DISCOGRAPHIE

Pretties for you - 1969

Toronto Rock And Roll Revival - 1969

Easy Action - 1970

Love is to death - 1971

Killer - 1971

School's Out - 1972

Billion Dollar Babies - 1973

Muscle of Love - 1973

Welcome To My Nightmare - 1975

Alice Cooper Goes to Hell - 1976

Lace and Whiskey - 1977

Alice Cooper Show - 1977

From the Inside - 1978

Flush the Fashion - 1980

Special force - 1981

Zipper Catches Skin - 1982

Dada - 1982

Constrictor - 1986

Raise Your Fist and Yell - 1987

Trash - 1989

hey stoopid - 1991

Last Temptation - 1994

Classicks - 1995


Fistful of Alice - 1997

Brutal planet - 1999

Dragontown - 2001

The Eyes of Alice Cooper - 2003


Dirty Diamond - 2005

ALICE COOPER

Style - Hard rock
Connexion -
Formé en 1966
Origine - Etats unis

Dada - 1982 - Album
1. Dada
2. Enough's Enough
3. Former Lee Warmer
4. No Man's Land
5. Dyslexia
6. Scarlet and Sheba
7. I Love America
8. Fresh Blood
9. Pass the Gun Around
Sans doute le plus méconnu des albums d’Alice Cooper. En son temps, ce disque est sorti dans l’indifférence générale : la presse spécialisée ne l’a même pas chroniqué. Depuis, Dada (ou plutôt Da Da) a acquis le statut très particulier d’œuvre culte. D’après Dick Wagner, il s’agirait « du plus sous-estimé des albums de Cooper et artistiquement d’un des meilleurs ».
Petit rappel des faits : en 1983, Cooper, qui ne parvient pas à surmonter ses problèmes d’alcoolisme, se trouve au creux de la vague, au fond du trou. Ses 3 albums précédents ne se sont pas vendus et n’ont convaincu que les plus indulgents des fans inconditionnels. L’album de 1982, Zipper Catches Skin avait vu le retour du guitariste Dick Wagner, le co-auteur des tubes de la seconde moitié des années 70. En 83, Alice devait un dernier album à sa maison de disques. Bob Ezrin avait été chargé de la production. Or le principal intéressé était peu motivé et n’avait pas l’intention de quitter son fief de Phoenix pour Toronto. C’est là qu’intervint D.Wagner qui fut envoyé par Ezrin dans l’Arizona pour convaincre Alice de bien vouloir faire le déplacement jusqu’à Toronto. En définitive, ce dernier accepta, désireux de terminer dignement son contrat. Les 3 hommes savaient pertinemment que la Warner n’avait pas l’intention de promouvoir convenablement le disque et que son échec commercial était programmé. Da Da est l’une des œuvres les plus personnelles de Cooper ; il est surtout détaché de toute considération mercantile. La pochette s’inspire d’un tableau de Dali intitulé « Marché d’esclaves avec apparition du buste invisible de Voltaire » ( que voilà une chronique instructive !). Cette œuvre d’art est basée sur une illusion d’optique : selon la façon dont on regarde le tableau, on voit soit des personnages, soit la tête de Voltaire ! La pochette de Da Da, si on l’observe attentivement, nous permet de contempler ou bien 2 personnages ayant le visage d’Alice, ou la tête d’un vieillard (même principe que pour Retro Active de Def Leppard). Tout cela n’est pas innocent, le contenu même de ce disque est conçu pour mystifier l’auditeur. Par exemple, la batterie que l’on croit entendre parfois n’est pas un vrai instrument mais une machine (notons cependant la présence de Richard Kolinka de Téléphone sur certaines chansons- Bob Ezrin avait produit Dure Limite en 1982). Da Da n’est pas vraiment un disque de rock au sens traditionnel du terme. On serait plus proche ici du progressif (sans les longs développements instrumentaux), on pense parfois au Genesis de Mama. Il est vrai que de Dada à Mama…
Les ambiances étranges, les atmosphères inquiétantes ont été privilégiées. De ses trois efforts précédents, Cooper n’a retenu que l’utilisation des synthés et des boîtes à rythmes. Mais ces machines sonnent maintenant de façon radicalement différente, le côté futuriste, robotique a disparu. Les compositions, bien qu’elles ne soient pas forcément liées, racontent des histoires qui donnent le frisson. L’album s’ouvre sur Da Da, un semi-instrumental bizarre basé sur une obsédante ligne de guitare. Une voix d’enfant prononce régulièrement ce mot. Puis une conversation entre un médecin et son patient se fait entendre avant que ne démarre brutalement la deuxième chanson, Enough’s Enough, plus enlevée et qui comporte un excellent solo. Le chef-d’œuvre de cette première face est placé en 3ème position : c’est Former Lee Warmer, une ballade fantômatique et lugubre. Il s’agit de l’histoire d’un enfant condamné à vivre reclus dans un grenier, la narration étant effectuée par son frère. Autres compositions marquantes : Scarlet And Sheba et son atmosphère si particulière due à des arrangements pompeux. Alice est aux prises avec 2 singulières partenaires féminines, Scarlet et Sheba «  They’re trying to kill me, want to pick my bones, methodically, erotically.” Ensuite survient le très humoristique et sarcastique I Love America (sorti en single car titre le plus « cooperien » du lot), morceau plus insouciant et reposant sur des riffs de guitare incisifs et tranchants. Alice en profite pour détourner certains procédés lénifiants de la variété traditionnelle (cf. le passage central et ses bruitages, typique de Bob Ezrin). Fresh Blood, avec ses cuivres synthétiques, est presque funky. Le contraste entre le côté guilleret de la forme et le sinistre thème abordé (une sombre histoire de vampires assoiffés de sang) est saisissant et rappelle quelque peu le Too Much Blood des Stones sorti la même année… Les auditeurs attentifs relèveront un clin d’œil à Dylan.
L’album se termine sur le somptueux Pass The Gun Around, l’une des chansons les plus poignantes de Cooper, toutes périodes confondues, ballade intense et malsaine. Un sentiment de dépression, de néant enveloppe l’auditeur. L’aspect autobiographique est évident (cf.les allusions à l’alcool).Je ne révélerai pas la façon dont s’achève ce chef-d’œuvre, je pense que le suspense doit être préservé… Disons que c’est surprenant, surtout la première fois.
Voilà donc un disque qui gagnerait à être découvert ou redécouvert : il n’est pas forcément d’une écoute facile. C’est un peu le Berlin d’Alice Cooper. Comme le disque de Lou Reed (paru en 1973 et aussi produit par Bob Ezrin), DaDa fut un bide commercial. Trois longues années s’écouleront avant qu’Alice Cooper n’émerge du Triangle des Bermudes. Mais c’est une autre histoire…

Philippe C
- 11/03/2004
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