SHANNON

 

Interview par Metalefice le 09.06.2007


Vu Fois


World Of Desire



 

C'est après leur concert du 9 juin 2007 et la présentation de leur nouvel EP au public Parisien que les membres de SHANNON ont bien voulu répondre aux questions posées par HardRock80.
Après un premier album très bien accueilli par la critique en 2003, ils nous reviennent plus motivés que jamais avec ce nouveau 5 titres sous le bras qui laisse présager un second album de haute volée.



Bonsoir à tous et merci, tout d'abord, de répondre à nos questions.
Sur les différents sites web, que ce soit le Site Officiel ou sur MySpace il y a une toute petite histoire de Shannon. Je sais que l'on vous pose la question à chaque interview mais si vous pouviez nous donner un tout petit peu plus de détail car sur le site, cela arrive comme un cheveu sur la soupe…
Olivier : c'est pour que les gens viennent nous poser des questions (rires). L'histoire de SHANNON…. Comment on va dire ça ?
Thierry : elle n'est pas toute jeune, cela fait une dizaine d'années, quand même… C'est passé, ça y est ! On a raté l'anniversaire…

Pat :
cela remonte à 1996 déjà, à l'origine, Thierry et moi. Avant j'avais fait quelques groupes pas trop connus, sauf peut être LYNX en 86, dans sa seconde mouture.
Après, j'avais raccroché la guitare pendant quelques années et puis j'ai rencontré Thierry et comme il était à fond Toto, Bryan Adams..., nous avons décidé de faire des reprises, uniquement pour nous amuser!
Petit à petit, nous en avons eu un peu marre des covers. Seulement, ni lui ni moi ne savons bien chanter. Donc, nous avons commencé à chercher des chanteurs et Olivier quittait JANNYLEE à ce moment là et je l'ai contacté et le reste s'est fait naturellement. Voilà, depuis 98, nous sommes trois. Nous avons commencé à donf à faire des compositions. On ne cherchait pas particulièrement à faire un album. Mais on a fait une démo qu'on a pu faire écouter à droite à gauche. On l'a envoyé à l'époque à certains labels et 3 labels dont 2 étrangers étaient interessés. Nous avons opté pour un label français parce que c'est vraiment plus facile.
Nouvel EP 2007 - Cliquer pour accéder à la chronique
Olivier : En même temps, c'est une histoire de proximité, c'est beaucoup plus aisé pour nous. C'est vrai que, notamment, ESCAPE était prêt à signer l'album en l'état de démo mais qui de notre point de vue n'était pas à la hauteur en terme de prod.
On est donc repasser en studio et on a pu sortir quelque chose d'une qualité franchement supérieure à ce qui était fait au départ. Pour poursuivre l'histoire, on s'est retrouvé avec une signature, avec un album qui sort, on s'est regardé et on s'est dit : "Si on peut faire un peu de scène c'est bien. Mais là il nous faut une basse et une batterie.

Il y a eu plusieurs changement de line-up et nous avons bossé avec Max qui était chez HEAVENLY, qui a tourné une petite année avec nous. Nous avions enrôlé aussi Claude, qui était l'ancien bassiste de DER KAISER et qui est aujourd'hui bassiste avec ADX et TAI PHONG.
Nous avons tourné un petit peu ensemble. Puis, Max s'est consacré à son groupe avec d'autres ex Heavenly et Claude est parti reformer ADX.
Donc on s'est mis à la recherche d'une nouvelle section rhytmique et nous sommes tombés sur les deux là (rires)…
Thierry : c'est eux qui nous sont tombés dessus à vrai dire…
Olivier : On a commencé avec Benji… Il faut qu'on te raconte quand même parce que l'arrivée de Benji dans SHANNON, c'est énorme ! On l'auditionne, tout va bien. Et on lui fait " Bah mon gars, on a un concert dans 15 jours, tu as 15 morceaux à enquiller "
Benji : Oh là, pas tout à fait… Ce n'est pas moi qui devais assurer ce concert. Le concert était deux mois après. Mais le batteur s'est planté en bagnole, ils m'ont appelé et m'ont dit " Voilà, t'as pas 15 jours…T'as 12 jours "

