SEYMINHOL
À la veille de la sortie de leur nouvel album « Septentrion’s Walk », Christophe et Julien, respectivement bassiste et batteur du groupe lorrain Seyminhol, ont accepté de nous recevoir pour parler cette suite de leur premier CD « Northern Recital » et des activités du groupe. Discussion décontractée autour d’un café chez Christophe, tout en découvrant en quasi-exclusivité la teneur de l’album

Interview de Seyminhol réalisée le 17 avril 2005 par chosy


Avant d’entrer dans le vif du sujet, vous n’échapperez pas à la traditionnelle question de présentation du groupe.
Chris : Fondé en 1992, Seyminhol a réalisé plusieurs démos et MCD avant de sortir son premier véritable album « Northern Recital » en octobre 2002, avec le line-up actuel qui compte 4 musiciens : Kévin Kazek au chant, Nicolas Pélissier aux claviers et à la guitare, Julien Truttmann à la batterie et moi, Chris Billon-Laroute, à la basse. Cet album marque une évolution notable pour le groupe qui se tourne vers le heavy-métal épique. Les échos positifs rencontrés par l’album nous permettent de faire les premières parties de grands noms du métal (Blaze Bailey, Royal Hunt, Vanden Plas, Virgin Steel, Cannibal Corpse, etc.). Forts de cette expérience, nous nous sommes lancés dans la réalisation de la suite de « Northern Recital » et c’est ainsi que « Septentrion’s Walk » voit le jour.

Justement, cet album doit sortir demain. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
Chris : On espère qu’il va effectivement sortir demain parce que sa sortie a déjà été repoussée d’un mois. Alain Ricard du label Brennus nous a assuré que cette fois-ci serait la bonne et que le disque devrait faire progressivement son apparition dans les bacs entre le 18 et le 23 avril. Nous attendons donc les retombés (puis Chris se lève et propose de mettre « Septentrion’s Walk » en fond sonore).
Julien : Nous avons démarré ce projet il y a longtemps, puisque près de deux ans se sont écoulés entre la première session d’enregistrement de la basse et de la batterie en août 2003 et la sortie de l’album. La grosse différence avec le premier album, c’est que nous avons souhaité approfondir sa dimension épique en faisant appel à des narrateurs d’origine scandinave et anglaise, des instruments traditionnels et même une chorale. On souhaitait vraiment développer une bonne production.
Chris : On est plutôt satisfaits du résultat et on est vraiment impatient que l’album sorte, pour pouvoir faire découvrir notre musique.

Brennus vous signe à nouveau aujourd’hui…
Julien : On a re-signé avec Brennus, principalement parce qu’il est dur de signer ailleurs, tout simplement car on ne vend pas assez dans le métal, comme dans le disque en général d’ailleurs.
Chris : Nous avons eu des contacts intéressants après le premier album. Nous aurions pu signer par exemple avec le chanteur de Vanden Plas, mais il nous aurait fallu tout ré-enregistrer en Allemagne avec son producteur et son ingénieur du son. Vu les délais et les efforts que cela demandait, on a refusé mais cela se fera peut-être pour le prochain album.
Julien : Le premier album nous a effectivement amené de nouveaux contacts, mais depuis la crise du disque, certains labels hésitent vraiment à signer de nouveaux groupes. Des contacts nous arrivent encore, mais l’album est signé et il est donc impossible de faire de deal avec eux. Brennus n’est pas un gros label, mais il fait son boulot du mieux qu’il peut. Simplement, pour les concerts, il faut se débrouiller le plus souvent tout seul.
Chris : La plupart des concerts que nous avons assurés récemment sont de notre fait ou le résultat du bouche-à-oreille en écho à nos chroniques. On fait donc peu de concerts, mais on a toujours eu des bons plans, comme avec Paul Di’Anno tout récemment.

Vous avez effectivement ouvert pour Paul Di’Anno le 27 mars dernier à Brainans (39). Comment cela s’est-il passé ?
Chris : Cela s’est très bien passé. Cette soirée fait partie de nos bons plans. Les organisateurs se sont donnés du mal, pour nous permettre de jouer dans de bonnes conditions de son, de salle et de production. Mais malheureusement, le public n’était pas nombreux au rendez-vous. C’est vraiment dommage car tout était là pour faire une bonne soirée. Il manquait un peu de pub. Il faudrait vraiment un gros effort de pub pour promouvoir le métal, en dehors des grosses têtes d’affiche, et pour soutenir tous les autres « petits » groupes qui sont là pour faire vivre l’esprit métal.

