TRACY GANG PUSSY
(Regan)

 

Interview téléphonique par GlamQueenSpirit et Jean-Pierre le 13.03.2007


Vu Fois

Salut les gars, alors vous voici de retour avec un nouvel album, et une tournée préliminaire. Comment se passe la tournée? Jouez-vous des nouveaux titres? Comment sont-ils accueillis par le public?
La tournée a été très longue, on a tourné toute l’année dernière. On a joué en Allemagne, l’an dernier, et on était en République Tchèque il y a moins de 10 jours. Nous n’avons joué presque que des nouveaux titres. Mais nous ne sommes pas très connus à l’étranger car nous sommes mal distribués. Par contre nous avons toujours eu un bon accueil de la part du public.

Vous jouez souvent en Allemagne, et dans d'autres pays d'Europe. Est-ce plus facile de tourner là-bas qu'en France?
Totalement. En Allemagne il y a beaucoup plus de clubs, plus de 150 je crois. Il y a un public, une scène et une culture que l’on n’a pas en France.
A l’étranger, les conditions sont meilleures qu’en France, l’accueil est fameux, et nous n’avons jamais eu de mauvaises retombées.
En France le public est absent car les affiches ne sont pas mises ou elles sont recouvertes immédiatement, de plus il y a une mauvaise communication de l’information, la publicité est mal faite, ce qui donne l’impression que la promo est absente. Donc les personnes qui pourraient être intéressées ne sont pas forcement au courant qu’il y a un concert de prévu Les gens ne vont pas tous les jours voir les dates sur le site.
Mais quand tu te fais chier à faire 600km, et que le public n’est pas là c’est agaçant. Au final c’est une perte de temps et d’argent car c’est le groupe qui finance.

En plus de l’absence de public il faut ajouter le problème de trouver un lieu ou jouer, ce qui est difficile car soit il n’y a pas de salle, soit il n’y a pas d’organisation. (Dans le sens association, organisateur)

Comment réagit le public quand ils vous voient sur scène et qu'ils découvrent que vous êtes français?
Ils croient que nous sommes suédois, quand on leur dit que nous sommes français les gens ne nous croient pas car les groupes ne cherchent pas à s’exporter et à se faire entendre. Le public est étonné, mais dans le bon sens, un sens positif, pas un sens négatif, d’apprendre qu’on est français.
Il faut se donner les moyens et le temps si on veut réaliser quelque chose, il ne faut pas baisser les bras, il surtout il faut être motivés.

Sur votre nouvel album maintenant. Déjà ce titre, 'Paris Sucks', c'est un 'hommage' à la scène musicale française actuelle?
Entre autre ! C’est valable pour tout ce qui se passe en France. Il y deux raisons à ce titre. La première c’est que lorsqu’en province, on dit aux gens qu’on n’aime pas Paris, ça les choque. Pour eux Paris c’est les concerts, pleins de choses à faire Mais nous on vit à Paris, on en a une image différente, et les gens ont du mal à le comprendre.
L’autre raison c’est qu’on veut casser l’image de Paris qu’ont les étrangers. Pour eux Paris c’est magnifique, romantique, glamour. Mais en réalité ce n’est pas le paradis, ça pue quand on prend le métro, c’est gris, y a même des quartiers ou les gens se font dépouiller.
Le but n’est pas de dire que Paris ça craint, mais juste de dire que cette ville n’a pas que des bons cotés, elle en a aussi des moins bons.

Pouvez-vous nous parler du contenu, des titres qui nous attendent?

Il n’y a aucun titre que je n’aime pas. Cet album reste dans la même veine que « Black » : du punk/ glam. L’album est plus mélodique, plus travaillé, moins 1, 2, 3, 4 on y va. On a tous apportés notre contribution à la composition. Il y a aussi des harmonies en plus au niveau de la guitare et de la basse.

Au niveau du son, vous avez travaillé avec Thomas Skogsberg, que retenez-vous de cette expérience? Que vous a-t-il apporté?
On en retient un super plaisir. Avant on n’avait pas les moyens d’aller en Suède. C’est un rêve qui c’est réalisé. Ca nous donne un son spécifique, un son comme celui des « Backyard Babies » et des autres groupes suédois. Bref, un meilleur son.

La scène scandinave est très prolifique en ce moment, et surtout de qualité. Est-ce que c'est ce qui vous a motivé pour aller là-bas pour mixer l'album?
Ce qui nous a motivés c’est de pouvoir bosser avec les groupes qu’on apprécie qui nous inspirent. J’ai halluciné quand j’ai vu dans la rue les looks des gosses de 14 ans avec leur coupe en pétard et leur t-shirt Motley. On ne voit pas ça en France.
Musicalement, le son de la production est différent là-bas, c’est la touche scandinave. Au final ça donne un style différent de ce qui peut sortir en France.

Alors maintenant, pensez-vous aller tourner en Suède? Votre style de musique serait bien accueilli là-bas! Avez vous des plans pour une tournée scandinave?
On aimerait beaucoup aller en Suède, au Danemark, en Norvège, bref en Scandinavie. Normalement c’est prévu pour octobre. On est allé en voyage là bas, et on a rencontré plein de monde, on a même des fans là bas. On sera bien accueilli à ce niveau là. Par contre c’est galère pour trouver une salle, c’est comme en France. Mais une tournée est en train de se monter, on a des plans.

