A
l'occasion de la sortie de leur 4e album Slow Motion Disease
(XIII bis Records Warner), Antony (guitariste et producteur)
et Seb (chanteur) du groupe HEADCHARGER ont accordé
une interview à HardRock80.com. C'est donc dans un
café de Caen que la rencontre avec les deux compères,
régulièrement chargés de répondre
aux questions des journalistes, a eu lieu. Rock On !
Une
petite présentation rapide pour ceux qui ne vous
connaissent pas encore ?
Seb : " HEADCHARGER s'est fondé, en 2005 à
Caen, sur les cendres encore chaudes de Doggystyle qui a
enregistré un album baptisé Moments of Awakening,
en 2002. Rom et moi, nous sommes les derniers survivants
du groupe. L'histoire d'HEADCHARGER ne commence qu'après
la sortie du premier album eponyme (distribué par
Overcome) et des concerts qui l'ont accompagné. Les
deux guitaristes David Rocha et Antony Josse sont arrivés
ensuite. A partir de là nous avons pris sans vraiment
le décider une direction musicale différente,
moins hardcore et plus orienté côte ouest des
USA. Nous avons enregistré deux autres albums : Watch
the Sun, en 2007 et The End Starts Here, en 2010. "
Présentez
nous votre nouvel album ?
Seb : "C'est notre 4e album et il s'intitule Slow Motion
Disease. Il sortira le 30 janvier prochain, soit 18 mois
après le précédent. Il a été
enregistré par Antony, notre guitariste, au studio
de La Souleuvre dans le bocage comme le précédent
The End Starts Here. Il a encore été masterisé
par Alan Douches (Converge, Kruger, Mastodon) et sortira
chez XIII bis Records (Mötley Crüe, Nine Inch
Nails, Fiction Plane, Skunk Anansie...). Cette fois, il
sera distribué par Warner.
|
|
Chose
très importante, nous avons désormais un contrat
d'artiste. "
Pourquoi
avez-vous enregistré une nouvelle fois à la
" maison " ?
Seb : " Déjà, c'est un budget moins élevé.
Et puis, après avoir confié l'enregistrement
à un tier (Serge Morattel) sur deux albums, nous
avons décidé de prendre les choses en main.
Antony ayant participé à ces enregistrements
comme assistant (nous utilisions son studio). Depuis, il
a acquis une grande expérience en produisant lui-même
pas mal de groupe (Ravi, Guns of Brixton, Heliport, Aussitot
Mort, Long Time to Lay A Track...). Nous avons donc décidé
de faire le boulot pour The End Starts Here. Comme la manière
de travailler et le résultat nous ont plu, nous avons
décidé de faire pareil cette fois. A une chose
près, le délais fixé par le label.
"
Avez-vous songé à faire appel à un
producteur de renom?
Seb : " Non. Nous ne cherchons pas un nom à
indiquer en bas du cd, pour faire " genre ". Par
contre, nous savions quel son nous voulions. Point. Et puis,
nous sommes des musiciens qui devons avoir confiance à
100% dans un producteur, pour lui confier notre musique.
|

Slow Motion Disease (CD+DVD)
|
|
C'est lui qui prend les décisions et tu dois souvent
laisser tomber tes certitudes. Tu lui confie la direction
artistique de ton projet quand même. Et puis, plus il
est célèbre, plus il t'impose ses choix. Ou
alors, une pointure comme Rick Rubin. "
Comment se déroule le processus d'écriture des
morceaux ?
Antony : " On compose tous, aussi bien la musique que
les textes. De manière générale, les
idées de base viennent de David ou de Romain. Puis
on met tout ça en forme. Ensuite pour tout ce qui est
texte et parties chant, je travaille en binôme avec
Seb. Mais il n'y a pas de règles, tout le monde participe
à toutes les étapes. C'est plutôt démocratique.
