BACKYARD BABIES

Interview avec Nicke Borg, guitariste/chanteur des Backyard Babies. Interview/photos par Jean-Pierre Vacher, 29.5.2006.

Seulement deux ans séparent 'Stockholm Syndrome' de 'People Like...'. Vous avez travaillé assez rapidement pour cet album. Peux-tu me parler de l'écriture du disque ?
Normalement quand nous faisons une tournée pour un album pour une longue période comme nous faisons toujours, nous sommes vraiment crevé à la fin. Je pense que nous tournions depuis un an et demi, et on s'est dit 'OK, on va se prendre un break, et ensuite penser aunouvel album'. Puis on a eu cette opportunité de faire la tournée avec Social Distortion, ce n'était pas prévu, et nous étions vraiment excité à cette idée de tourner de nouveau avec Social D, alors on s'est dit 'à la trappe le break' ! Ensuite, nous sommes allé directement dans le studio de répétition. Avant la tournée avec Social D, j'étais en France, et j'ai commencé à écrire un peu durant l'été. Ensuite je m'y suis remis juste après la tournée. Toutes les influences étaient fraîches, les impressions que tu as sur la route étaient là, alors c'est venu, naturellement. Et puis nous avons pensé à Nicke Andersson, car nous ne voulions pas d'un de ces gros producteur à l'américaine. Les chansons étaient prêtes en décembre. Nicke est venu ensuite et a revu pas mal de choses. Nous avions déjà loué le studio d'enregistrement pour le mois de janvier. Et parfois tu travailles mieux sous la pression. Tu peux voir dans l'histoire que les groupes qui deviennent super gros prennent 4 ans pour enregistrer un disque. Tu dois vraiment être concentré. Je pense que le rock n roll doit être immédiat.

Est-ce que l'enregistrement même de 'People...' a pris du temps, ou vous avez fait ça rapidement ?
Nous sommes resté 3 semaines en studio. Nous aurions pu rester plus longtemps si nous avions voulu, mais c'était l'idée de Nicke Andersson, il est infatigable, et il n'a aucune patience ! Il nous a poussé à nous rendre compte que nous sommes meilleurs quand nous jouons tous ensemble.

Comment c'était de travailler avec Nicke Andersson ?
Je pense que lui et nous avions la pétoche de travailler ensemble car nous allions nous battre ! C'est le genre de personne à rester sur ses positions 'No, j'aime ça seulement !'. Bien entendu Nicke et Dregen sont proches car ils ont joué ensemble dans les Hellacopters. Et c'est un très bon ami du groupe, et nous le respections beaucoup car c'est un musicien talentueux. Mais c'était un défi pour lui aussi. C'était sa première expérience de production avec un gros groupe, et pour nous c'était la première fois que nous engagions un ami. Je déteste quand une maison de disque te choisi ton producteur, et le mec s'en fout du groupe. Il prend l'argent et dit 'ouais, on fait comme j'ai l'habitude de faire'.






Es-tu content du résultat ?
Ouais beaucoup ! Comme je l'ai dit, au début c'était un peu dur de travailler comme ça, car nous sommes plus habitué à travailler de manière perfectionniste. C'est dur de laisser du lest, de dire 'ok, on garde cette version', quand tu sais que tu peux jouer un peu mieux. Mais peut-être que c'est mieux. C'est une période où tu te dis que le rock n roll, c'est comme ça.

