RICHIE KOTZEN

 

Interview par Frank / Metalefice le 15.12.2006


Vu Fois


Into The Black

Interview avec Richie KOTZEN à l'occasion de la sortie de son nouvel album "Into The Black" (Frontiers Records).


Afin de commencer l'interview de façon classique, comment es-tu venu à la guitare et quels sont les guitaristes qui t'ont influencé ?

Richie : J'ai été influencé par pratiquement tout le monde, de Stevie WONDER et Curtis MAYFIELD à HENDRIX et VAN HALEN. J'ai commencé par apprendre le piano à l'âge de 5 ans mais dans l'année, je me suis intéressé à la guitare électrique après avoir vu un poster de KISS. J'ai monté mon premier groupe à 12 ans avec des mecs de mon école plus âgés que moi. Nous avons joué pour les fêtes de l'école et locales.

Tu alternes album en solo, participations à des groupes de notoriété mondiale, collaborations avec des musiciens d'horizons différents, si on ajoute à cela ton disque récent au sein de FORTY DEUCE, peux-tu nous expliquer comment tu gères ta carrière ? Depuis la fin de MR BIG, as tu été recontacté pour intégrer une autre formation de ce type (c'est-à-dire déjà formée et réputée), as-tu des envies allant dans ce sens ?

R :  J'aimerais le faire à nouveau si une opportunité dans laquelle je me "sentirais" bien se présentait. Je prends autant de plaisir à faire mes trucs en solo que jouer dans un groupe. Les gratifications sont différentes. Evidemment, les albums en solo sont bien plus une représentation directe de ce qu'est l'artiste alors que le groupe est un travail commun.

Dans un groupe, si l'alchimie est là, tu développes des choses qui ne te seraient jamais apparues seul dans ton coin.

Avec ton petit dernier « Into the black », tu en es à ton quatorzième album solo ce qui fait de toi un musicien particulièrement prolifique, quel est ton processus de création ? A-t-il évolué avec le temps ? Toujours concernant « Into the black », comment le situerais-tu par rapport à ta carrière ?

R : Depuis que j'ai commencé à faire des disques, à l'âge de 18 ans, mes albums sont comme des photos instantanées de mon développement musical. Le dernier en date est toujours mon préféré, c'est la plus fidèle représentation de ce que je suis. "Into The Black" ne fait pas exception. Ce disque correspond ce que je suis actuellement, à ce stade de ma vie.

Quels sont les musiciens qui défendront les couleurs d'Into The Black sur scène ?

R : Mon batteur est Franklin VANDERBILT. Il m'a accompagné à plusieurs reprises durant ces trois dernières années. Il a joué avec Stevie WONDER, CHAKA KAHN et Stanley CLARKE. Le rôle de bassiste a toujours été un peu "mouvant" avec moi. J'espère rencontrer bientôt un bassiste avec qui ça collera.


© Fender Telecaster / Richie Kotzen Signature

Tu es sorti du lot des virtuoses de la six-cordes en développant une carrière des plus régulières et respectables, quelle est ta position en 2006 concernant l'instrument qui t'a fait connaître ?

R : Well, c'est ce que je fais. Je joue de la gratte depuis toujours. Je ne sais pas ce que je ferais sans elle.

Pourquoi ton modèle signature, excellent au demeurant, n'existe que chez Fender Japan et pourquoi n'est-il quasiment pas disponible à l'international ?

R : Eh bien, elle a été d'abord commercialisée au Japon. J'ai vendu plus d'albums là-bas que partout ailleurs ce qui rend mon nom plus vendeur. Mon modèle de guitare est également vendu en Europe, je l'ai vu dans quelques magasins en Angleterre.

Multi-instrumentiste talentueux, comment s'est effectuée la transition entre guitariste et chanteur ?

R : Disons qu'il n'y a jamais eu de véritable transition. J'ai toujours été chanteur ET guitariste. Si tu regardes ma discographie, tu verras que je chante dès mon deuxième album solo qui est sorti en 1990. Si je ne me trompe pas, sur mes quatorze albums en solo, seulement trois sont instrumentaux et un des trois contient quelques titres chantés. Les guitaristes qui m'ont influencé sont tous chanteurs également. Donc, comme un gosse qui tente d'imiter des types comme HENDRIX et CLAPTON, j'ai juste pensé que c'était ce qu'il fallait faire.

D'ailleurs, en parlant de ta voix, quels sont les chanteurs qui t'ont incité à passer derrière le micro voire influencé ?

R : Paul RODGERS et Terence Trent D'ARBY sont mes deux plus grandes influences quant à ma façon de chanter.

Tu sembles depuis longtemps attaché au format « chanson » (contrairement à d'autres virtuoses qui ont du mal à ne pas glisser sur chaque album, un moment rappelant leurs longues années d'apprentissage), est-ce une façon pour toi, de privilégier de plus en plus le chant ?

