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Aerosmith :
c’est le ying et le yang du hard rock ! Un coup je
sors un album jovial et funky, le coup suivant je redresse la
barre avec un album brut et rock n’roll. Le groupe de Boston
prend en 1989 la route de Vancouver afin de confier à Bob
ROCK le soin de produire son nouvel album. Deux ans après
le phénoménal Permanent Vacation (le toys in the
attic des 80’S qui les a remis sur scène ?)
la bande de Tyler décide d’enfoncer le clou avec
un album qui sera aux années 80 ce que Rocks fut aux années
70 ! A l’inverse d’un Bruce FAIRBAIRN prompt
à emballer d’un joli ruban rose tous les groupes
qui lui passent sous la main, Bob ROCK va épurer la musique
d’Aerosmith pour lui redonner son aspect brute de décoffrage.
Production haut de gamme mais néanmoins épurée,
il parsème l’album d’une série d’introductions
traitées comme de véritables mini compositions à
part entière. Tantôt salace (GOING DOWN), tantôt
cinématographique (WATER SONG), tantôt inquiètante
(HOODOO), tantôt traditionnel (superbe DULCIMER STOMP auquel
répondent les dernières minutes de l’album !)
ces titres font offices de contrepoids raffinés à
une musique sans fioritures. Joe PERRY renoue avec la Les Paul
(pas l’originale puisque son ex-femme l’a vendue et
qu’elle a fini par atterrir entre les mains de Slash). Il
nous gratifie d’un chorus d’anthologie sur le mythique
LOVE IN AN ELEVATOR. Savoureuse et joviale ode à la luxure,
cette composition bouscule tous les schémas traditionnels :
Intro théâtrale, chorus à rallonge, break
vocal surprise, outro à capella… Les cinq d’Aerosmith
savent encore composer et ils le prouvent ! PUMP est un sacré
retour au sources. L’album commence ainsi avec un rock simple
et efficace : YOUNG LUST. Appliquant une vieille recette
mise au point par Led Zeppelin, le groupe poursuit avec un deuxième
rock épuré : FINE. MONKEY ON MY BACK prend
la même direction. Le bootleneck de Joe PERRY y fait monter
la pression tandis que TYLER roi de l’autodérision
nous compte quelques hallucinations de junky. THE OTHER SIDE est
le quatrième rock n’roll de l’album. C’est
un titre joué avec urgence où une fois de plus le
stupéfiant chorus de Joe PERRY répond aux remarquables
arrangements vocaux de son frère d’arme. MY GIRL
est un titre en apparence un peu moins intéressant. Sorte
d’hommage pubère aux rock des sixties (voir même
fifties à l’écoute du solo !) tout l’intérêt
de ce titre linéaire est de tromper notre attention avant
l’arrivée du superbe et non moins saccadé
DON’T GET MAD GET HEAVEN. Sur l’album précédent,
RAGDOLL s’était amusé pour notre plus grand
plaisir à revisiter la musique métissée de
la Nouvelle Orléans, avec VOODOO MEDECINE MAN Aerosmith
plonge en quelque sorte au cœur de la culture ancestrale
de cette région. Composition sombre et envoûtante
parsemée de références ésotériques,
c’est du hard rock ténébreux et inspiré
où Joe PERRY nous donne une fois de plus une leçon
d’élégance. TYLER tel un « baron
samedi » métallique hurle à la mort tandis
que le reste du groupe tisse une rythmique lourde et puissamment
desservie. La parfaite bande son d’une œuvre d’Anne
RICE ! Deux sucreries viennent enfin pondérer l’album.
JANIE’S GOT A GUN est une poignante ballade mélodramatique
dont le clip gagnera naturellement un award. WHAT IT TAKES conclut
l’album sur une tonalité seventies un brin nostalgique.
PUMP est un album magique et une leçon de créativité.
Il est la quintessence du talent d’un groupe revenu de loin.
Si vous avez apprécié ne ratez pas le dessert et
visionnez la superbe vidéo : MAKING OF PUMP !
Mox
- 11/03/2003
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