J’ai cru comprendre que vous aviez eu du mal à signer avec Brennus. Pensez-vous que votre excellente prestation au festival Guardians of Metal 2004, à laquelle j’ai assistée, vous a aidé ?
Chris : Nous n’avons eu aucun mal à signer avec Brennus. Alain étant très satisfait des bonnes chroniques obtenues par le premier album, il a souhaité que l’on reste chez lui même s’il nous a clairement dit qu’il espérait que la première signature lancerait le groupe et lui permettrait d’aller plus loin avec un autre label. On a donc attendu avant de signer le deuxième album, espérant trouver un plus gros label pour devenir « plus gros » et développer notre musique. On aurait sans doute pu signer ailleurs mais en perdant notre liberté, certains labels voulant avoir un droit de regard sur notre musique, notre nom, notre pochette, etc. Cela fait 13 ans que l’on joue et que l’on développe notre musique, sans que quelqu’un nous dise ce que l’on doit faire. Nous voulons rester libre et « grossir » sans perdre notre âme. Brennus nous offre la liberté qui nous convient.
Julien : En discutant avec certains groupes dont nous avons fait les premières parties, nous avons découvert les contraintes que pouvaient imposer certains labels. Nous préférerons donc attendre de trouver les bonnes conditions de contrat, avant de changer de label.
Chris : Tu te rends compte, avec certains labels, si tu veux jouer en première partie de tel ou tel groupe, il te faut payer. C’est le monde à l’envers ! En plus, Brennus a été très cool et nous a payé le pressage du digipack qui contiendra des bonus.

À ce propos, peux-tu nous présenter les surprises que contiendra cette édition limitée de « Septentrion’s Walk » ?
Chris (en me présentant le bel objet en question) : En fait, contrairement à ce qui été prévu, il n’y aura qu’une seule édition double digipack de l’album, qui sera vendue au prix d’un album cristal. Outre l’album, elle contiendra un deuxième CD avec deux inédits, dont le titre en français  « La septième croisade », et une plage CD-ROM avec notamment une vidéo. C’est un problème au pressage de ce deuxième CD qui explique le retard dans la sortie.


Venons-en donc à cet album, qui est la suite directe de « Northern Recital ». Pouvez-vous nous présenter le concept que referment ces deux albums et son évolution dans ce deuxième opus ?
Julien : Le concept de l’album est toujours basé sur la Scandinavie médiévale du VIIIe siècle. Mêlant faits historiques et mythologie, « Septentrion’s Walk » raconte la suite des aventures de Thorgis, à une époque où se sont affrontés les Vikings, avec leurs croyances du Nord, et le peuple chrétien mené par Charlemagne. Tu verras, toute l’histoire est expliquée dans le livret, comme c’était déjà le cas pour « Northern Recital ». « Septentrion’s Walk » propose les trois dernières parties de l’histoire, les parties IV à VI, dont chaque morceau constitue un chapitre.
Chris : Toutes les dates, événements et personnages cités sont tirés de faits réels que l’on a un peu romancés. Comme la musique est très liée au concept, nous avons voulu le présenter dans les trois premières pages du livret en français (traduites aussi en anglais dans les pages suivantes, pour que tout le monde puisse le comprendre), en plus des paroles. Le texte comporte des renvois aux chansons. Comme cela, tu sais toujours à quel moment de l’histoire tu te situes lorsque tu écoutes un morceau. Le livret comporte aussi une carte et plusieurs illustrations pour te permettre de mieux visualiser les choses. Grégory Lê, le dessinateur, a fait un travail énorme sur les couleurs pour être le plus respectueux de l’époque.