Olivier : le problème c'est qu'on était tête d'affiche sur les Rockalies et on ne pouvait pas lacher la date. A la limite, tu fais partie d'un festival, tu décroches du truc…Mais quand tu es tête d'affiche, tu ne décroches pas ! Pour le groupe en terme d'image, ça le fait pas… Quand tu t'engages sur quelque chose, tu vas au bout. Le père Benji, il s'y est collé, il a sué jours et nuits et il nous a assuré le concert correctement. Et après, Nico est arrivé en remplacement de Claude…
Nico : On jouait déjà ensemble avec Benji.
Olivier : Ouais, ils jouaient ensemble depuis pas mal de temps et pour nous intégrer un " basse - batterie " qui tourne déjà depuis X années ensemble, c'était très bien en terme de cohésion…
Benji : Parce qu'on est mari et femme, en fait… (rires)
Olivier : Ce qui est intéressant et ce qui a apporté pas mal de bouleversements dans notre façon de fonctionner, en fait, c'est que ni Nico ni Benji ne viennent du Hard. C'est vrai que lui (Benji), si on lui avait dit qu'il ferait du hard un jour, il se serait laisser pousser les cheveux…
Benji : on m'aurait dit ça, je n'y aurais pas cru
Olivier : Nico est beaucoup plus jazzy à la base…
Nico : ouais, jazz, funk, salsa…
Benji : Et un peu de Bézu aussi… (rires)
Nico : Et donc, je ne connaissais pas du tout l'univers Hard Rock. J'écoutais et j'adorais AC/DC, TRUST. Je jouais dans TAI PHONG avec Benji et il m'a proposé de venir dans SHANNON. C'est une façon d'aborder le groove d'une façon totalement différente. Comme le dit Olivier, ce qui est intéressant, c'est qu'avec Benji, on apporte une couleur, une façon d'aborder le…
Benji : On apporte un groove différent
Nico : Tout en restant cohérent avec l'ensemble

Et au fait, pourquoi ce nom de SHANNON ?
Thierry : Et pourquoi pas ? Bon, si tu veux, au départ, on voulait s'appeler ROBERT (rires) mais, ça sonnait un peu moins bien.... Nous avons cherché des noms et après coup, quand on a choisi, on a trouvé que SHANNON collait bien à notre image.
Olivier : Il y a surtout le fait qu'on ne voulait pas tomber dans le cliché du nom métal… SHANNON, ça passe partout.
Thierry : Et puis ça interpelle en même temps… SHANNON, c'est quoi ?
Olivier : De toutes les façons, quoique tu choisisses comme nom, tu ne feras pas l'unanimité. Tu as celui qui te dit " ça le fait " et celui qui dit " moi j'aime pas du tout "… Lâche le nom et écoute la musique. Après tu diras !

En écoutant d'abord l'album de 2003 puis le EP, dans l'album on entend vos influences, de façon très brute.. Sur " Billion Dollars Rain ", par exemple, c'est du QUIET RIOT pur. Alors que sur l'EP, c'est beaucoup plus diffus, comme si cela avait été vraiment bien digéré. C'est voulu ?
Olivier : Non.
Benji : C'est la maturité
.
Olivier : Je pense qu'à un moment, le premier album, comme tous les premiers albums de n'importe quel groupe, a tous les avantages et les inconvénients d'un premier album. Tu as le côté très frais, très brut de pomme, très direct.
Et en même temps, les influences, de toutes les façons, tu ne passes pas à côté. Quand tu commences la musique, avant d'acquérir la propre personnalité du groupe, tu as toujours ce que tu écoutes depuis que tu es gamin… C'est marrant parce que QUIET RIOT, tu lances cela comme ça, mais en terme d'influence, on ne peut pas dire, pour chacun d'entre nous, que ce soit une influence particulière. Si on parle des influences de chacun, c'est différent !
Benji : Bah, justement, quand tu parles du EP, il y a deux personnes qui ne connaissaient pas du tout QUIET RIOT. (Alors maintenant, je saute sur Internet et je vais voir qui c'est ceux-là.) Je pense qu'ils ont un petit peu modifié leurs compos et nous, on a aussi modifié leurs compos sur nos parties à nous. Tous ces breaks qui tombaient " pur hard rock ", ils ne tombent plus du tout comme cela… Moi, ils tombent Fusion, Jazz Rock, Hard Rock… J'ai un peu un melting pot que je me suis fait grâce à eux. Il y a une évolution de ma part en Hard Rock, et il y a une évolution de leur part dans ma direction. Et pareil avec Nico. Et du coup c'est vrai que ça donne un EP qui est plus abouti, les influences de chacun sont beaucoup plus diffuses, confuses et en même temps, ça tombe vraiment tout droit. Ca reste Hard Rock mais avec ce côté groovy, on rajoute un petit peu plus de finesse, des petites choses sympas, des…
Olivier : y'a un côté Woodstock…

