Je
sais déjà que le numéro 2 va avoir
un peu de retard, par rapport à la date prévue
par les NMPP. Par contre, pour le numéro 3 je n'ose
même pas y penser, pas génial pour un début,
ce n'est pas de cette manière que nous allons fidéliser
notre clientèle.
Je demande à Pascal de fixer une date avec
COMPO RELAIS, car il y a de quoi faire une vingtaine de
pages.
Quand je rentre chez moi, mon épouse m'apprend que
Fabienne Chambault (Phonogram), s'inquiète
de ne plus avoir de mes nouvelles, je ne suis pas surpris
de cet appel perso (le téléphone portable
n'existait pas), c'est logique au bureau je ne reçois
aucun coup de fil, ni message, ni courrier, ni disque.
|
|
De
retour dans ma case, je 'phone à tous mes contacts,
cette fois j'en ai les trois quart en direct, ils me racontent
tous à peu près la même chose : ils
m'ont rappelé dès qu'ils ont eu mon message
et ils ont discuté avec mon proche collaborateur
qui s'était engagé à me transmettre
toutes les infos.
C'est nouveau, j'ai un collaborateur, pourquoi pas ! Ici
plus rien ne m'étonne.
Le meilleur c'est pour la fin :
- Que penses-tu des disques que je t'ai envoyés
?
- Je n'ai jamais reçu de disques, tu as dû
te tromper de canard !
- Ca a été livré par coursier à
ENFER Magazine, 16 bis, rue de Romainville. 75019 Paris,
c'est bien la bonne adresse ?
- Oui y a pas d'erreur mais je n'ai rien reçu, je
peux te donner ma parole !
- J'ai en ma possession des bordereaux signés, tu
peux venir les voir et je fais confiance à nos coursiers,
ce serait un drôle de hasard, car c'est la première
fois que nous rencontrons ce désagrément.
Hé ouais, quel " drôle de hasard ",
surtout quand tous mes interlocuteurs ont le même
discours. Les disques et divers paquets arrivent mais où
sont-ils ?
Si quelqu'un cherche à couler le Mag' c'est bien
joué. Le faible QI et le manque d'intelligence des
gens qui arpentent les lieux, m'interdisent de croire que
c'est le but. Mais cette connerie va coûter cher au
journal, nous venons sérieusement de perdre en crédibilité,
c'est vis-à-vis de Phonogram et Virgin que c'est
le plus dommageable.
Sans perdre la moindre seconde, je descends les marches
quatre à quatre et vais m'adresser à H,
le directeur " en bois " de la publication.
|
|
|
-
Peut-être pourrais-tu me présenter mon proche
collaborateur, je viens d'apprendre que j'en avais un ?
Gêné, le sourire jaune et forcé, la gueule
figée, il me répond :
- C'est quoi ces conneries ?
- Rien, juste que je viens d'avoir diverses personnes de maisons
de disques, elles ont toutes parlé avec mon proche
collaborateur, j'ai aussi appris, que plusieurs paquets qui
m'étaient adressés sont bien arrivés,
puisque quelqu'un les a interceptés, il a même
signé un bordereau, tu ne trouves pas ça bizarre
?
Bien entendu, t'es au courant de rien ! Toute la bande qui
squatte ici, vous êtes des sacrés losers, vous
ne voyez même pas le tort que vous créez au "
canard ", quand je pense qu'en plus tu es le Directeur
de la publication, quelle misère ! Mon gars si les
journalistes savaient tout ça, sans parler des kids,
avec votre mentalité de m
et votre FHMA, vous
ne pensez qu'à vos gueules.
|
|
Je
suis sûr qu'il y a un mec qui n'est pas au courant de
vos combines, c'est Y, dès que je le vois je
lui en touche un mot, après j'aviserai !
Je claque la porte et rentre chez moi, aussitôt je recontacte
les sociétés de disques et propose de me faire
parvenir dorénavant les colis en direct, personne n'y
voit d'inconvénient.
En préparant mon boulot pour le lendemain, je viens
de me rendre compte, que dans la colère, j'ai omis
de prendre le boulot pour Pascal.
Retour à la case départ sans prendre les 20
000, au ghetto une fois n'est pas coutume c'est bien calme.
Normal, le truc qui me sert de bureau a été
fouillé à fond, le peu que j'ai laissé
la veille a été dépouillé, je
vérifie juste si le dossier que j'ai oublié
est toujours en état et qu'il n'y manque rien.