Comment avez-vous choisit la photo pour la pochette ? Que représente-t-elle pour vous ?
C'est une histoire assez bizarre ! En fait, cette photo ne représente rien ! Il y a ce gars, je n'ai jamais travaillé avec lui avant, mais il a fait plein de pochettes de disques et de trucs dans ce style, et il a un hobby particulier, il collectionne les vieilles photos qu'il trouve dans des brocantes, et les albums de photos de familles, des trucs qui ont plus de 100 ans ! Et il a trouvé cette photo dans un des albums. Et c'est une image vraiment bizarre, on ne sait pas si c'est en Suède,ou au Minnesota ou je ne sais où !  Ces filles sont assises derrière une ferme et tout le monde fume ! Nous avons commencé à aimer cette image de plus en plus. J'y vois un mélange entre '1984' de Van Halen et 'Nevermind' de Nirvana. La photo sur le disque de Nirvana, c'est une photo achetée. Celle-ci a plus de 100 ans ! Nous avons pensé qu'elle est juste super. Et les photos dans le reste du livret sont dans le même ton que celle de la pochette. Ce sont des belles photos d'extérieur. Elles ont été prises en dehors de Stockholm, il y avait de la neige et il faisait vraiment froid. Tu devrais voir la pochette de notre nouveau single, 'Dysfunctional Professional', c'est exactement la même photo, mais avec des mannequin de chez Playboy, qui boivent du vin et qui fument, et avec des couleurs plus brillantes.





Vous avez tourné aux USA et en Europe avec Social Distortion. Quels sont vos meilleurs souvenirs de cette tournée ?
Tout d'abord c'est un honneur que Social Distortion nous ai réclamé pour faire leur première partie. Avec les années, nous sommes devenus de bons amis. Ce sont des personnes extra, leur équipe est super, j'aime Mike beaucoup. Je connais sa femme et ses enfants. Nous avons une relation spéciale je pense, ce n'est pas commun de nos jours, ont a l'impression que les gens ont peur, ou un truc comme ça. Enfin, personne ne peut vraiment déconner avec Mike Ness. Même les gars de leur équipe sont intimidés. Et lors du dernier concert sur la tournée, c'était à Munich, nous devions faire un truc marrant pour déconner avec le groupe principal. Les roadies nous ont dit 'Non, ne faites pas ça, Mike va être en colère'. Alors sur l'ampli, il a un fez. Dregen et moi avons mis une fausse moustache, et nous avons mis le chapeau, on aurait dit des cheiks égyptiens ou un truc dans le genre ! Et Mike s'est écroulé de rire, en disant 'allez vous faire foutre les gars'. Les roadies avait peur qu'il se fâche, mais il a rigolé 'vous êtes vraiment des idiots' ! C'est un bon souvenir de la tournée, et après ce show nous étions de bons amis.

Peux-tu nous parler de votre tournée aux USA ? Comment le public a-t-il réagit ?
Nous sommes allé aux USA souvent. Après 'Total 13', puis nous avons fait une tournée pour 'Making Enemies Is Good', puis seulement un concert pour 'Stockholm Syndrome', et puis nous y sommes retournée, et ils ont sortit 'Trinitium', juste pour présenter de nouveau le groupe au public. Les USA, c'est bizarre. C'est un grand pays pour tourner, tu pourrais tourner pour toujours sans vendre plus de 10 000 disques. Et c'est corrompu en ce qui concerne le business de la musique. Les majors sont tellement effrayé de mettre de l'argent dans le mauvais groupe. Il n'y a que 'American Idol', et ce virus c'est répandu ici en Europe, avec des merdes comme 'Fame Factory', ou 'Star Academy'. Tout ce que tu peux faire c'est d'aller là-bas, continuer à jouer, continuer d'essayer de leur dire que c'est comme ça qu'on doit faire. Les gens apprécient que nous allions là-bas pour jouer et tourner. Et depuis que nous avons signé avec Century Media, ils font vraiment des efforts pour promouvoir cet album. Il sort aux USA cet été, et nous commençons à tourner là-bas fin septembre. Je ne sais pas encore si nous serons en tête d'affiche ou en première partie. Mais nous allons mettre la gomme pour se faire connaître. Les USA crient pour avoir des vrais groupes de rock !

Tu préfères tourner en Europe ou aux USA ?
Comme je l'ai dit, c'est tellement différent. Mais en même temps c'est pareil, le public rock n roll est le même. Les promoteurs en Europe sont super contents d'avoir des groupes qui jouent. Aux USA, c'est  : 'estimez vous heureux de pouvoir jouer ici'. Ils nous demandent si nous sommes de Suède ou de Suisse. 'de Suède'. 'ah ouais, c'est là où ils font les montres ?' ; (rires).

