certes , Its Hot
Tonight, lexcellent morceau douverture peut faire illusion :
il est construit sur dexcellents rifs de guitare et Wagner
et Hunter font des merveilles. La voix du Coop est cependant très
en retrait et semble avoir été ajoutée a posteriori.
Roads Rats est un autre bon titre reposant sur des parties de guitare
entraînantes mais lalbum contient surtout des ballades
qui font très variété gentillette. You and
Me, qui terminait initialement la face A est une jolie chanson (beaux
arrangements de violons) et devint un tube. Sinatra en personne
reprit une fois cette ballade sur scène ce qui prouve sa
qualité indéniable mais surtout quelle na
rien à voir avec le rock. Ubangi Stomp est la reprise dun
vieux rock et fait très fifties, (No More) Love at your Convenience
est kitsch à souhait dans le genre variété
disco, avec encore une fois un Cooper très en retrait qui
chuchote plus quil ne chante. Lace and Whiskey marque par
ailleurs la fin dune période: il sagit du dernier
album studio de Cooper produit par Bob Ezrin pour la décennie
70, Ezrin qui fut pourtant lartisan du succès dAlice.
Peu de temps après la sortie de cet album, Alice Cooper se
fit hospitaliser dans le but de soigner son alcoolisme. Deux anecdotes
pour terminer : - cette même année parut un disque
sur lequel figuraient non seulement le même producteur, B.Ezrin,
mais aussi les mêmes musiciens (à lexception
de Cooper) : il sagissait du premier album solo de Peter
Gabriel, qui venait de quitter Genesis.
- en 1977 toujours, lancien groupe dAlice ( Bruce, Buxton,
Dunaway, Smith) sortit sans grand succès un album intitulé
Battle Axe sous le nom de Billion Dollar Babies.
Philippe C - 05/01/2004 |