Derrière les autres portes, les toquards attendent
ma réaction. Pauvres types, ils n'ont toujours pas
compris qu'à mes yeux, seul le Magazine et ceux qui
le font ont de l'importance. Je quitte la place sans rien
dire, les laissant sur leur faim.
Des sujets de satisfaction, il y en a très peu à
ENFER, mais il faut le cacher au maximum, il faut avancer
car demain tout peut sourire.
Chez COMPO RELAIS, l'ambiance n'est pas la même, les
gens sont cools et souriants, Pascal est déjà
là et m'accueille avec une banane grande comme ça,
p
, ça fait du bien. Yves se joint à nous,
nous élaborons notre schéma d'action, avalons
un café et hop c'est parti.
Z me fait demander au téléphone :
- Salut Dany excuse-moi de te déranger, mais j'ai
besoin de toi pour finir le numéro 2, Avanti nous ont
envoyé tous les films, il faut les vérifier
et les porter à l'imprimerie, il faut aussi que je
te voie de toute urgence, je ne peux rien te dire maintenant,
mais c'est très sérieux.
- Désolé, mais là tout de suite je ne
peux pas bouger, c'est impossible, nous en avons encore pour
trois bonnes heures au minimum. Si tu veux, on se retrouve
plus tard au bar sur la place à Romainville.
- Non je suis obligée de partir, c'est la merde.
- Que proposes-tu alors ?
- Demain matin 10h et je t'apporte les films.
Je reste planté là, je ne comprends rien, Pascal
vient aux nouvelles, il me regarde :
- Qu'est ce qui se passe, t'es tout bizarre ?
- Je ne sais pas, j'ai été surpris par ce que
vient de me dire Z, elle n'était pas comme d'habitude,
ça ressemble à un appel au secours, j'ai rien
compris mais c'est urgent. En tout cas elle ne m'a pas parlé
du mag', à part qu'elle détient les films et
qu'il faut les porter à l'imprimerie, point. J'ai rencard
avec elle demain. J'en sais pas plus. J'en ai ras le c.. de
toutes ces galères.
Tracassé j'appelle mon épouse, comme elle
n'a aucun contact avec les gens d'ENFER, elle ne saisit pas
non plus.
J'ai gambergé toute la nuit, pas moyen de dormir et
pourtant je suis cuit.
A dix heures du mat' j'entre dans le rad', il n'y a encore
personne ! Je m'installe à la première table,
puis je vois Z approcher, elle a une tête de
déterrée, elle n'a pas fermé l'il
non plus me raconte-t-elle, puis elle enchaîne :
- Au fait, avant d'oublier, j'ai les films dans la voiture.
Je lui coupe la parole :
- Alors qu'est ce qui se passe ?
Ce magazine n'a pas volé son nom, c'est vraiment l'enfer,
il ne manquait plus que ça, c'est un vrai feuilleton,
le numéro 2 n'est pas encore dans les kiosques que
les deux directeurs financiers disparaissent de la circulation.
|
La
parution du numéro 1 a été à
peine fêtée et la sortie du prochain le sera
encore moins, mais cette fois-ci, ça s'explique.
Deux jours après, j'accompagne Z, au rendez-vous
prévu à l'imprimerie des Mureaux. Monsieur
La Rochette est dans le hall de réception,
je lui présente Z, puis nous filons directement
dans son bureau où mon imprimeur en " chambre
" est déjà confortablement installé.
Sur un guéridon il y a du café et des boissons
rafraîchissantes, nous nous servons puis prenons place.
Je me tourne vers Z, nos regards se croisent nous
ne sommes pas à l'aise.
Mr La Rochette attaque sèchement :
- Tout a déjà été dit et
expliqué, le mode de fonctionnement, nos compétences,
etc, etc
nous n'allons pas nous répéter,
comme il a été convenu, aujourd'hui vous devez
me remettre un chèque.
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Avec Carl Canedy (batterie) The Rod's (Bernett Records),
en France pour l'enregistrement de l'opus de Rhett
Forrester et le Breaking Sound Festival
.
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Bonjour,
l'entrée en matière, il a débité
son laïus sans marquer une pause, quant au sourire il
a dû l'oublier dans les WC (pour ne pas utiliser un
terme plus cru). Dans ces moments-là, il ne faut pas
être parano, à croire qu'il est au courant pour
X et Y.
|
Z
ne pipe pas un mot, elle pose sa sacoche sur les genoux,
l'ouvre et en sort un petit sac plastique bourré
de billets de banque. Je n'en crois pas mes yeux. La
Rochette se lève brusquement. Mon collègue
ne réagit pas, ça le dépasse. Z
surprise est paralysée, quant à moi je me
demande si ce cauchemar va prendre fin un jour.