Musicalement, cet album reste-t-il dans la même lignée épique que son prédécesseur ?
Julien : « Septentrion’s Walk » est plus évolué musicalement. On a voulu le rendre à la fois plus mélodique et plus heavy dans les parties épiques. On a essayé de faire le même album que « Northern Recital » mais en mieux, en faisant ressortir la puissance des guitares pour qu’elles soient plus « rentre dedans » par rapport aux claviers.
Chris : On voulait effectivement un son plus puissant, plus accrocheur. Et puis les morceaux sont plus longs (6 à 7 minutes) car on n’arrive pas à s’arrêter quand on compose (rires).
Julien : Cet album est aussi plus homogène que le précédent qui a connu plusieurs compositeurs. Ici, tous les textes sont de Kevin et la base de la musique vient de Nico, même si chaque musicien y a apporté sa griffe par la suite. Il y a donc un lien fort entre l’histoire et la musique.

Vous avez intégré dans l’album, des bruitages, des narrations, des instruments celtiques et même fait appel à une chorale. A-t-il été facile, notamment en termes de moyens, de procéder à ces ajouts et de les incorporer à votre musique ?
Julien : On a effectivement eu recours à des tas d’artifices (bruitages, voix, etc.) et instrumentaux traditionnels pour développer l’ambiance de l’album.
Chris : Chaque long titre est précédé d’une introduction qui explique ou présente le contenu du titre à venir. On a essayé de traduire cela musicalement. Par exemple, dans la deuxième intro, un messager vient prévenir Charlemagne que les Vikings sont tout proches. Alors, tu l’entends marcher, apeuré dans une ambiance assez lourde (et Chris de monter le volume sur l’intro en question). On a poussé sur les aspects ambiance, en intégrant beaucoup de claviers ou du chant grégorien. Et puis il y a un fil conducteur mélodique que tu retrouves dans tous les titres, sous différentes formes, en petites touches. Pour tout ce qui est des instruments (cornemuse, harpe, violon, etc.) et des narrations, on a réussi à trouver des gens sympas qui les ont enregistrés gratuitement. Quand aux chœurs, ils sont chantés par l’une des chorales d’Algrange, qui a fait un gros travail sur le texte en latin ancien. Il fallait voir cette trentaine de personnes, dont la plus jeune doit avoir 70 ans, travailler d’arrache-pied pour sa première production métal (rires) ! Évidemment, il a fallu planifier les enregistrements pour s’arranger au maximum des disponibilités de ces invités.
Julien : Pour l’enregistrement, nous travaillons toujours avec le même ingénieur, Gilles Kauffman, de Kirk Production. Il est super-arrangeant. Il a par exemple accepté de déplacer son matériel au conservatoire de Thionville pour enregistrer la chorale et donner de l’ampleur à cette partie.
Chris : Comme ça, tu sens tout de suite que c’est une vraie chorale qui chante et pas nous qui faisons des chœurs sur plusieurs couches (rires).
Julien : L’enregistrement de ces différents éléments a donc été long mais le mixage aussi a été très difficile car il a fallu géré toutes les pistes. Gilles nous a dit qu’il s’agissait sans doute du plus gros album qu’il ait eu à mixer et masteriser jusqu’à présent.

Pensez-vous qu’avec son métal épique et son thème viking actuel, Seyminhol ait trouvé son identité et sa marque de fabrique définitives ?
Chris : Notre marque définitive ? On n’en sait rien. Rien n’est définitif. Rien ne dit qu’on ne fera pas un jour un album sur Napoléon.
Julien : Par contre, le fait de mêler faits historiques et narrations est et restera notre marque de fabrique.
Chris : Nous ne somme pas bloqués sur un sujet, celui des Vikings notamment. On a juste envie de raconter des histoires, basées sur des faits réels, sur une musique heavy. Par exemple, notre titre français « La Septième croisade » ne parle pas de Vikings mais bien des croisades.

À propos de ce titre qui est le seul entièrement en français de votre répertoire actuel, n’avez-vous pas envie d’en écrire d’autres et d’opter pour le chant en français ?
Chris : Au début de Seyminhol, nos titres étaient chantés en français. Mais on n’a pas forcément l’envie d’y revenir. En fait, tout dépendra du prochain concept que l’on développera. Si certains éléments narratifs nécessitent du français, on le fera. Par exemple, « Septentrion’s Walk » comporte certains passages en français, en vieux français plus exactement. On chantera en français si le besoin s’en fait sentir et pas forcément par plaisir ou envie.
Julien : « La septième croisade » a été écrite pour la compilation « French Steel », destinée à faire connaître et promouvoir le métal français. Un titre en français se prêtait donc bien à l’esprit de la compil. C’est pour cela qu’on a proposé ce morceau inédit pour cet album.