R : Ce qui m'intéresse, c'est "faire de la musique". J'ai toujours écouté de la musique similaire à celle que je fais. Je pense que ce sont simplement mes influences.

Tes albums en solo ont tout pour cartonner un peu partout, superbes compos, approche moderne sur certains (Slow, What is?), penses-tu (et espères-tu) évoluer vers une carrière reconnue par le « très grand public » (c'est-à-dire ignorant ton passé musical) ?

R : Disons que le succès n'est pas quelque chose que je puisse contrôler. Tout ce que je peux faire, c'est de la musique en laquelle je crois et espérer que des gens l'apprécieront.

Tu composes souvent seul, tu joues de la guitare, tu chantes, tu joues de la basse, tu joues de la batterie, tu produis...Hormis la satisfaction évidente et la simplicité de pouvoir tout faire, ne crains-tu pas, parfois, de ne pas bénéficier d'un regard extérieur ?

R: Je ne pense pas. C'est juste ce que je fais. Ce que j'apprécie.


Justement, que ressens-tu, lorsque en studio, tu te retrouves avec d'autres musiciens comme pour le récent FORTY DEUCE ?

R : Nous avons eu une grande connivence quant au processus de composition. Et j'ai pris beaucoup de plaisir à faire cet album. Des chansons ont été écrites qui n'auraient jamais vu le jour sans cette alchimie. Je n'ai pas encore entendu de mauvaises critiques de cet album.


Pour rester dans tes projets avec un seul album au compteur, peut-on espérer te revoir dans une configuration axée sur le groove 70's comme pour MOTHER HEAD's FAMILY REUNION (qui reste à ce jour l'album que je préfère dans ta discographie) ?

R : Ce n'était pas un groupe mais un trio. En live, je joue toujours dans ce format et les chansons gardent ainsi le même feeling sur l'album. Je pense que sur mon prochain album, j'enregistrerai avec un bassiste et un batteur. Je n'ai pas fait ça depuis longtemps et je pense que ce serait bon pour moi.

Tu connais sûrement le G3 de SATRIANI, si tu avais ton propre G3, quels seraient les guitaristes que tu choisirais ?

R : Je ne suis pas sûr... J'aimerais bien Eric JOHNSON ainsi que Doyle BRAMHALL II. Ce serait peut-être mes choix.

Connais tu des guitaristes Français ? As-tu eu des propositions d'écoles de musique françaises pour animer des clinics comme tu l'as fait en Espagne avec Tony HERNANDO ?

R : Navré de le dire mais je ne connais pas beaucoup de musiciens étrangers. J'aimerais faire une tournée en France pourtant. La dernière fois, c'était quand je jouais dans VERTU avec Stanley CLARKE (VERTU, groupe de Jazz - fusion avec Ritchie K., Stanley CLARKE, Lenny WHITE, Karen BRIGSS et Rachel Z. - 1 album à leur actif en 99, note du Metalefice).

Question ouverte ; comment envisages-tu ton avenir musical ? Des idées précises, des souhaits, des objectifs ?

R : Juste continuer dans la direction que j'ai empruntée. J'espère conserver mon public et peut-être gagner d'autres fans par la même occasion.

Question piège pour conclure cette interview, si je te demande, pour te définir, d'éviter le terme pourtant judicieux de musicien, lequel choisirais-tu entre :
-Guitariste
-Chanteur
-Songwriter
-Autre ; je te laisse carte blanche (en évitant quand même « musicien »)

R : Je sais que je suis très lunatique ... Je ne suis pas extraverti à moins de bien connaître quelqu'un et dans ce cas, je suis fous, j'aime bien déconner dans ces cas là ... mais j'aime aussi être souvent seul. J'aime mon "espace". Je déteste le téléphone et je ne crois pas en l'écrit.


Une question plus générale pour conclure : l'internet est en pleine expansion, les sites spécialisés dédiés au différents styles musicaux se multiplient...Qu'en penses-tu ? Crois-tu que des sites comme Hardrock80 contribuent à la promotion de ta musique et, plus largement, des créneaux musicaux que nous apprécions ?

R : Cette nouvelle donne technologique m'a beaucoup aidé. Ce que j'ai fait jusqu'à maintenant m'a fait pas mal connaitre et l'internet permet maintenant à des musiciens comme moi de rendre accessible leur musique à un public en court-circuitant les majors. Cela donne une sacrée opportunité pour des mecs comme moi de développer leur carrière.

Tes nombreux fans (moi le premier) et lecteurs du site hardrock80.com te remercient particulièrement du temps que tu as accordé à cette interview et nous guettons avec impatience la suite de ta carrière, aussi diversifiée soit-elle.

R : Merci beaucoup !!

Merci à toi, Richie !

 


 

 


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