Malgré tout, vous faites quelques concerts en France. Pensez-vous qu'un groupe qui joue votre style de musique puisse réellement percer en France? Vous y croyez? Ou bien il faut obligatoirement faire des compromis pour espérer une distribution plus large dans notre pays? Quel est votre avis là dessus?
Notre style n’est pas très reconnu mais malgré tout on y croit. On a un public jeune, avec une « base » plutôt néo et co, ce qui est un peu étonnant. On a plein de gens qui nous suivent. Quand on a commencé on nous a fermé pleins de portes. Mais on a persévéré et au final, maintenant, ça se passe bien.
Faire des concessions, non, c’est hors de question pour l’instant car nos ventes ne sont pas énormes. Si un jour ça change, on verra à ce moment là. Par contre il faut tous les membres motivés. S’il y en a un qui ne peut pas venir jouer parce qu’il a l’anniversaire d’un copain ou un autre truc dans le genre, ça ne peut pas marcher.

Avez-vous pensé à vous expatrier?
Moi tout le temps. Mais on est 4. Il y a eu un moment ou on en a eu ras le bol, on a pensé à partir. On s ’est dit que ça serait plus facile là bas. Et je pense qu’en effet ça aurait été plus facile là bas. Au final on a décidé de rester. Mais pourquoi pas si un jour ça bloque. Il faut mettre toutes les chances de notre coté.

Vous avez tourné avec pas mal de groupes, et vous avez quelques belles affiches en perspective. Quels bons souvenirs gardez vous de vos tournées ces dernières années?
On en garde beaucoup de bons souvenirs. Déjà d’avoir voyagé, ensuite d’avoir joué en Roumanie avec Exploited.




En république Tchèque on a joué devant des salles sold out et devant un public qui connaissait les paroles alors qu’on n’est pas distribué dans le pays.
Le 24 avril on sera à l’Elysée Montmartre pour le festival ‘Give It A Name’ avec AFI en tête d’affiche, un groupe punk américain que le groupe au grand complet adore.


Pensez-vous que la vie sur la route et la découverte de tous ces pays permet de mûrir au niveau des compos? Est-ce que ces expériences à l'étranger vous ont aidé à trouver l'inspiration pour le nouvel album?
Ouais, totalement. D’ailleurs le titre « Take Me », présent sur notre myspace, parle de ça, d’aller sur la route. L’album est plus sombre que ses prédécesseurs car on est dégoûtés d’être rentrés, sur la route on s’éclate. Ca fait mûrir.


Bon, il y a quand même quelques bons groupes de rock en France. Des noms!
Highschool Mother Fuckers ! Perso j’aime beaucoup Amanda Woodward, je n’écoute pas du tout de métal, mais du punk, du glam et de la country.

Vous avez fait venir DJ Jinxx d'Allemagne pour la sortie de votre album, pouvez vous nous parler de ce 'personnage'?
Mortel ! On l’a rencontré par myspace, on a joué chez lui car il a un club. Ce fut notre premier contact à l’étranger. On a passé deux soirs supers dans son club. Puis on est resté en contact et on s’est revu par la suite. Il voulait venir en France pour un week end, découvrir Paris. On en a profité.

Il semble quand même qu'il y ait un public pour le sleaze/glam en Europe, et même aux USA avec le succès de groupes comme BUCKCHERRY. Que pensez-vous qu'il manque au glamrock des années 2000 pour percer comme dans les 80's?
La promo tout bêtement. Il faut toucher les jeunes, mettre le groupe à leur portée. Mais pour ça il faut avoir accès aux radios, à la TV, et donc avoir plus de diffusion.


Vous utilisez myspace. Que pensez-vous de cet outil? Est-ce un bon moyen pour se faire connaître?
Totalement, merci myspace. C’est ce qui a permis de faire la tournée, de se faire connaître, de faire la promo. Grâce à cet outil il n’y a pas besoin d’avoir quelqu’un derrière, un label ou autre, un petit groupe peut se débrouiller tout seul.
Au milieu des 80’s aux USA, un groupe pouvait être signé chez un major après moins de 10 concerts. Ca n’a jamais été le cas en France.

On fait une interview pour hardrock80, alors j'aimerais bien tester vos connaissances sur les groupes phares des 80's. C'est parti :
Comment s'appelle le premier album de Vain?
No Respect
Qui est le chanteur de Faster Pussycat?
Taime Downe
De quelle origine est le groupe Shotgun Messiah?
Suède
Steve 'Sex' Summers est le chanteur de quel groupe?
Pretty Boy Floyd
En quelle année est sorti 'Appetite For Destruction'?
1987
D-A-D, ça veut dire quoi?
Disneyland After Dark
Finissez cette phrase: 'Open Up And Say...'
Ahh !!!
De qui est l'originale de la reprise de Poison 'Your Mama Don't Dance'?
Je ne sais pas.
Ndl : Loggins et Messina. Célèbre duo de country américain des années 70’s (séparé en 1976 et reformé en 2005).

Un dernier mot pour finir ?
Merci beaucoup !
Allez jeter une oreille sur l’album et à bientôt en concert.

Et une petite dernière: D’où vient le nom du groupe ?
Je crois qu’on y a déjà répondu lors de notre précédente interview.
Tracy pour Tracy Lords
Gang pour les membres du groupe
Pussy, pour ce qu’une fille a entre les jambes.

OK, merci pour cette interview, et bonne chance pour l'album! On se voit sur la tournée!


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