Comment va se dérouler la promo du nouvel album et qu’attendez-vous en termes de vente ?
Chris : La promo va se faire à la fois par le biais de grands magazines de hard et de webzines et fanzines plus underground.
Julien : On compte beaucoup en fait sur des gens comme toi pour faire connaître des groupes comme nous.
Chris : Un magazine parlera en effet de toi une seule fois à la sortie de ton album et c’est tout. Tandis qu’un webzine attirera des fans qui parcourent toutes les pages et y reviendront pour trouver les infos fraîches et régulières qu’autorise ce support.
Julien : En termes de vente, on ne peut pas trop dire. Mais il est clair qu’on espère que les gens qui ont aimé le premier album apprécieront celui-là également.
Chris : Je me risquerais à avancer le chiffre de 3000 albums. On espère atteindre ce chiffre pour la France et l’étranger, mais si l’on arrivait à ce niveau uniquement pour la France, ce serait génial, surtout en comparaison à des groupes hyper connus comme Manigance qui vendent surtout à l’étranger, et finalement peu en France.
Julien : Le marché français est plutôt moribond. Donc les labels ne font guère d’efforts pour la France. Ils misent surtout sur l’export.
Chris : Il est clair que l’on fait du métal par passion et non pour la thune. Mais c’est partout pareil. Les groupes connus dont on pensait qu’ils gagnaient à mort, sont en fait comme nous. Ils bossent à côté et n’ont pas des moyens de fous. Mais ils sont tous passionnés et accessibles.
Julien : Le métal ne fait plus vivre, sauf les grosses têtes d’affiche, simplement parce qu’il y a peu de fric dans le métal.
Chris : Mais là où nous sommes récompensés, c’est que Seyminhol touche autant les jeunes que des gens plus âgés.
Julien : Notre musique attire aussi d’autres gens que des métalleux. Cela leur permet de se rendre compte que le métal peut être aussi mélodique et profond, et pas seulement bourrin.
(Passe alors en fond sonore l’interlude du banquet dont Chris me raconte l’enregistrement).

Pour vous faire connaître et démarcher les télés, vous avez enregistré une vidéo live. Résultat ?
Chris : Cela n’a pas donné grand chose car le morceau retenu « Ode to Eternity » est soit disant trop long. Mais cela n’est pas grave. Seyminhol continuera quand même (et Chris décide de me montrer la vidéo).
Julien : Cette vidéo a été enregistrée à l’After-Club d’Amnéville, lors de notre première partie de Manigance, par des amis qui travaillent pour une télé locale. Ils ont filmé avec trois caméras et monté les images sur la musique de l’album. Cela donne la vidéo, en noir et blanc selon notre souhait, que tu trouves sur le deuxième CD de « Septentrion ». On a la chance d’avoir des amis (rires).

Sur cette vidéo, on voit Régis, votre guitariste live, qui a décidé de ne plus vous rejoindre désormais sur scène. Comment se passent les concerts sans lui ?
Julien : Une petite explication d’abord. Nico enregistre les guitares et les claviers sur les albums. On souhaitait le mettre en avant sur scène en lui confiant la guitare. Ceci supposait d’avoir recours à un bon clavier que l’on a pas trouvé, car il est plus facile de trouver un guitariste. Du coup, Nico est resté derrière les claviers et Régis, qui est l’un de nos amis, est venu nous donner un coup de main pour les concerts. Attiré par d’autres styles musicaux comme le blues, et d’autres projets, mais aussi pris par ses études, il a décidé de laisser tomber. Il a été remplacé par Cyril des Diamond Dust pour quelques concerts.
Chris : On nous a classé speed metal pour les concerts alors qu’on n’est pas speed en CD. Donc si l’on veut recréer l’ambiance de l’album sur scène, on est obligé de sampler. Cela permet d’éviter que les morceaux sortent trop bruts. Surtout, cela libère Nico qui peut s’occuper de la guitare, et Julien gère les samples au clic. Notre premier concert avec des samples s’est fait lors de la soirée avec Di’Anno. On a pu retrouver le côté épique sur scène et apparemment, cela a bien marché, au regard des commentaires et des ventes de CD après concert.
Julien : De plus, c’est plus facile à gérer à 4, car on s’entend super bien. Et puis, Nico est un bon guitariste, donc on ne se fait pas de souci pour l’adaptation des riffs en live.

