FREEDOM CALL

 

Interview par Metalefice le 10.05.2007


Vu Fois


Dimensions


Votre nouvel album va sortir bientôt, deux années après “ Circle Of Life”. Cela peut paraître long à vos fans. Je suppose que vous avez travaillé dur tout ce temps. Peux-tu me dire ce que vous avez fait durant ces mois de silence ?
D’accord. Je pense que le plus important est que deux membres de FREEDOM CALL ont changé. Ils sont partis, nous ne nous sommes pas séparés dans l’amertume ou la colère. C’est juste que les deux gars avaient plein de trucs en parallèle, d’autres projets, ou un boulot comme pour CeDe (Cédric DUPONT, Basse) etc… Ils ont fait partie de FREEDOM CALL pendant plus de treize ans et comme dans toutes les relations, il y a un temps pour changer. Nous avons accepté leur décision et la respectons. D’un autre côté, nous avons trouvé deux super nouveaux membres.
Armin (DONDERER) est un excellent bassiste. Nous le connaissons depuis 1999, où il nous avait dépannés pour un concert car CeDe était en vacances ou un truc comme cela. Il nous a semblé naturel de continuer notre route avec Armin. Et Lars (RETTKOWITZ) est un mec très marrant, plein d’énergie. De plus, ces deux garçons sont d’excellents compositeurs. C’est ce que nous recherchions. Sur le nouvel album, ils ont écrit quatre chansons. Nul doute que pour FREEDOM CALL c’est un pas en avant, un nouvel esprit. Voilà, c’est vraiment le plus important en dehors de la tournée et de l’écriture de nouveaux morceaux.

Parlons un peu, en fait plus qu’un peu, du nouvel album. Sonne t-il exactement comme tu le souhaitais ?
Oui! Je pense que chacun des albums que nous avons fait correspond exactement à ce que nous voulions. Lorsque tu écris une chanson, tu es dans un état d’esprit particulier, un feeling spécifique. Tu travailles dans l’instant. Et tu ne peux pas savoir, un an à l’avance, quelle sera la personnalité de ton album. C’est juste que tu saisis l’instant. Je ne peux pas écrire une chanson sur la lumière de la vie ou un truc comme cela. Ca dépend de tes émotions, celles que tu as à l’instant précis où tu écris. Tous les disques que nous avons fait sont des trucs très particuliers pour nous, même si chacun des albums de FREEDOM CALL va dans le même sens, à savoir de belles mélodies, des chœurs marqués… C’est l’essentiel, nous faisons ce que nous voulons réellement.
Mais les détails sont très dépendants des périodes que tu traverses, de tes émotions. Et pour cela aussi, je peux dire que chacun des albums de FREEDOM CALL représente exactement ce que j’avais envie de faire.

Dans un sens, tu réponds par avance à ma question suivante… J’ai eu la chance d’écouter “Dimensions” et, à mon sens, il montre une évolution dans la musique de FREEDOM CALL. Bien entendu, il y a toujours cette section rythmique musclée… Vous faites aussi des balades merveilleuses. Mais il me semble que vous continuez à rechercher de nouvelles mélodies, des arrangements, des chœurs. Est-ce la direction que vous voulez prendre ?

Bien sûr! Ce que tu décris là est exactement ce qu’est la musique de FREEDOM CALL. Nous avons un excellent batteur en la personne de Dan ZIMMERMANN, il est capable de jouer des trucs rapides. J’adore ces tempos rapides combinés à de belles mélodies, des chœurs et des instruments classiques, symphoniques, comme des cordes.
Pas mal de gens me disent : « Bon, OK, un nouvel album, mais pas de grosse surprise dedans ! » Pourquoi donc ferais-je ce genre de truc pour nos fans ??? Les fans de FREEDOM CALL attendent des chansons rapides, avec de belles mélodies et des chorus qui cartonnent. Pourquoi changerais-je de style ? Nous sommes très honnêtes vis à vis de la musique. Nous faisons ce que nous aimons et nous faisons de notre mieux dans ce que nous savons faire. Je ne suis pas capable de faire de la soul music. Je pense être capable de faire du heavy metal, des choses rapides et mélodiques. Je ne sais pas faire d’autre chose et j’adore ce que je fais.


Je voulais ajouter que l’atmosphère générale de tous vos albums est joyeuse. J’appellerais cela de la musique qui sourit, même si parfois tu traites de sujets déplaisants comme dans “Mr Evil”. Cela représente t-il ta conception de la vie ?