Tu parlais des autres influences de chacun d'entre vous
Olivier : Oui, après je laisserai parler un peu plus Benji et Nico. Parce qu'en même temps, je ne suis pas féru de Jazz Rock, je n'écoute pas du tout ce genre de chose. En ce qui me concerne, le Hard, c'est quelque chose de très très large. J'écoute EUROPE, BON JOVI mais à côté, je vais écouter SLAYER et TESTAMENT. C'est super vaste. Avec quand même des influences rock. Mon groupe favori, c'est WHITE LION. J'écoute aussi WHITESNAKE, DOKKEN… C'est plus le chanteur qui parle là, j'écoute des groupes avec des chanteurs, des voix, j'aime beaucoup DIO. C'est vrai que si on occulte le côté " chant ", j'écoute du MAIDEN, du AC/DC, toute la vague des années 80. La seule chose ou j'ai un peu de mal, c'est la vague du Death Metal, du Black. Mais il n'y a pas que du mauvais dedans !
Thierry : Moi, je me limite à de l'AOR, j'aime pas trop quand cela devient un peu trop métal, je reste très mélodique, quand cela devient un peu trop brutal…j'adore Jaded Heart, Gotthard....
Olivier : Ouais, avec l'âge, hein ? (rires)
Thierry : Pour Pat, c'est un peu plus pêchu
Pat : Moi, c'est pareil qu'Olivier, le Trash en moins...j'aime bien Firehouse, Harem Scarem, Def Lepp, Kiss...
Nico : Moi mes influences, c'est le Funk, le Jazz, donc effectivement, cela n'a rien à voir. Mais je pense que pour un morceau comme " No More Lies " il y a une ligne de basse qui est très chargée qui me fait penser à de la Fusion, parce que j'adore tout ce qui est Jazz Rock et Fusion, c'est très technique. D'ailleurs, il y a beaucoup, dans les compositions de SHANNON, de lignes de basse très techniques, très intéressantes. Mais c'est sur que pour les influences, je vais colorer la musique de SHANNON, mais on vient de deux univers différents.
Dédicace de SHANNON à HardRock80 sur le Flyer du concert à la CANTADA
Benji : Oui, j'ai à peu près les mêmes influences que Nico, je suis très très très Jazz Rock CHICK COREA, ELECTRIC BAND et évidemment ces batteurs US, on les retrouve un peu partout. Ils font du Hard Rock, je vais prendre l'exemple de JOURNEY avec Steve SMITH, il est super balaise. On parlait des STONES, eh bien Charlie WATTS, c'est un ancien batteur de Jazz. C'est pour cela que lorsque j'ai écouté SHANNON sur leur site, il y avait " Reach For The Sky ", avec de la double pédale. Et là, je me suis dit OK… (rires) J'ai rien à foutre là. Et en même temps, c'était sympa et j'ai pris cela un peu genre défi, essayons d'aggrandir notre culture musicale, la technique, parce que je n'avais pas du tout la technique pour la double pédale, et maintenant je commence à me sentir à l'aise dans ce style et je suis super content de la jouer …
Des concerts comme ce soir, il n'y a pas cette couleur Hard Rock très violente… Mon jeu a changé quand même, j'avoine un peu plus, mes baguettes ne résistent pas, mais j'ai toujours cette petite couleur sur les cymbales, j'essaie toujours de conserver cette finesse qu'a tout ce qui est Jazz Rock, Fusion…

Thierry : C'est vrai, par exemple, que dans le cas de Nico, il a un forte couleur Fusion et on pourrait se demander ce qu'il fait là. Mais chacun trouve sa place, chacun s'y retrouve et on s'éclate comme des bêtes.
Nico : C'est vrai, moi, je pensais que le Hard Rock était une musique assez fermée. Et je l'ai découverte et ce que j'apprécie avec les créateurs, Thierry et Pat, c'est qu'il ont su s'ouvrir et faire évoluer la musique en intégrant des gens qui ne viennent pas du Hard.
Olivier : Cela s'est fait super naturellement.
Thierry : On s'est adapté, chacun s'est adapté à chacun. On sait ce que notre musique attend d'une section rythmique et cela dépote maintenant. On se retrouve chacun dans son élément de prédilection. Mais, même avec ces diverses influences, ça reste du HARD ROCK!

