GOTTHARD
(Leo Leoni)

 

Interview téléphonique par Metalefice le 12.03.2007


Vu Fois


DOMINO EFFECT


Bonjour Leo! Tout d’abord, je veux te remercier d’avoir accepté de répondre à nos questions. GOTTHARD est de retour maintenant, moins de deux ans après la sortie de Lipservice et quelques mois après Made In Switzerland. Est-ce votre rythme de travail ?
C’est trop dur, trop long, ou quoi ?

Non ! Pour nous, les fans, c’est très bien !

Tu sais, ce n’est pas une question de rythme de travail. Ce qui s’est passé quand on a fait Lipservice, nous sommes partis en tournée et puis on voulait faire quelque chose de live. Cela fait pas mal de temps que nos fans nous demandent un album live. Nous avons pensé que le Lipservice Tour était le moment parfait pour cela. On était ensemble et on voulait le faire. Nous avons enregistré le concert à Zurich, dans la plus grande salle que nous ayons faite en Suisse pour le Lipservice Tour. On a pensé que c’était bien de le sortir. Cette version live est bien passée, c’est comme cela que nous avons continué à travailler jusqu’en novembre avec le « Lipservice Made In Switzerland Tour ». Il était temps de sortir un nouvel album car, depuis la sortie de Lipservice, cela fait déjà deux années avec le même album. C’est clair que pour les fans, il y a trois albums en trois ans, mais en réalité, ce sont deux albums en trois années.

Oui, mais c’est quand même du travail…

Oui ! Ca c’est certain, c’est beaucoup de travail, mais nous aimons ce que nous faisons, les fans sont là, attendant les albums pour les acheter, pour être avec nous. Nous essayons de leur donner quelque chose en plus

Tu me dis que vous avez commencé à travailler au mois de novembre, nous sommes en mars et votre album est terminé. Cela fait 4 mois de travail, comment vous êtes vous organisés pour composer cet album?

Tu vois, c’est comme cela que nous fonctionnons. En tournée, on collecte toujours des idées. Puis, quand on a le temps et qu’on a un studio, on travaille sur ces idées. Lorsqu’arrive la fin de la tournée, on a déjà du matériel sur lequel travailler réellement. Le morceau passe, ne passe pas, il faut ré-écrire ou écrire encore des choses. Cela nous aide un peu sur le temps. Nous avons la chance d’avoir un studio, chaque fois qu’on enregistre quelque chose, on capitalise. C’est un luxe que nous avons avec ce studio.


Oui, c’est sur ! Mais c’est aussi un luxe pour nous, les fans. Cela nous permet d’avoir des albums rapprochés dans le temps.

Bon, alors, c’est bien fait, tout le monde est content !

J’ai eu la très grande chance d’écouter votre nouvel album. A mon avis, il est différent de Lipservice. Il y a moins de morceaux « straight rockin’ » qu’au début de votre carrière. Il me semble que vous préférez les morceaux plus personnels, d’inspiration plus sombre. Es-tu d’accord avec ceci ?

Bah ! Pour moi, sortir un nouvel album, cela veut dire ne pas copier le précédent. Dans Domino Effect, Il y a une liaison, une continuité avec Lipservice, mais on essaye de ne pas se répéter. Ce qui est sûr, c’est que c’est un album de rock’n’roll, avec du rock, des mélodies, de la puissance, avec du poids. Avec aussi beaucoup de choses sentimentales qu’il n’y avait pas dans Lipservice, ou qui y étaient mais le message n’est pas passé si fort ; un titre comme « And Then Goodbye », c’est un morceau sentimental, en fait. C’est peut-être un peu plus personnel et plus sérieux, avec des textes qui nous font et vous font réfléchir. C’est ce que je voulais mettre à disposition des fans. Il y a dans l’album des moments où tu t’arrêtes et tu te demandes « Mais qu’est-ce qu’ils sont en train de me raconter ? » Et c’est important, parce que la musique n’est pas seulement de la musique mais c’est aussi quelque chose qui te fait réfléchir et peut-être te pousse à discuter avec quelqu’un, de ce que tu as écouté ou de ce que tu ressens. C’est ce que nous voulions faire avec cet album, donner quelque chose en plus, pas seulement de la musique.


