FRANCIS BUCHHOLZ
En exclusivité mondiale, et avec l'accord du fan-club français de Scorpions, www.crazyscorps.com, voici l'interview de Francis Buchholz.
Enorme exclusivité que cette interview de Francis Buchholz, l’homme étant resté dans l’ombre pendant 15 longues années !! Pour ceux qui ne le connaîtraient pas (j’ose espérer que ce n’est pas le cas !), Francis Buchholz a été le discret mais non moins efficace bassiste de Scorpions entre 1973 et 1992. 19 années de tournées, de succès et de gloire qui se sont brusquement interrompues du jour au lendemain, sans que jamais les fans n’aient connu la raison de son départ. Et c’est Francis lui même qui nous a contactés afin de rétablir la vérité.
Interview réalisé par Gegers.

Salut Francis, c’est vraiment très sympathique de ta part d’accepter de répondre à nos questions.
Quel effet de repartir en tournée avec Uli Jon Roth (guitariste de Scorpions de 1973 à 1978), 27 ans après que vous ayez donné votre dernier concert ensemble ?
C’est vraiment génial de rejouer avec Uli après toutes ces années. Dès que nous avons joué le premier morceau ça a été formidable : j’ai eu l’impression que notre dernier concert ensemble datait de quelques semaines seulement, et non pas de 27 ans ! La magie a opéré immédiatement. Uli est vraiment un génie, c’est un gars qui invente constamment des mélodies, et des mélodies cent fois meilleurs que celles que nous sortent en ce moment d’autres « guitar-heroes ». Mais tous les autres musiciens qui font partie du groupe sont vraiment fantastiques et insufflent une énergie positive au groupe. Ensemble nous pouvons jouer n’importe quoi, ca sonne toujours bien !


Francis à gauche sur la photo


Beaucoup de choses ont été dites à propos de ton départ de Scorpions, mais tu ne t’es jamais exprimé sur le sujet. Dans de nombreuse biographies du groupe il est écrit que ton départ est lié à de sombres histoires de comptabilité frauduleuses (Francis était en charge des finances du groupes jusqu’en 1985).Les fans aimeraient vraiment avoir ta version des faits.
Tout ce que disent ces biographies est totalement incorrect. J’aime être avec les gens que j’apprécie, je pense avoir un bon esprit d’équipe, et je suis encore aujourd’hui en excellents termes avec la plupart des gens qui ont bossé pour les groupe. Seulement dans le courant de l’été 1991 de nouvelles personnes ont été engagées pour s’occuper des finances, des formalités, du business quoi ! Mais je n’avais pas la même opinion que les autres membres du groupe sur l’utilité, l’efficacité ainsi que les intentions des personnes embauchées. C’est ce différent qui m’a obligé à quitter le groupe au printemps 1992.

Qu’as-tu fait entre 1992 et 2005 ? Certaines rumeurs disaient que tu faisais partie d’un groupe de jazz, mais nous n’avons jamais eu d’information concrète sur tes activités.
Non, je n’ai jamais fait partie d’un groupe de jazz. Tout d’abord, après mon départ du groupe j’ai pris de longues vacances, toutes ces longues tournées à répétition m’avaient vraiment usées. D’autre part je suis le père de trois enfants. Mais deux jumelles sont nées juste après mon départ de Scorpions. Aujourd’hui mes filles et mon fils sont des adolescents, et ils écoutent du rock ! Je me suis ensuite occupé un peu de politique, dans ma ville natale d’Hannovre. Et puis j’ai une entreprise qui méritait toute mon attention à l’époque : je loue du matériel d’équipement pour des concerts et des tournées. Au départ j’avais crée cette entreprise pour pouvoir louer dans amplis et des caissons de basse de ma fabrication, ainsi que pour offrir du boulot aux membres de la « road crew » de Scorpions entre deux tournées. J’ai aussi eu la possibilité de me rendre utile auprès de groupes de rock allemand en leur permettant de décrocher des contrats, ainsi qu’auprès de groupes américains en les aidant à organiser des tournées en Allemagne. J’ai également produit plusieurs groupes, j’ai donc passé pas mal de temps dans divers studios ainsi que dans mon propre home-studio. Plus tôt, au début des années 90, j’avais commencé à écrire un manuel d’apprentissage de la basse, « Bass Magic », qui a été édité en Allemagne. Et au début de l’année 2005 j’ai commencé à tourner de nouveau.