Etes vous complètement satisfait du son qui sort de l'EP ? J'ai senti vraiment un décalage entre votre prestation et ce que j'ai entendu.





Olivier : L'EP, il faut que tu intègres bien que c'est à la base une démo. Tout ce qu'on travaille passe en studio. C'est vraiment ce que l'on peut sortir de l'enregistrement. Après c'est vrai que de toutes les manières, les morceaux qui sont sur l'EP, il y a des choses qui vont être retravaillées et d'ailleurs certaines l'ont déjà été, les sons de guitare ont été réenregistrés essentiellement, les mix sont refaits. Là, le EP, c'est vraiment la sortie démo pure. Après c'est aussi intéressant. Et surtout de se dire, même si j'écoute le EP, même si j'écoute l'album qui va sortir, l'intérêt avec le groupe c'est d'avoir quelque chose qui sonne sur scène comme le EP mais avec le petit truc en plus qui fait que c'est la même chose tout en ne l'étant pas. C'est ça, l'intérêt d'un live. Parce que si tu ressors exactement ce que tu fais sur album, il n'y a rien à apporter, autant rester chez toi ! C'est le petit truc que tu apportes en plus. Et cela sonne pareil mais ce n'est pas du tout la même chose…

Si j'ai pigé un peu l'histoire, le EP c'était la manière de prendre date. On parle d'un album à venir. Vous avez des news là dessus ? C'est encore top secret ?
Olivier : Non, non, il n'y a rien de top secret. Oui, on a des touches sérieuses. En même temps on a expédié des démos à droite à gauche, on a deux gros labels qui sont intéressés, des labels allemands qui disent " Oui, le truc le fait, je suis prêt à travailler avec vous. Seulement ce serait bien que l'on remonte un peu le son de gratte, et qu'on fasse une prod un peu plus travaillée " Voilà. Si tu veux, nous travaillons de façon très méthodique et on s'est dit que nous n'allions pas investir un pognon monstre pour avoir un produit fini si à la base le mec n'est pas intéressé par les morceaux. Si le mec me dit " oui, ce que tu fais m'intéresse " et à ce moment là, ça passe par un travail de prod un peu plus approfondi, OK.
Thierry : On voulait avoir un bon nombre de morceaux pour faire un album avec du répondant derrière. Pour le premier, on avait mis tout ce qu'on avait alors que là, on en a encore sous le pied. On investit à plus long terme. On a les compos, on a les morceaux, il ne reste plus que la prod qui va faire la différence. Il faut avoir le son. On a beau avoir les bonnes compos, si on a un son médiocre ou qui fait amateur, ça va pas. En plus l'image de SHANNON, c'est de donner le meilleur de tout, au niveau des musiciens, au niveau de la compo, on essaie d'aller au bout et on fait ce qu'on sait faire. Pour la prod, c'est la même chose de façon à être au top pour pouvoir se comparer aux plus grands.
Olivier : Ce n'est même pas se comparer aux plus grands.
De toutes les façons, dès que tu vas sortir quelque chose sur le marché, tu ne te frottes pas à la scène française, tu te frottes direct à la scène internationale. Et que tu le veuilles ou non, il faut pouvoir tenir la distance à côté de ces groupes là. J'en ai, moi, un petit peu ras le bol d'entendre " Ah, ça sonne bien pour des français " Non, quand tu sors un album, tu te retrouves en concurrence avec des groupes internationaux. Quand GOTTHARD sort un album, je suppose qu'on ne dit pas " Ah c'est bien pour des suisses " ! Il n'y a pas le choix. Si tu ne soutiens pas la comparaison avec ces groupes là, ce n'est pas la peine. Ou alors, tu prétends à rester chez toi dans ton garage et c'est la fête au village.
Thierry : Ce qui est intéressant, c'est que les chroniques qu'on a pu avoir sur l'EP ne faisaient pas référence au fait qu'on soit un groupe français. Même celles des américains. Ce qu'on peut lire sur l'EP, c'est plutôt positif. C'est un peu notre challenge pour le deuxième album : qu'on se compare à la scène internationale.