C’est effectivement un album de très bon rock, avec des mélodies superbes Il y a quelque chose qui est constant avec GOTTHARD, c’est toujours brillant, avec de la puissance. Quel est votre secret ?
Haha! C’est que nous ne dormons pas! Sérieusement, je ne sais pas quel est le secret mais nous ressentons cela ainsi. Quand on fait quelque chose, on essaie toujours de se mettre du coté de celui qui écoute, de ceux qui achètent des albums et qui veulent acheter de la qualité. C’est d’abord le respect pour ceux qui vont t’acheter, pour les fans. C’est aussi et surtout pour le respect des choses que tu veux écrire. Je parle pour moi-même, j’aimerais bien ré-écouter l’album dans quelques années et qu’il sonne toujours très bien. Pas se dire qu’on a fait quelque chose pour le faire. C’est le truc, le secret de ce que nous faisons. L’autocritique est aussi très présente dans notre façon de travailler. Le premier jet, le premier enregistrement ne sont pas forcément les meilleurs

Chronique de DOMINO EFFECT


Léo, tu occupes aussi la place de producteur. Est-ce une volonté de gérer la totalité du processus, est-ce que vous voulez un résultat qui sonne exactement comme vous le désirez ?

Je ne pense pas que ce soit pour conserver le contrôle de la totalité mais c’est plutôt que personne ne connaît GOTTHARD autant que nous. Si nous devons sortir quelque chose, nous sommes les premiers concernés. Il est donc mieux que nous ayons le contrôle. Nous nous connaissons mieux que quiconque, nous essayons de donner le meilleur de nous-mêmes. Nous avons travaillé avec d’autres producteurs par le passé qui n’ont pas fait ce que nous voulions. Ils ont utilisé notre nom. Maintenant, nous sommes satisfaits ainsi, tout le monde est content… Et voilà !
Cela représente un travail supplémentaire pour toi, qui est assez énorme.
Oui, mais il y a 24 heures, dans la journée, autant les utiliser !

Avez vous enregistré des bonus comme pour Lipservice ?

Il y aura des bonus tracks, je pense, sur l’édition Digipack ou Diamondpack. Et il y a un bonus pour le Japon. Et il y aura encore deux différentes prises de son qui paraîtront, dans une deuxième partie de l’année.


Est-ce une volonté du groupe d’enregistrer tout le matériel disponible ou bien est-ce que vous avez trop de titres et que le choix est très dur ?

C’est vrai que nous avons toujours beaucoup de matériel et on essaie de mettre toujours assez pour le prix que les fans vont payer. Mais il y a aussi des clauses spécifiques pour les différents marchés, avec toujours quelque chose en plus, ou des versions différentes pour chacun. On y est presque obligé, mais on le fait volontiers car nous l’avons toujours fait. Dans quelques années, cela va changer avec Internet. On verra ce que cela va donner.

Si tu en es d’accord, on parlera d’Internet un petit peu plus tard mais si tu le veux bien, une question un peu plus personnelle. J’ai vu que sur votre site, avec Freddy (Scherer, l’autre guitariste), vous placiez les Beatles dans vos artistes favoris.

Oui, je pense que là, c’est la Bible du rock qui a été écrite, non?

Oui ! Je te l’accorde. Ferez vous une reprise d’eux ?

On a fait quelque chose comme cela dans le second album. On a fait “Come Together”, il y a quelques années. Nous n’avons pas en projet pour le moment de refaire quelque chose des Beatles. Il y a tellement de gens qui font cela ! En plus, je pense qu’il est très difficile de refaire quelque chose qui a déjà été très bien fait. Alors, que veux-tu retoucher ? (rires) Il est très important que, si tu fais une reprise, tu fasses en sorte que cela sonne plus personnel, autre chose qu’une simple copie des Beatles, tu vois ? Donc, pour le moment, nous gardons cette idée dans le tiroir.

Effectivement, votre cover/reprise de “Come Together” était absolument superbe et très personnelle..

On essaie toujours de faire ainsi avec les covers. Ce sont des hommages que l’on rend aux groupes que nous reprenons, à ceux qui nous ont aidés dans notre inspiration, avec beaucoup de respect.

Cela fait maintenant 15 ans que vous êtes dans le business, avec 7 albums studio. Quel regard porte-tu rétrospectivement sur votre carrière ?

C’est bien, non ? Sept albums studio, deux live, un best of, un best of ballads, c’est pas mal, non ?

Tout à fait, les fans sont ravis ! Y a-t-il des choses que vous auriez aimé faire (ou ne pas faire !!!) ?

Nous regrettons de ne pas avoir tourné aux USA. Nous y avons fait quelques dates mais une vraie tournée, cela aurait été un rêve. Mais le reste du monde est assez grand, on est content comme cela. Depuis plus de 15 ans que nous nous promenons autour et c’est bien. Sinon, d’un point de vue personnel… ça c’est difficile… Non, j’ai aimé tout ce que j’ai fait, je n’ai pas de grands regrets !