Une question pour Christophe, qui a co-fondé Seyminhol il y a 13 ans maintenant. Comment juges-tu la progression du groupe depuis ses débuts ?
Chris : Le groupe est en constante évolution. C’est long mais nous avons gravi des échelons, d’albums en concerts, et on en franchira d’autres lorsqu’on aura d’autres albums derrière nous. On aurait pu aller plus vite si l’on avait fait que cela, mais cela aurait été trop risqué, financièrement notamment, et demandé trop de sacrifices. Seyminhol est avant tout une passion. Je me lève chaque matin et je me couche chaque nuit avec Seyminhol dans la tête. On a connu des hauts et des galères, mais tant qu’on a le plaisir, on continue et on avance. Tu vois, le retard dans la sortie de l’album aurait pu nous être fatal car on a balancé des flyers dans toute la France avec la date du 18 mars. On a accusé le coup mais le groupe a résisté grâce à l’amitié qui nous lie. On est vraiment des amis et on partage la même passion. C’est pour cela que le groupe reste soudé et bataille pour défendre et jouer sa musique.

Comment voyez-vous l’avenir du groupe ? Quels sont vos projets ?
Julien : On va d’abord s’attacher à la promotion de cet album et voir comment il sera accueilli. S’il plaît, on continuera mais on ne sait pas encore comment.
Chris : Le troisième album ne sera attaqué qu’après l’analyse des critiques du deuxième album. En attendant, on espère d’autres concerts et d’autres contacts surtout, qui nous permettront d’envisager un nouvel album, dans des conditions encore meilleures.

Pour terminer sur la question des concerts, Kévin faisait état, au moment de la sortie de « Northern Recital », des difficultés à trouver le soutien nécessaire pour l’organisation de concerts en Lorraine. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Julien : Depuis 2002, des structures comme Divine Union ont permis de faire bouger le métal en Lorraine, en faisant venir quelques grands groupes et en offrant des premières parties sympas aux groupes régionaux. C’est très intéressant pour nous qui les connaissons bien. Mais il manque toujours le public.
Chris : De plus en plus d’associations nous demandent pour jouer. Le bouche à oreille fonctionne bien dans le milieu et cela nous permet de faire quelques bons plans.
Julien : À force, tout le monde se connaît et on forme comme une petite famille qui s’entraide.
Chris : Il y a par contre un truc que je ne comprends pas. Ce sont les a priori de certains groupes. À la première édition du Metal Therapy par exemple, on a remplacé en dernière minute un groupe qui s’est désisté. C’était un festival plutôt black/death avec Morbid Angel en tête d’affiche, même si on notait la participation de Killers. Certains nous ont dit qu’on était fous, qu’on allait se faire massacrer et que l’on avait rien à faire dans un festival comme celui-là. Finalement, cela s’est bien passé et on a eu droit à des bonnes critiques. Mais je ne comprends pas que les groupes underground se tirent comme ça dans les pattes. Tous les autres groupes pour qui on a ouvert (Manigance, Royal Hunt, etc.) sont plutôt cools. Dans le milieu underground, personne ne s’entraide vraiment et c’est bien dommage.
Julien : Si tout le monde allait dans le même sens, le métal irait sans doute mieux en France.
Chris : Je ne comprends pas la ségrégation musicale que l’on trouve en France entre black, death, heavy, etc. À l’étranger, comme au Luxembourg ou en Belgique où nous avons pu jouer, cela se passe bien mieux car on aime le métal en général. Les mecs se mélangent et tu peux bien proposer un métal avec claviers dans une soirée death sans te faire détruire. Ceci dit, Seyminhol a la chance d’avoir un bon public. On est bien content que des gens nous soient fidèles depuis longtemps et que chaque année, d’autres personnes nous découvrent et s’attachent à nous. On espère que ce sera encore plus le cas avec ce nouvel album.

C’est tout le mal que je vous souhaite. Merci en tout cas d’avoir accepté cette interview et répondu si franchement. Bon vent à l’album.
Chris et Julien : Merci à toi et au site pour votre soutien. Suivez la marche du Septentrion, en espérant vous voir lors d’un prochain concert.