"
Seb
: " J'écris plutôt des textes plus directs
(All Night Long, par exemple
). Antony plutôt ceux
à plusieurs entrées (Spain Summer Sun...). Comme
nous venons d'horizons différents, c'est important
d'écouter tout le monde et de consulter chacun d'entre
nous. Même notre ancien batteur Guillaume, aujourd'hui
prof d'Anglais, nous à donné un coup de main
et peaufine les textes. Par contre, c'est plus difficile...
"
|
|
Est-ce que vous avez laissé tomber des morceaux ?
Antony : " Nous préférons enregistrer et
sortir peu de titres plutôt que d'en mettre trop
Même si c'est toujours difficile de jeter un titre ou
de satisfaire tous les membres du groupe. C'est dans ces moments-là
qu'un producteur peut être utile. Il t'aide à
faire ce choix. Nous avons dû le faire nous-même...
"
|
Seb
: " Les groupes que nous aimons ont enregistré
des albums avec 9 chansons maximum. Nos albums sont plutôt
dans le même format. Je préfère dire
que certains titres sont laissés au frigo plutôt
qu'au placard. Drifter ou Should Be Runnin' ont été
exhumés, par exemple, de sessions précédentes.
"
Dans quel état d'esprit êtes-vous à
quelques jours de la sortie de Slow Motion Disease?
Seb : " Après les semaines d'enregistrement,
j'avais assez peur du résultat. Comme nous avions
un peu plus de pression du label, nous avons enregistré
plus rapidement. J'avais le sentiment de na pas avoir été
jusqu'au bout
Une impression d'inachevé, quoi.
Et puis j'étais usé... J'ai perdu 7 kg pendant
l'enregistrement. Aujourd'hui, c'est mieux et j'attends
les avis de ceux qui nous suivent depuis longtemps. Leur
avis compte beaucoup pour moi. "
Antony : " Après les deux mois d'enregistrement
(750 heures...), j'étais crevé. Aujourd'hui,
après du repos, je suis gonflé à bloc
et confiant. "
On note une évolution dans votre musique ? C'est
une évolution naturelle d'HEADCHARGER?
Antony : " Oui. David, qui est probablement l'un des
meilleurs guitaristes français actuel, prend de plus
en plus d'initiative, depuis son arrivée. Ses goûts
et son background culturel commencent à influencer
notre orientation artistique. Le son de l'album lorgne en
direction des groupes US de la côte Ouest, mais toujours
avec le style HEADCHARGER. "
Seb : " Nous avons décidé d'enlever les
fioritures et les détails superflus sur Slow Motion
Disease afin d'être plus directes. La contrainte du
temps a été un mal pour un bien, je penses.
"
Quel
a été l'apport de Mathieu Lechevalier (My
ruins, Creep AC, Eths...) ?
|
HEADCHARGER
|
|
Antony
: " Matt est pour beaucoup dans l'évolution
de notre son. Il est en plus intransigeant avec lui comme
avec tout le monde. Il sait comment doit sonner sa batterie.
Ensemble, nous avons commencé à enregistrer
ses parties et le courant est bien passé. C'est même
la première fois que la connexion se fait aussi vite.
"
Seb : " Il m'a aussi aidé à mieux poser
ma voix sur les accents toniques, par exemple, et enfin,
il a aussi apporté sa pâte dans l'écriture
des textes (Should Be Runnin'). "
Comment
faite vous pour être si performants sur scène
?
Antony : " Cela demande pas mal de répétition.
Il faut intégrer les nouveaux morceaux aux plus anciens
pour proposer une setlist homogène et représentative
de nos différents albums. Nous avons investi le BBC,
la salle rock d'Hérouville-Saint-Clair, près
de Caen, pendant trois jours pour préparer le show.