Tout à fait, c’est exactement ma conception de la vie. Je pense qu’elle est bien courte, que tu dois en profiter et ‘carpe diem’ ! Je pense être un mec positif. Les gens ont déjà leurs problèmes dans la vie de tous les jours, peut-être dans leurs relations avec les autres. Ne compte pas sur moi pour écrire une musique déprimante. Quand tu écoutes un album de FREEDOM CALL ou que tu viens à un de nos concerts, je voudrais que ce soit pour toi comme un voyage dans la joie, du côté ensoleillé de la vie. C’est ce que je veux pour moi. J’ai aussi mes problèmes quotidiens mais je veux conserver le soleil au-dessus de tout cela.
Tu parlais de « Mr Evil ». C’est l’histoire d’une personne qui te donne l’impression qu’il est bien, amical, présentant bien. Mais dans le fond, c’est une crapule, le genre de type que tu peux rencontrer dans pas mal de situations. Le soleil brille mais dessous il y a des choses pas belles qui se passent. Plein de gens réagissent de la sorte. Ou si tu veux, c’est le clin d’œil d’une personnalité d’outre Atlantique… Je l’ai appris plus tard, mais c’est un des surnoms de Monsieur Bush… (rires)


En parlant de tes textes, accordes-tu une grande importance aux messages que tu veux faire passer? J’ai trouvé une grande évolution dedans, par exemple entre « Warriors Of Light » et, dans votre dernier album « Blackened Sun », c’est totalement différent.
Oui, cela fait partie de nos préoccupations. Ce que nous avions en tête lorsque nous avons commencé à écrire pour le nouvel album était « Que se passera-t-il lorsque toutes les ressources de la Terre auront disparu et qu’il n’y aura plus de refuge pour l’humanité ? » Nous devrons trouver de nouveaux endroits, peut-être une nouvelle planète, une alternative. Y a-t-il une autre galaxie où cela est possible ? Dans nos textes, tu peux trouver un certain nombre des questions que nous nous posons. Le concept de notre album est là : la recherche d’une vie meilleure, d’endroits plus agréables à vivre. Tous nos textes sont ainsi.
Par exemple, tu prends « Queen Of My World ». En lisant les paroles, tu peux te dire « Oh, c’est à propos d’une nana… Sympa! » En fait, nous avions dans l’idée de faire un truc plus symbolique et parler de l’obsession de l’argent, du pouvoir, des choses uniquement matérielles. « Queen Of My world » est cette obsession, dans le plus mauvais sens du terme. L’obsession est un sentiment très fort qui peut guider ta vie. Ce peuvent être des voitures, des maisons, des bateaux, tous ces trucs. Cela peut paraître sympa, tu as un beau bateau, une belle maison… Et quoi d’autre ? C’est dangereux, non ?
D’un autre côté, nous voulons donner de l’espoir, avec les moyens qui sont les nôtres. Laisse tomber le fric, la puissance, le côté matériel et vis tes idéaux, crois en l’amour et dans les choses positives.
Plein de nos morceaux sont comme cela. Ne te fie pas à ta première impression, le sens que nous avons voulu donner est peut-être caché


C’était plus évident sur votre précédent album « Circle Of Life», avec un message fort « sauvons la planète» alors que dans “Dimensions», vous parlez de choses plus différenciées, c’est plus varié dans l’inspiration.

Oui, je pense que tu peux trouver la même inspiration au moment où nous avons commencé à écrire, il y a toujours des connexions avec l’actualité. Par exemple, le changement climatique. Nous parlons aussi de politique au sens large. FREEDOM CALL a toujours écrit dans un style épique. Et nous le faisons encore cette fois ci. Mais toujours avec l’actualité en arrière plan.





C’est très important. Dans chaque album que nous avons fait, il y a des questions. Que puis-je faire pour que les gens réfléchissent à ces sujets? C’est la raison de cet album car nous estimons que ce n’est pas si éloigné dans le temps. Nous devons donc trouver une alternative.

