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En
premier lieu pourrais-tu te présenter (age, études, parcours
professionnel...) ?
J'ai 36 ans et j'avoue n'avoir pas fait d'études plus que ça.
J'ai rejoint Hard Force à l'âge de 18 ans (ou 19, je ne sais
plus précisément). Pendant
toute l'existence du magazine, Hard Force a donc été mon
seule activité. Grâce à lui je suis devenu journaliste
et ai accumulé de l'expérience dans
ce domaine.
Ton parcours initiatique qui t'a mené à
aimer le hard rock et autres styles (comment, pourquoi, avec qui...)
Comme tout le monde, je suis un jour tombé sur "Highway To
Hell". C'était fort, ça dérangeait, et j'aimais
ça. Je n'ai plus lâché ensuite. Trust,
Maiden, Def Lep... Et puis tous les groupes des années 80.
Peux-tu nous rappeler
comment a démarré l'aventure HARD FORCE au beau milieu des
80's ?
Un fanzine qui devient magazine... C'est à la fois banal et pas
tant que ça.
L'équipe a beaucoup évolué au fil des années,
je suis resté. Je me souviens qu'on avait tous vraiment la foi.
Peut-être un peu moins les derniers temps, mais pas en ce qui me
concerne.
Au
départ, tu n'étais pas forcément le chroniqueur le
plus "prolifique" du magazine dans le sens ou tu n'étais
pas celui qui écrivait le plus de chronique. Situation qui semble
t-il évolua par la suite. Quelle était donc la répartition
des tâches au sein du magazine et plus particulièrement les
tiennes ? D'où vous venez toutes ces idées incroyables et
comment prenaient-elles naissance (les dossiers, les compte à rebours,
force parallèle et surtout l'élection de la playmate etc.).
Les idées, c'était le fruit de discussions entre nous, d'envies
des uns ou des autres. La Playmate par exemple, c'est un truc d'interactivité
avec les
lecteurs (plus précisément les lectrices dans ce cas là).
Mais il y a eu aussi les journées portes ouvertes à la rédac',
les concours... Pour les
dossiers, Emmanuel Potts, Christian Lamet avaient toujours pas mal d'idées.
C'est vrai qu'au début je me spécialisais pas mal dans les
groupes français. Parce que j'aimais ça mais ça limitait
aussi mon champ d'action. Et puis il a fallu faire ses preuves. J'étais
jeune au départ, j'écrivais mieux ensuite! C'est pour ça
que j'ai pris plus d'importance dans le mag. Du moins je crois.
Quelle est ton meilleur
souvenir de l'époque Hard-Force ?
Juste après avoir coulé une première fois. La reprise
avec les frangins Lamet, Emmanuel Potts, Nicolas Kontos... Je crois qu'on
formait une bonne
équipe. Et on a alors bénéficié de l'impact
Guns N' Roses, Metallica, Nirvana, Maiden...
Quel est ton avis
rétrospectif sur Hard Force (les aspects positifs, ce que tu aurais
aimé faire, que tu n'as pas pu, ce qui éventuellement te
génait)?
La passion, les interviews assez poussées, peu de concessions,
de bonnes plumes, ça c'est pour le positif. Le négatif,
c'est la pression de certaines maisons de disques et de la pub, à
la fin.
Jusqu'au milieu des 90's HARD FORCE avait une vision
très panoramique du hard rock accordant à quasiment toutes
les tendances un intérêt égal.
Cette vision semble s'être rétrécie par la suite ?
La pression financière exercée sur le titre était-elle
l'unique cause de cette évolution ?
Non ce n'était pas l'unique cause. C'est juste qu'on avait senti
que l'évolution de notre lectorat, plus jeune, se situait dans
ce créneau. On a
voulu répondre aux attentes des lecteurs avant tout. Et ça
a marché ! Hard Force n'a pas disparu pour ces raisons précisément
mais à cause de tout un ensemble de choses.
Les couvertures de Hard Force qui tournaient presque
systématiquement autour de Metallica,Pantera,Korn,Max Cavalera,Machine
Head de 1997 à la fin, alors qu'une vingtaine d'autres combos pouvaient
tout autant avoir cet honneur c'était purement un choix pour attirer
le plus de lecteurs, une pression des attachés de presse/maisons
de disques ou autre ?
Je crois avoir répondu précédemment. Disons qu'avant
aussi on avait Maiden en couv' régulièrement... A titre
perso, j'ai râlé plusieurs fois à cette
époque, parce que Sepultura revenait un peu trop souvent à
mon goût.
Hard force est aujourd'hui l'un des magazines les
plus respectés de son époque. C'est également un
magazine qui a eu de nombreux hauts et bas mais qui a toujours su rebondir
et renaître de ses cendres (notamment en 1992). Comment s'est achevée
cette belle aventure ? Et pourquoi le magazine n'est-il pas reparti une
énième fois ?
Le groupe de presse a repris Best, les énergies se sont éparpillées.
Et lorsque la société a déposé le bilan, il
y avait un repreneur potentiel... Qui s'est finalement désisté.
Sais-tu ce que deviennent Christian LAMET, Emmanuel
POTTS et Hervé SK GUEGANO ? Es-tu encore en contact avec d'autres
ex-Hard Force ?
Pas précisément. J'ai revu Emmanuel, Christian... Mais pas
depuis que je suis à voici, qui me prend vraiment tout mon temps.
Et Charles GRONCHE, ce type existait vraiment ou
bien n'était-ce qu'un délire de l'équipe ?