Calmement La Rochette invite Z à ranger
tout ça dans son sac, il se rassoit :
- Vous avez de la chance, que le patron n'ait pas assisté
à tout cela, point. Je ne vous demande aucune explication,
mais si vous voulez travailler avec nous ce sera avec des
chèques pas autrement. Avez-vous une proposition
à me faire ?
Z ne sait trop quoi répondre, elle bafouille.
Je propose de reporter ça à un autre jour.
Nous sommes tous d'accord sur le principe. Mr La Rochette
précise que si cela peut faciliter les choses, il
sera toute la semaine sur Paris et qu'il aimerait bien,
pour repartir sur de bonnes bases, qu'on lui donne cette
fois-ci un chèque de banque, voilà qui est
clair. L'art et la manière de se discréditer
une fois de plus.
Durant les dix jours qui suivent, ma relation avec Z
s'est nettement améliorée, la nouveauté
c'est que nous communiquons tous les jours.
Elle découvre petit à petit les magouilles
qui se trament dans le ghetto de la rue de Romainville.
Nous avons aussi revu Mr La Rochette et tout est
rentré dans l'ordre, (mais pour combien de temps
?).
NOTA.
A dater de ce jour je n'ai plus jamais revu Y et je le regrette,
car s'il était resté aux commandes du magazine,
je suis convaincu qu'ENFER existerait toujours aujourd'hui
et j'ajoute même que j'y serais encore, n'en déplaise
à certains. Quel gâchis!
|
.jpg)
Lars Ulrich (Metallica) _ ENFER N° 7 (Novembre 1983)
|
|
Dans
la page des P.A. dès le numéro 3 puis les
suivants, il y a des petits mots destinés à
Y, du genre " message de l'au-delà " avec
en incruste " IZGOUD MILOUD " (sa phrase du moment),
ou encore " ce numéro est dédié
à
", " amitiés "
.
Pendant la confection du numéro 3, j'ai un peu plus
de temps car l'équipe technique est fiable, Pascal
assure et ça me fait un bien fou.
Ainsi, pour aider des groupes, je rends visite aux compagnies
discographiques et organisateurs de concerts, ce n'est pas
l'euphorie. METALLICA, VENOM, VIRGIN STEELE... font
sourire et je ne remporte aucun succès.
Cela ne m'a pas empêché d'essayer de prendre
des paris sur METALLICA, malheureusement aucun ne
s'est risqué, d'après eux, plus pour me protéger
que la peur de perdre leur mise.
|
Après
quinze jours d'éloignement X réapparait,
nous nous réjouissons, mais je l'avoue honnêtement
si j'avais eu le pouvoir, je l'aurais échangé
contre Y sans hésiter une seule seconde.
En moins de temps qu'il faut pour l'écrire, le climat
est revenu à la suspicion, l'atmosphère se pourrit
à nouveau.
J'en informe Z et lui réclame un endroit plus
adapté, car tout le monde en a marre et nous voulons
tous faire évoluer ENFER. Le numéro 3 bénéficiant
d'un cahier supplémentaire
de 16 pages, nous avons besoin de sérénité. |
Les
" scribouillards " souhaitent qu'AC/DC soit
en couverture du numéro 4, à la réunion
du comité de rédaction cette idée fait
l'unanimité. Dix minutes plus tard, le sommaire qui est
soumis, fait plus de 150 pages, un tri s'impose.
Après délibération les principaux écrits
seront consacrés à BLACK SABBATH - AC/DC -
B.Ö.C. (le band est annoncé pour bientôt
avec Aldo NOVA) - TWISTED SISTER (concert prévu
à Paris) - MAMA'S BOYS - SORTILEGE - la chronique
débranchée sera pour MOTORHEAD, une large
place sera occupée par le Aardschok Festival 83 qui a
lieu en Hollande, sans oublier les rubriques habituelles.
Très déçu, suite aux visites effectuées
chez les divers majors, je repars à la quête de
maisons de disques et vais faire un tour chez le distributeur
Musidic, qui abrite plusieurs labels indépendants. Je
vois quelques personnes mais rien de bien transcendant. Avant
de sortir, je me dirige vers une machine à café,
quand soudain, quelqu'un me tapote sur l'épaule, je me
retourne.