Pouvez vous nous dire ce que contiendra cet album. Sera-t-il dans la lignée de l'EP ou y aura-t-il des surprises radicales, genre un morceau de Jazz Fusion plein pot ?

Tous : NON NON !!!

Benji : Non, la Fusion, c'est juste une couleur. Et ce ne serait pas intéressant !
Olivier : le reste est de la même veine
de ce que tu entends sur l'EP. Tu as entendu les morceaux de ce soir, qui ne sont pas sur l'EP, ça reste du SHANNON… Après tu prends un morceau comme " No More Lies ",
qui est un morceau hard groovy comme le font des groupes comme TALISMAN et tu comprends ce que Nico te disait sur ses lignes de basse tout à l'heure. On est sur un son saturé avec un truc bien hard au niveau des grattes mais derrière, tu dépasses le côté metal traditionnel. Sur l'album, ce qu'on peut dire, c'est que ce sera de cette veine là.

Dans le futur immédiat, je suppose que vous avez pas mal de projets, il y a la Fête de la Musique qui approche…
Olivier : Oui, on va aller regarder les autres, ça changera.
Pat : Pour la Fête de la Musique, ce n'est pas toujours évident, c'est un peu comme une grande kermesse où il y a les stands, une grosse scène et on a pas beaucoup cherché. Nico part en vacances demain. L'année dernière, on avait de supers conditions, une belle scène, il y avait énormément de public. Cette année, c'est vrai qu'on n'a pas trop cherché, on s'occupe du deuxième album, on s'occupe de la réédition du premier, on a des petits soucis avec l'ancien Label, on va pas trop charger…

Vous tournez un peu cet été ou vous prenez des vacances " coupure complète " ?

Olivier : Non, on s'occupe de l'album. Tu verras comment je serai bronzé, tu vas comprendre (rires)
Benji : On travaille !
Pat : On a un planning d'enfer mais on va continuer à démarcher les labels, comme Olivier te disait tout à l'heure, on continue. On veut à tout prix avoir le son de guitares, travailler là dessus et pas rater le coup. En même temps, continuer à composer. Le live c'est une chose mais on continue à avoir de la matière qui permet de ne pas se faire piéger. Si en studio on est obligé de faire du remplissage, ce n'est pas à l'image de SHANNON. On a un peu ce défaut, c'est qu'on prend parfois notre temps, entre guillemets, car l'album date de 2003 mais c'est aussi un gage de qualité de proposer de bons morceaux....et ça, ça prends du temps!
Olivier : il faut être clair sur une chose, au moment où tu sors ce premier album, tu prends cela comme un aboutissement alors que ce n'est pas cela du tout. Et tu te dis " Voilà, j'ai fait un album ". Ce qu'il aurait fallu, aurait été de commencer à bosser direct sur le suivant. Et quand le second va sortir, le troisième sera au trois quart composé. On ne refera pas deux fois la même bêtise.

Cela semble être devenu une mode, chaque membre des groupes ont des side projects. A vous entendre, ce n'a pas l'air d'être votre truc, cela ?
Silence ...
Olivier : Oui, moi, j'en ai eu un, que je n'ai plus d'ailleurs. Comme SHANNON était en phase de composition et que nous ne donnions pas de concerts, je disposais de temps pour faire quelque chose d'autre. En même temps, c'est vrai que lorsque tu travailles avec un groupe, tu es heureux de pouvoir ouvrir la fenêtre et faire autre chose. Travailler avec d'autres musiciens est toujours enrichissant et intéressant. Depuis le départ, il était convenu que pour chacun des membres de ce side project, la priorité restait nos groupes respectifs. Bref, mon groupe c'est SHANNON et c'est 150% SHANNON. Et il n'y a pas d'équivoque là-dessus.

Vous êtes visiblement en plein dedans, cette histoire de recherche de labels a du vous prendre un petit peu la tête, comment percevez-vous le business du rock en France
Benji : Oulà là ! On va y aller, on va vous laisser ? Non, elle dure combien ta cassette ? Parce qu'on en a pour des heures !