Faudrait lui demander !
Qu'as tu fait entre Hard Force & Voici ? Voici
est-elle la seule revue dans laquelle tu bosses ?
Entre les deux, j'ai bossé pour un site Internet (France MP3) et
pour le magazine Compact. Effectivement je consacre tout mon temps à
Voici, et ça me plait beaucoup ! D'une certaine façon, c'est
un magazine rebelle. Il y a de l'esprit punk ici, je le pense vraiment.
J'imagine que tel le guitariste contraint de travailler
comme requin de studio, tu écris aujourd'hui pour Voici surtout
pour gagner ta vie (ce
n'est bien évidemment pas un jugement)...selon toi est-ce que rien
n'a changé en France et qu'il est toujours aussi difficile de vivre
convenablement du hard rock ?
Il est plus difficile que jamais de vivre du hard rock en France. Et si
je gagne ma vie en écrivant à Voici (ça n'a d'ailleurs
rien de comparable
financièrement avec la presse rock ou metal), ce n'est pas parce
que j'y suis contraint mais parce que ça me plait. C'est un autre
challenge, avec
16/17 ans de presse metal.
Projettes tu de revenir à la presse "hard
rock" à plus ou moins long terme?
Qui sait ce que l'avenir nous réserve ? J'ai toujours des amis
qui travaillent dans ce milieu...
Sinon quels sont tes projets ?
Rester où je suis et continuer de bien m'y amuser !
Est-ce que tu es toujours en contact avec des musiciens
?
Oui. Kai Hansen, Piet Sielck, qui sont venus tous les deux à mon
mariage. Timo Kotipelto... Et quelques autres que je suis toujours heureux
de revoir lorsqu'ils passent en promo à Paris.
Parmi les nombreux artistes que tu as eu l'opportunité
de rencontrer et/ou d'interviewer (FM, QUEENSRYCHE, LOVE / HATE, ROGER
WATERS, les frères YOUNG etc.) Quels sont tes plus mémorables
souvenirs d'interviews ? Et quels son les artistes qui pour toi représentent
le mieux cette période 85-95 ?
Les frères Young, Roger Waters, Bruce Dickinson, Metallica, Brian
May... Ce sont mes meilleurs souvenirs. La période 85/95, c'est
Maiden, Metallica, Helloween !
Et
ton avis sur l'évolution générale de la presse metal
depuis la disparition de Hard Force ?
Ce n'est pas aux disparus de critiquer les valeureux survivants.
Selon toi et compte tenu de l'évolution de
notre genre favori au cours de ces 20 dernières années ne
penses-tu pas qu'à l'image de la réduction du
terme heavy Metal à metal (voir même à la quasi-ringardisation
du terme hard rock) le genre s'est en apparence appauvri ?
En apparence peut-être, mais on s'en fout. Tant qu'il sort de bons
albums (et c'est toujours le cas).... On a toujours été
traités de ringards, ce
n'est pas nouveau. Au bout du compte, le heavy metal est toujours là
alors que tant d'autres courants à la mode ont disparu...
Avec le recul,penses-tu que le mouvement néo-metal(qui
s'effondre commercialement depuis 2 ans) a été surcôté,surestimé
par les médias à
l'époque où il cartonnait ?
Oui ! 1000 fois oui.
Quel est ton sentiment à propos de toutes
ces reformations (Europe, Bang Tango...) ou de ces tournées aux
Usa (Kiss, Poison...) qui montrent une
renaissance et/ou une nostalgie de la musique des 80's ?
C'est la nostalgie qui entraînera peut-être la renaissance.
La roue tourne de toute façon.
Comment vois-tu l'avenir du Metal ? et par la même
de la musique en général?
Inventer des nouvelles variantes ? Bof... Moi je continue d'aimer mon
heavy et mon speed mélodique. Et je ne suis pas le seul. Pour la
musique, ben si on peut empêcher Michal et ses amis de trop nous
envahir, on aura fait un bout de chemin. Les gens auront toujours besoin/envie
d'authenticité.
Quel est le dernier concert qui t'as marqué
(tout style confondu) ? Le dernier album qui t'as marqué (tout
style confondu) ? Même question niveau
album/concert mais en ce qui concerne le hardrock ?
Maiden à Bercy. Nightwish (Once).
Forcément la question qui tue: écoutes-tu
vraiment ce que tu chroniques dans Voici ? D'ailleurs comment choisis
tu les cds à chroniquer pour ce
magazine ?
Oui, bien sûr. Certains pas en entier quand même. Je choisi
en fonction des événements, des sorties majeures et parfois
de mes goûts. Il m'arrive aussi de chroniquer du heavy : Maiden,
Nightiwsh, Blind Guardian, Danzig... Tous ont déjà été
chroniqués dans Voici.
Est-ce qu'aujourd'hui tu aimes enfin AEROSMITH ?
Là, vous êtes furieusement bien informés. Ben oui,
avec le temps je vieillis... Comme eux !
Et pour terminer, question d'un de tes grand fan:
t'habilles-tu toujours chez l'Hindou ?
Je ne me suis jamais habillé là bas ! Mais je veux bien
assister au défilé de leur nouvelle collection : on ne sait
jamais ! D'ailleurs à voici, je viens souvent avec mon tee shirt
AC/DC ou Gamma Ray. J'ai aussi un très beau Blind Guardian, d'une
très ancienne tournée avec marqué "Crew"
dessus. C'est Hansi Kursh qui me l'avait offert et je ne manque jamais
une occasion de le porter.
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