"
Comment
allez-vous " construire " votre prochaine setlist
?
|
|
|
Seb
: " Comme sur les albums précédents,
il y a d'emblé des titres taillés pour la
route et d'autres qui fonctionnent moins bien. De bons morceaux
studios ne passent pas sur scène : le morceau Would
You ? sur End Starts Here, par exemple ou XIII XII, sur
Slow Motion Disease. C'est comme ça. Les concerts
de la tournée qui démarre (avec les Nashville
Pussy) seront un savant mélange de nos albums et
représenteront le HEADCHARGER d'aujourd'hui. "
Citez-moi
l'un de vos meilleurs souvenirs de tournée ?
Seb: " La rencontre avec le public anglais sur notre
tournée au Royaume-Uni, au printemps 2011. A chaque
concert, j'ai pris une claque phénoménale.
Il a une culture rock et avant de se lâcher, il t'écoute
pendant les deux premiers titres.
|
|
Il
te jauge et si tu l'accroches, c'est gagné ! "
Antony: " Je dirais les deux Sonispheres. Nous étions
comme des gosses ! Quand je suis tombé nez à
nez avec Kerry King de Slayer à Madrid, j'ai eu un
choc. Comme d'avoir Mike Paton à mes côtés
pour voire la prestation de Slayer. J'ai aussi aimé
les " after " des deux Sonispheres, notamment avec
Iron Maiden, en Angleterre. C'était top. "
La
chose la plus dingue que vous avez lu ou entendu sur le groupe
?
Seb : " Que nous étions homophobes ! "
Quel
album tourne en boucle dans votre autoradio ?
Seb : " I Walk The Line, un album de Johnny Cash que
j'écoute souvent. C'est un grand bonhomme. Quelle voix
! A ce propos, je pense que pour apprécier les groupes
actuels, il faut avoir écouté les classiques,
les bases, quoi. "
Antony : " The Greatest de Cat Power. Je l'ai vu sur
scène et j'ai pris une belle claque. Finalement, je
suis celui qui écoute le moins de metal. C'est la pop
simple qui me touche le plus. "
Un
souhait avec cet album ?
Seb : "Comme Slow Motion Disease est distribué
par Warner, j'espère aller jouer dans de nouveaux pays
afin de découvrir d'autres gens. J'aimerais aussi qu'HEADCHARGER
confirme au Royaume-Uni. "
Antony : " Jouer à l'étranger aussi.
|
La
scène est l'aboutissement pour le style de musique
que nous jouons. Alors, faire de bons concerts un peu partout.
"
Un mot à ceux qui ne vous connaissent pas encore
?
Seb : " Notre album sonne comme si Led Zeppelin faisait
l'amour avec Mötley Crüe pendant que Metallica
filme la scène. "
Antony : " Si les modes du métal actuel (metalcore
et compagnie) vous ennuient au plus haut point, on a ce
qu'il faut pour vous ! "
Juste pour vous mettre l'eau à la bouche, la tournée
qui s'annonce sera un pur moment de High Energy Rock &
Roll. HEADCHARGER ouvrira la série de concerts donnés
par les sulfureux NASHVILLE PUSSY et la date des belles
CRUCIFIED BARBARA :
|

© Headcharger
|
|
|
Tournée
2012
21.01.12
: SAINT BARTHELEMY D'ANJOU
06.02.12 : MARSEILLE - Poste à Galène w/ Nashville
Pussy
07.02.12 : SAINT ETIENNE - Le Fil w/ Nashville Pussy
08.02.12 : ANGOULEME - La Nef w/ Nashville Pussy
09.02.12 : VAUREAL - Le Forum w/ Nashville Pussy
10.02.12 : ROUEN - Le 106 w/ Nashville Pussy
18.02.12 : CHALON SUR SAONE - La Péniche
09.03.12 : HEROUVILLE SAINT CLAIR - Big Band Café
31.03.12 : CANNES - MJC Picaud
01.04.12 : TOULON - Omega Live w/ Crucified Barbara
13.04.12 : BERGERAC - Le Rocksane
14.04.12 : CHERISAY - Le Labo Sonore
20.04.12 : BOMAL/OURTHE (BEL) - Durbuy Rock Festival
|
|