Si tu veux, tu prends en Finlande, tu as un groupe qui sort tous les quinze jours, avec des prods d'enfer, ou en Suède, en Allemagne, alors que chez nous…
Olivier : Sans parler hard ou métal, tu regardes le statut du musicien en France.. " Tu fais quoi dans la vie ? - je suis musicien - non, mais comme métier tu fais quoi? "

Benji : La réponse, " c'est un hobby ", d'accord, mais à part cela ? Bah, ça…
Olivier : Et maintenant, si on se concentre sur le petit monde du hard en France, pour être clair, par rapport à ce qui peut se passer à l'étranger, il n'y a pas énormément de fric à faire en France… Mais quand même, sur le peu de fric… il y a un paquet de personnes avec des dents comme ça… Et malheureusement, ce sont quand même les groupes qui en font les frais. Le milieu du hard en France, c'est un tout petit, un micro…. Je ne sais même pas comment dire cela.. Et en même temps, moi perso, je ne trouve pas cela super sain…
C'est aussi le fait, comme on te l'expliquait tout à l'heure, que nous attachons énormément d'importance à l'aspect humain. Et je ne suis pas sûr que l'aspect humain fasse bon ménage avec l'aspect business dans tous les cas…
On va être un peu plus soft pour l'avant dernière question : que pensez-vous de l'actualité du Rock, du Hard ? Est-ce qu'il y a des groupes qui vous bottent particulièrement ?
Olivier : En France, ce qu'il faut voir, on a eu cette vague dans les années 80 où tu mettais un coup de pompe dans un lampadaire et il y avait trois groupes qui tombaient, certains très bons, j'ai beaucoup écouté BLASPHEME, SORTILEGE, encore des groupes avec des chanteurs, à l'époque. Mais après on a eu un creux d'une quinzaine d'années. Déjà, le niveau technique des musiciens français s'est énormément amélioré… et les groupes qui arrivent sont interessants...

Pat : Ce style de musique, et nous le voyons quand nous faisons des concerts ou que des groupes étrangers passent en France, le public ne suit plus, les kids qui se déplaçaient en masse dans les années 80 ont la quarantaine maintenant....et la relève par les jeunes ne s'est pas faite sur ce style de zic, ils préfèrent d' autres styles de musique! Le Hard Rock est un peu underground maintenant par rapport aux années 80 où les DOKKEN qui remplissaient les Zéniths passent au PLAN par exemple, le constat est là.
Olivier : Sinon, sur l'étranger, il y a quand même matière. Après, je suis partagé. Il y a vraiment des groupes sympas qui arrivent, c'est vrai que CRASHDÏET, j'adore. Je suis plus nuancé sur les reformations, il y a du bon et du moins bon… Autant tu as des reformations qui peuvent être sympas, autant, d'autres, c'est du business…
Pat : Par contre, le dernier SCORPIONS, moi, j'adore !

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez consacré. Je vous laisse le micro ouvert pour les lecteurs de HR80.
Olivier : Qu'est-ce qu'on va leur dire à ces braves gens ?
Benji : On va leur dire qu'ils viennent nous voir le 22 septembre à la Scène Bastille. Et ceux qui habitent dans le Nord, le 9 septembre, au Raismesfest…
Olivier : le 22 septembre, en plus, l'affiche est sympa. FIINKY PIE et TUCKER… des vieilles connaissances… C'est sympa de se retrouver à un concert où au moins on ne se prend pas la tête entre musiciens.
Benji : Il y en aura un peu pour tous les goûts, il y aura deux heures trente de musique…
Olivier : Et puis c'est important de la remplir cette salle, il faut qu'on arrête de dire que le Hard Rock en France, cela n'intéresse pas.
Thierry : De bonnes conditions pour tout le monde, une scène impeccable, c'est très bien. Et d'ailleurs, on attend beaucoup de monde de HardRock80…


Ce sera la première concentration de HardRock80
Olivier : Et si chaque mec me paye une bière, je rentre à quatre pattes…
Thierry : Et on remercie HR80 de son support !
Olivier : On peut continuer à parler, la petite lumière est rouge…
Benji : Alors oui, maman, je t'aime…
Thierry : … oui et alors.. Ah si ! Joël on t'aiiiime !

Je tiens à remercier très chaleureusement les SHANNON pour leur gentillesse et leur disponibilité.
Metalefice




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