Tu as joué sur 12 albums de Scorpions (de Fly to the rainbow à Crazy wolrd). Quel est ton album préféré de cette période, et y en a t’il un que tu apprécies moins ?
Tous ces albums sont mes bébés, je les aime tous de la même façon, même s’ils sont très différents. Il est vrai qu’avec le recul certaines choses auraient pu être améliorées, notamment au niveau du mixage.
Récemment, lorsque Uli m’a appelé pour jouer de la basse dans son groupe, il a suggéré que nous jouions quelques morceaux des albums de Scorpions des années 70, de préférence des morceaux que les Scorps ne jouent pas sur scène lors de leurs tournées. Pour arriver à choisir les morceaux que nous allions jouer je me suis repassé tous les albums des Scorpions de cette période. Ce fut vraiment comme un voyage dans le temps, tous les bons souvenirs de cette époque ont ressurgi dans ma tête. Nous avons passé tellement de bons moments ensemble, et je pense que nous avions réussi à faire transparaître cette bonne entente sur nos albums. Je suis vraiment convaincu que chacun de ces albums représente l’excellent travail que nous avions fait ensemble.

As-tu écouté les albums que Scorpions a enregistré après ton départ ? Que penses-tu de ces albums ?
J’ espère que tu comprends que je n’aie pas vraiment envie d’en parler.

Quelles sont actuellement tes relations avec les membres de Scorpions ? La rumeur parle d’un concert spécial avec Michael Schenker et Uli Roth. Aimerais-tu y participer ? Sinon, quels sont tes futurs projets ?
Cette idée d’un tel événement me plait beaucoup effectivement, mais pour l’instant personne ne m’a contacté pour participer à quelque projet que ce soit.
Avec Uli nous allons revenir jouer en France au printemps, près d’Orly et Lillebonne. Ensuite nous allons partir faire quelques dates aux Etats-Unis. Nous prévoyons de sortir un album live de ces futurs concerts. Et nous reviendrons de nouveau en France à l’automne 2006 !

La seule chanson que tu aie co-écrit pour Scorpions est « Kicks after six » (sur Crazy world). Pourquoi n’as-tu pas plus pris part aux processus de composition ?
Etant donné que pendant les années 70 et la première moitié des années 80 nous devions nous occuper nous-même du management du groupe, tout cela me prenait beaucoup de temps. Sur la deuxième moitié des années 80 j’ai commencer à plus m’intéresser à l’écriture des chansons. « Kicks after six » est un des morceaux que j’ai co-composé à la fin des années 80, mes autres idées n’ont jamais été retenues par les autres membres du groupe. En revanche sur tous les morceaux du groupe (à part certains composés par Uli, qui savait ce que chaque instrument devait jouer), j’ai composé moi-même toutes les parties de basse. Chacun des membres du groupes prenait en fait part au processus de composition.

Pour finir, nous savons que tu visites régulièrement le site du fan club français. Qu’en penses-tu ?
Tout d’abord j’aime beaucoup le design de votre site internet. Vous avez très bon goût les gars ! Ce que j’aime beaucoup également c’est que tout un chacun à la possibilité d’exprimer son opinion dans le forum. D’autre part c’est vraiment une très bonne chose que votre site soit également disponible en anglais. Cela permet aux fans de tous les horizons et de toutes les nationalités quelle est la façon dont les français perçoivent les Scorpions. Lorsque je faisais encore partie de Scorpions j’aimais beaucoup passer du temps à discuter avec les fans après nos concerts en France. Je suis sur que si je les rencontre lors de nos prochains concerts avec Uli je serai capable de les reconnaître.
En décembre dernier, lorsque nous nous avons joué à Athènes, le fan-club grec de Scorpions avait organisé une petite fête après le concert, et tous les membres du groupe étaient invités, pas seulement Uli et moi. Tous ensemble avec les fans nous avions regardé de vieilles émissions télé auxquelles Scorpions avait participé. On s’est bien marré. Ce serait sympa si lors de notre prochaine venir en France vous organisiez un truc dans cette veine. En tout cas j’ai vraiment hâte de revenir chez vous, et de vous rencontrer !

Merci mille fois pour toutes ces réponses Francis.