La dernière fois que nous nous sommes vu c'était à Paris. Et finalement vous avez décidé de sortir ce show de la Maroquinerie pour votre live officiel. Pourquoi avoir choisit ce show ?
Eh bien, tu as vu le show, ouais ?
Ouais !
Je pense que c'était une nuit magique. Nous avons enregistré un truc comme 26 concerts, et après un petit moment nous oublions que nous enregistrons. Je n'attendais rien de Paris. Nous avions joué à la Boule Noire, c'était bien, et nous n'avions jamais joué à la Maroquinerie. Quand nous avons commencé, c'était complètement plein, tout le monde était en sueur, le public gueulait très fort, et nous étions vraiment bons. Quand nous sommes rentrés à la maison, j'avais ces bandes des 26 concerts. Et je me suis dit 'ok, par où commencer ?' J'ai dit à Peder 'on va écouter le show de Paris', parce qu'il était vraiment cool. J'ai écouté le concert en intégralité : 'Voilà, c'est celui là qu'il faut mixer !' Sérieusement, nous avons enregistré quelques guitares additionnelles car le son a merdé quelques fois, mais le public, ma voix, la basse et la batterie, c'est exactement les prises du show. Nous avons seulement enlevé une chanson pour que cela rentre sur le CD.
Sur la version japonaise il y a 'Say When' en plus
Ah bon, ok, alors nous avons enlevé deux chansons ! Les japonais veulent toujours du matériel en plus, je sais pas pourquoi !

Que penses-tu de tous ces jeunes groupes de rock en Suède ? Est-ce que tu en écoutes ? Est-ce que cela te rappelle les débuts de Backyard Babies ?
Je suis vraiment mauvais pour écouter des trucs récents. Je pense qu'il y a une mode avec les groupes suédois. Mais la Suède a toujours eu des bons groupes.

Peux-tu nous parler de ta participation à la reprise de 'King Of Fools' des Bones ?
Je suis un bon pote au Bones. Il m'ont dit qu'il voulaient faire un album de reprises avec des invités. C'était il y a deux ans au moins. Au début nous avions parlé de faire 'I Wanna Be Sedated'. Je voulais vraiment faire une chanson de Social D, cela aurait été super ! Nous nous sommes dit 'faisons là dans le pur style de Johnny Cash'. J'aime le groupe, et j'aime cette version. Mike aussi d'ailleurs !

Quels sont vos projets à venir ? Vous aller tourner, retourner aux USA ou prendre des vacances ?
Nous allons continuer à tourner. Si tu voyais mon agenda, je n'ai que 5 jours d'affilé de libre cet été. Ma petite amie me dit 'Qu'est ce qu'on fait cet été ?' ; je lui réponds 'Je ne sais pas ! ' Nous allons jouer dans pas mal de festivals cet été, puis nous allons faire cette tournée 'Where The Action Is' avec les Hellacopters, les Hives, Millencolin et Soundtrack Of Our Lives, malheureusement ce n'est qu'en Scandinavie. Et ensuite le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, et les USA. Puis de nouveau en Europe.

Un dernier mot pour les lecteurs de cette interview :
J'aime vraiment jouer partout, mais il y a un truc de spécial avec Paris et la France en général. Et je ne dis pas ça juste parce que ma copine est à moitié française, et que je passe beaucoup de temps dans le sud de la France. Pour moi la France est vraiment proche de mon coeur, et j'essaye d'apprendre la langue, mais c'est dur !
Tu peux nous dire quelques mots en français ?
Putain ! L'addition s'il vous plaît ! Merde ! (rires) J'espère que nous repasserons cet hiver pour jouer dans une salle plus grande.
Et un tout dernier mot, pour les fans suisses :
Rejoignez la CEE et j'emmerde vos douanes ! (rires)


 


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