EDGUY
Interview réalisé par Guillaume le 09.12.2005
Tobias Sammet est un gars en or ! M’appelant avec 15 malheureuses minutes de retard sur l’horaire prévu, il s’excuse au moins trois fois avant de me demander mon opinion sur le nouvel album, qui est bien évidemment excellente. Et l’interview commence.

Guillaume : Tobias, parlons du nouvel album. Même si les morceaux speed metal sont bien présents, cette album marque une évolution dans votre carrière, avec des morceaux comme « Matrix », « Superheroes » ou encore « Fucking with fire » qui sonnent comme des morceaux de hard rock moderne. Comment ressens-tu cette évolution ?
Tobias Sammet : L’évolution a été naturelle, et pas du tout préméditée. Nous sommes très satisfaits de nos précédents albums, nous n’avions donc aucune raison de changer. Mais sur cet album nous avons eu la chance de travailler avec Sacha Paeth, qui a produit Rocket ride, ce qui a quelque peu changé la donne. Ce gars-là est très ouvert et a l’écoute, et il nous a fait pas mal de suggestions, que nous avons pris en considération. C’est très important pour nous d’avoir un point de vue extérieur sur notre travail. C’est aussi Sacha qui est à l’origine de notre changement de son. C’était vraiment sympa de travailler avec lui.


As-tu composé les morceaux pour Rocket ride en 2005 ou avant ?
Certains en 2005, d’autres avant. Tu sais, on ne fait pas partie de ces groupes qui s’assoient 15 jours ou 3 semaines autour d’une table en attendant que les idées arrivent. En fait, dès qu’une idée me vient, je la note. Que je sois chez moi, en tournée, en studio…cela n’a aucune importance. L’inspiration arrive sans prévenir, il est impossible de la contrôler. C’est pour ca que certaines compos qui figurent sur l’album sont récentes, et d’autres plus anciennes.

Sur vos albums figurent des morceaux « fun », comme par exemple « Lavatory love machine » sur Hellfire club, ou « Trinidad » sur ce nouvel album. Ces morceaux « fun » sont un peu devenus votre marque de fabrique !
Non, je ne pense pas que ce soit notre marque de fabrique. Cela fait très longtemps que l’on met des morceaux un peu atypiques et bizarres sur nos albums. Sur « Here I am » par exemple, qui est une bonus track de l’album Vain glory opera, on se la joue carrément Bee Gees ! Et puis on a fait des trucs sympas sur Mandrake également, avec le lapin extraterrestre de « Save us now » et aussi ce truc de Louis de Funès, les « Gendarmes ». Et c’est vrai que l’artwork et certains morceaux de Rocket ride sont assez « fun ».
Mais bon ,nous sommes ce que nous sommes ! On prend les choses comme elle viennent. Et puis ce côté un peu déjanté et fun fait partie de notre personnalité, il n’y a aucune raison pour qu’il ne soit pas présent sur nos albums.

Quel est ton sentiment concernant ces « vieux » groupes allemands comme Scorpions ou Accept par exemple, qui ont en quelques sortes frayé un chemin pour les nouvelles formations de hard rock allemand. Je pense à Scorpions par exemple, qui a été le premier groupe allemand à vendre des millions d’albums et le premier groupe de hard rock a jouer en Russie.
Scorpions vraiment j’adore ! C’est un de mes groupes préférés. Je pense que mes deux morceaux préférés du groupe sont « Rock you like a hurricane » et « In trance ». Et puis Rudolf et Michael Schenker, aujourd’hui ce sont des célébrités, mais il ne faut pas oublier que ce sont les deux vrais premiers guitaristes de rock allemand ! L’Allemagne peut vraiment être fière de Scorpions.


Ok, mais penses-tu que leur succès commercial des années 80 et 90 a donné de la crédibilité au hard allemand et a permis à Edguy d’avoir un succès commercial à son tour ?
J’en sais rien, je suis incapable de dire si cela nous a permis d’avoir du succès. Quand ils ont fait leur plus gros succès avec « Still loving you », je n’étais qu’un gamin. Je ne me suis jamais posé la question de savoir si quelque part nous leur devons notre succès.