Parlons de la musique elle-même. J’ai le sentiment qu’avec le temps, la structure de vos morceaux est de plus en plus élaborée, avec beaucoup de changemenst de rythmes, des chœurs différents. Es-tu d’accord avec ceci ? Ma seconde question est quel est votre secret ?
Oh, le secret…. Ce ne serait plus un secret si je le disais ! (rires). Nous essayons plein de choses différentes. Nous sommes très occupés avec toutes les possibilités lorsque nous écrivons nos chansons. Nous nous sommes donc construit un studio pour avoir assez de temps pour essayer des trucs, tester de nouveaux arrangements avec les instruments. Par exemple, je peux commencer à faire un arrangement avec des claviers, des synthés, pour obtenir un son « moderne. Puis, une fois que je l’ai terminé, après deux jours d’écoute, je me dis « c’est de la merde… » Je cherche et essaie plein de trucs avec tout ce que je peux, des claviers modernes, des samples, parfois des boucles… Puis, je les assemble avec des instruments classiques, je mixe tout cela pour obtenir un son plus conventionnel. Cela me plait beaucoup de travailler ainsi car le résultat final est passionnant. Et j’y ajoute des guitares bien hard, une batterie rapide… J’adore ! Je me moque de balancer à la poubelle des arrangements que j’estime ne pas coller avec FREEDOM CALL. Nous avons cette chance d’avoir notre propre studio. Autrement, il serait impossible de passer deux jours sur un seul arrangement et trouver que ce n’est pas le top. Si c’est nécessaire, je peux le faire une centaine de fois.


Dans un registre un peu plus général, maintenant, cela fait pas mal d’années que tu es dans le business. Comment qualifierais-tu celui ci ?

Je pense que c’est de plus en plus dur de faire de la musique, en particulier dans le heavy metal. Ce n’est pas un style à la mode, c’est plus « underground ». Cela s’est compliqué avec l’arrivée du Web et le téléchargement gratuit. Par exemple, lorsque le CD promo de « Dimensions » est sorti de l’usine de pressage, tu pouvais le télécharger gratis sur plus de 150 sites. Je trouve que c’est rageant de bosser dur en studio pendant huit ou neuf mois puis en une seconde et un click, tu peux l’avoir à l’œil. Maintenant, être dans le rock n’est pas rentable. Si tu veux vraiment du fric, change de boulot ! Mais ne fais pas du heavy.
J’ai grandi avec des musiciens dans ma famille, et commencé à jouer de la guitare très tôt. Je ne parle pas d’argent. C’est nécessaire pour faire des tournées, produire des albums. Perso, lorsque je me lève le matin (voire plus tard – rires), j’ai un but. J’avale un ou deux cafés, vais au studio et j’écris des chansons. C’est ce que j’aime faire et c’est sans doute la raison pour laquelle je garde le sourire. Je marche du côté ensoleillé de la vie, pas à l’ombre. J’ai de l’argent parce que nous avons beaucoup tourné. Que faire avec ce fric ? Acheter une nouvelle voiture ? OK, et au bout d’une semaine, je m’en serai lassé. Et j’en voudrai une autre, plus grande…L’argent te facilite la vie, c’est certain. Tu vois, je pourrais regarder les infos sur un écran extra large. Mais je peux tout aussi bien les regarder sur mon télé standard ! L’argent n’est pas mon but dans la vie. Cela m’aide juste à faire ce que j’aime. De la musique.

Je suis sûr que des musiciens t’ont influencé, même si ce n’est pas aussi évident que pour d’autres groupes. Qui t’a poussé à écrire et jouer de la musique ?
Je pense que mes influences ne viennent pas de musiques récentes. Ceux qui m’ont influencé viennent de ma jeunesse. Je n’avais pas assez d’argent pour m’acheter des albums. Donc, j’écoutais les disques que ma sœur écoutait. Je trouve qu’elle avait beaucoup de goût. Elle achetait des albums de GENESIS, ALAN PARSON’S PROJECT ou encore BARCLAY JAMES HARVEST. Ce sont mes principales influences. Puis, après, je me suis acheté DEEP PURPLE, VAN HALEN et AC/DC et tout ça. Mais je pense que mon inspiration principale vient de cette époque où j’écoutais les disques de ma sœur… Cela me guide à travers les années. Oui, c’est du rock progressif, c’était très mélodieux, c’était des mélodies positives. Et pour répondre à la question essentielle, je préfère les BEATLES aux ROLLING STONES…
Excuse-moi mais j’ai la prochaine interview qui arrive…

OK, juste une dernière question, si tu le veux bien, je pense que vous allez tourner pour promouvoir cet album, avez vous prévu de venir en France ?
Bien sûr! Cela doit être publié. Il est prévu que nous venions en France en novembre, pas pour un show unique mais plutôt pour six ou sept dates. J’espère que dans les semaines à venir, tu auras les infos via le site web.

Nous serons là, bien sûr !
OK et comme cela on pourra boire une bière ensemble !!!

C’était super de parler avec toi. Je vous souhaite beaucoup de chance pour « Dimensions »
Merci et mes amitiés à la France !




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Chronique de Dimensions


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