Si on parle d’un point de vue plus général, le rock suisse est plutôt rare mais de très grande qualité. Y a t-il une raison particulière à cela ?
Je pense que les Suisses essaient de faire bien ce qu’ils font! Le chocolat, les montres…

Donc pour toi, bien faire, c’est génétique pour les Suisses ?
Non, je ne pense pas… J’ai grandi comme cela.
Toujours faire du mieux que tu peux ! Cela commence par là.





C’est aussi parce que la petite Suisse s’exporte un petit peu plus. Je ne sais pas. Je pense que la qualité vient du fait, comme je te l’ai dit, que nous sommes vraiment critiques. Mais il y a beaucoup de musique qui sort de Suisse, en fait… On a Stephan Eicher qui est connu en France!

Est-ce difficile de faire du hard rock en Suisse comme cela peut l’être en France?

Il est toujours difficile de faire quelque chose que peu de monde aime. Nous avons la chance de faire ce que nous aimons. Il est difficile de faire de la musique, quelle qu’elle soit. Je pense qu’il y a la bonne musique et la cacophonie… Il faut toujours essayer d’être du côté de la bonne musique! Qu’importe le nom, rock, pop…

J’ai vu sur votre site que vous alliez commencer une tournée

Oui, nous démarrons en mai !

J’ai vu qu’il y avait des dates en Suisse, des dates en Allemagne. Aurons-nous le plaisir de vous voir en France ?

Oui, le 8 et le 9 septembre…

Vous serez en France ?

Oui, à Saint Julien, le festival. Et puis au Raismesfest…

Vous avez prévu d’autres dates en France ?

Je ne sais pas ce que notre agence a prévu pour le moment. Ils doivent nous confirmer ces deux la, déjà, c’est quelque chose, non ?!

Oui !!! C’est un scoop car l’info n’est pas disponible sur votre site !

Non, pas encore, car ils doivent le confirmer. En fait, je l’ai noté à la main, on vient juste de me le dire !

Excellente nouvelle ! Bien sûr, si vous faites d’autres dates en France, ce sera encore mieux pour nous !

On essaie, on espère, on va voir ! En fait, nous commençons la tournée en mai et nous verrons bien quand elle s’arrêtera ! Sur le site, il n’y en a qu’une partie. Il reste beaucoup de dates à confirmer. La Russie devrait l’être, l’Amérique du Sud aussi.

Revenons au Web : que penses-tu de l’explosion d’Internet? Est-il important, à ton avis, que les groupes puissent utiliser cet outil ou bien cela représente un danger pour vous ?

Je pense qu’il y a deux façons de regarder cela. En bien ou en mal. En fait, c’est les deux. Internet est là, le téléchargement est là. Ou tu fais avec, ou tu essaies d’aller contre. Aller contre, tu n’y arriveras jamais car Internet est si grand, si puissant qu’il te faut trouver la façon de travailler avec. Il te faut trouver la façon de faire en sorte que cette machine, si on peut l’appeler ainsi, aide la musique et ne la tue pas. Je pense qu’il y a beaucoup de possibilités fantastiques et que la musique va être aidée par Internet. Car maintenant, un artiste, avec un petit budget, peut enregistrer une chanson. D’un clic elle se retrouve de l’autre côté du monde, là où elle n’arrivait pas auparavant, car il fallait y avoir un contrat discographique ; il y a beaucoup de choses positives à cela et il faut travailler avec cela. C’est la même chose lorsque le CD est arrivé. Il y avait les vinyls. Certains disaient que le vinyl c’était meilleur, que le CD était moins bon. Mais le CD est resté, il faut rester au niveau de la technologie et travailler avec.


Des sites comme www.hardrock80.com peuvent-il aider des groupes à promouvoir leurs albums et notre musique de prédilection ?

Oui, le monde Internet est à tous. Avec un clic, de l’autre côté de la planète, tu peux écouter un morceau. Quand beaucoup de gens parlent de quelque chose, de GOTTHARD dans le cas présent, beaucoup d’autres connaîtront GOTTHARD. Cela va donner un coup de main, absolument, oui !

Très franchement Léo, GOTTHARD est dans le cœur des fans et il y a eu une discussion sur le site d’où il ressortait que beaucoup de monde attendait avec impatience votre album. Il y a des gens qui comptent les jours.

Ah ! Merci! C’est gentil ! Tu peux leur dire qu’il est presque là !!!

Je te laisse les derniers mots pour nos lecteurs de Hardrock80 !

Un grand salut de ma part. Maintenant qu’Internet est là, la musique va continuer sa vie, différemment, dans un autre format. Mais il faut supporter la musique, dans n’importe quel format.

Un très grand merci, Léo, cela a été un réel plaisir de discuter avec toi.

Moi aussi et j’espère que nous aurons l’occasion de nous voir lors des dates en France! Merci du support !


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