Le line-up d’Edguy est le même depuis maintenant 7 ans. Quel est votre secret ? Vous ne vous disputez jamais ?
Si, on se dispute souvent ! Et toujours sur le même thème : Qui va garder le pognon ? (rires). Non je blague. Je pense qu’on est tous suffisamment intelligents pour faire la part des choses et réaliser que l’intérêt du groupe passe avant notre intérêt personnel. C’est comme dans un couple : 2 personnes = 2 opinions. Edguy : 5 personnes = 5 opinions, autant dire que les choses ne sont pas toujours faciles ! Mais quand un couple sain se dispute, il ne divorce pas. Il cherche des solutions. Et puis, Edguy c’est avant tout un groupe d’amis. On cherche des solutions, des compromis, et tout se passe bien. Et si on n’arrive pas à se mettre d’accord alors c’est MOI qui décide ! (rires) Notre seul et unique objectif est que le groupe continue d’exister.


Il est de notoriété publique que tu es un grand fan de Michael Kiske et des Keeper of the 7 keys d’Helloween. As-tu écouté le Keeper pt.3 ? D’ou vient cette admiration sans bornes pour Michael Kiske ?
Oui j’ai écouté le Keeper pt.3, mais c’était à l’arrière d’une voiture sur un autoradio pourri et avec le moteur en marche, je suis donc bien incapable d’avoir un avis sur cet album !
Pour en venir à Michael Kiske, si je l’admire tant c’est tout simplement à cause de sa voix ! Mais j’aime aussi beaucoup Geoff Tate, Bruce Dickinson, Rob Halford, Bob Catley… Tu sais, chaque chanteur est influencé par un autre, et Michael Kiske est mon influence principale.

Que penses-tu de ses déclarations contradictoires concernant le metal ?
Il n’a jamais dit qu’il n’aimait pas le metal. On ne devrait pas le juger sur des déclarations hors de leur contexte. Il est très fier de ce qu’il a fait avec Helloween et il aime toujours les albums sur lesquels il a chanté. Quand il trouve qu’un morceau de speed metal est bon, il n’hésite pas à le dire. Et il n’a jamais caché aimer Edguy. Ce qu’il n’aime pas dans le metal, ce sont ces nouvelles tendances et ces groupes de satanic metal et de black metal, c’est tout.

Pourquoi ne jouez-vous jamais des morceaux de « The savage poetry » sur scène ? Il y a pourtant sur cet album d’excellents morceaux !
Je ne sais pas trop. Nous jouons en général 15 morceaux par concert, et certains morceaux sont assez longs. Nous devons donc faire un choix. En ce moment, nous sommes en train de répéter 40 chansons en prévision de la prochaine tournée. Nous en retiendrons 20, car il est fort possible que notre setlist varie un peu d’un soir à l’autre. Quel morceau de « The savage poetry » aimerais-tu que l’on joue ?

Pourquoi pas « Eyes of the tyrant », ou « Hallowed » ? Ces morceaux ont un énorme potentiel. Pour moi cet album est vraiment un de vos meilleurs.
Merci ! Je suis assez d’accord avec toi, c’est vrai que ce serait sympa de jouer un morceau de cet album sur scène. Je vois les autres bientôt, je vais leur en parler !

Y a t’il une date de prévue pour la sortie d’un nouveau DVD ?
Pas pour le moment, il s’agit juste d’un projet. Il est trop tôt pour donner une date de sortie. Nous allons filmer quelques concerts de la prochaine tournée, et nous essayerons de mettre un concert complet de la tournée sur DVD.

Si tu devais changer une seule chose sur chaque album d’Edguy, que changerais-tu ?
Le nom du groupe ! (rires) Et je changerai aussi la pochette de chaque album. A la place je mettrai une photo des membres du groupe avec de grosses moustaches noires dessinées au feutre (rires).

Quelques mots pour les membres du site Hardrock80 ?
Merci à tous pour votre soutien ! C’est grâce à vous si Edguy est encore sur les rails aujourd'hui. Nous sommes impatients de vous voir lors de notre prochaine tournée, à Paris et à Lyon. Préparez–vous a vous faire botter le cul, on va venir avec des tonnes de matos, les camions seront pleins jusqu’à la gueule ! Et surtout, keep rockin’ !