- Qu'est ce que tu fous là ? Entends-je.
- Ben hé toi, jusqu'à preuve du contraire ici
tu n'es pas sur tes terres ?
La personne avec qui je discute se nomme Jean-Patrick
Fillet, à cet instant je crois qu'il travaille toujours
avec Claude Ismaël à l'international chez
Polydor.
- Y a un bout de temps que j'ai quitté Polydor !
- Qu'est ce que tu fous maintenant ?
-
Suis-moi je vais te montrer mes nouveaux bureaux !
Sur la porte d'entrée il y a un autoadhésif sur
lequel apparaît en gros " Bernett Records ", ça m'interpelle.
-
Bernett Records ! C'est quoi ce truc, vous produisez quoi ?
- C'est la boîte de Sam Bernett, tu connais ?
|
Tournée
Mama's Boys / Tokyo Blade. Nantes avec de gauche à
droite, mon ami Tommy McManus (RIP) (batterie) Mama's
Boys, bibi, Joe Wynne (manager) Mama's Boys puis Winter's
Reign, Jean-Patrick Fillet (label manager) Bernett
Records, la personne avec j'ai directement travaillé
pour tous les groupes signés en 83/84/85. |
|
-
Bien sûr que je connais Sam, La Tour De Nesle,
Le Rock'N'Roll Circus, tiens d'ailleurs c'est lui qui m'a
présenté Johnny Hallyday, Sam
est ici ou pas ?
- Non, si tu veux le voir il faut que tu ailles ce soir
au nouveau Rock'N'Roll Circus, qui se trouve sous l'Olympia.
- A la place du Rose Bonbon ?
- Exact !
- Je n'irai pas ce soir mais bientôt !
- Alors c'est quoi le catalogue Bernett ?
- Pas grand chose pour toi, mais nous avons mis sur le marché
un maxi de Marc TOBALY et un single de Joe LEBB.
- Non je te crois pas, tu déconnes, Marc et
Joe des VARIATIONS ?
- Tu connais ?
- VARIATIONS, j'ai bossé avec eux en 1968,
le manager c'était Alain, le frangin de
Marc, et c'est Magda la frangine qui s'occupait
de la promo et du fan club. Sur un des 45 tours il y a même
une chanson qui porte son prénom, leur agent c'était
Jean Pierre Bertola. Ca fait un bail, j'aimerais
bien revoir Marco, si son maxi sonne bien je passe
la chronique dans ENFER.
|
-
Pourquoi, tu as tes entrées à ENFER ? Enfin
un vrai mag HARD, j'en avais ras le bol de " Bette
" et " Rock'n'folle " (titres généralement
donnés par ceux qui étaient gavés).
- C'est vrai que t'es branché HARD, toi, j'avais
zappé. Ben ENFER c'est un peu mon bébé,
au numéro 1 j'étais associé et maintenant
j'en suis le directeur de la rédaction. Justement
comment ça se passe avec Sam, As-tu carte
blanche ? La boîte, elle a les moyens ?
- Pourquoi tu me demandes tout ça ?
|
-
Parce que si vous avez un peu de thunes et des cojones,
j'ai des bombes et je recherche des compagnies, pour mettre
seulement les disques en place. Le reste je m'en occupe,
je sais faire, j'ai le mag et des journalistes en béton,
ensuite petit à petit tout le monde viendra nous
manger dans la main, ça complètera le plan
promo, idem pour les agents de concerts. Fais-moi confiance,
je te parais prétentieux, mais je sais de quoi je
parle. Je te donne juste un nom, retiens-le bien METALLICA,
mais il n'y a pas que ça, des groupes qui tiennent
la route, il y en a une bonne trentaine. Qu'est-ce-que tu
en penses ?
- C'est sûr que c'est génial, moi ça
me branche, mais je dois voir avec Sam, ce ne sera
pas facile le HARD ce n'est pas sa tasse de thé.
- Vois avec Sam et si tu sens que ça peut
être bon, tu organises une réunion, je viens
avec plaisir. Bon passe-moi tes deux galettes de Joe
et Marco. Tiens, ça c'est mon numéro
perso, tu tomberas sûrement sur ma femme mais ça
roule. Dernière chose, j'ai déjà fait
le tour et vu tes " toquards " de concurrents,
tous des frileux qui n'entendent rien au HARD, en plus ils
ne voient rien venir, si vous marchez, vous avez un boulevard.
Sur le chemin du retour, je me dis que ces retrouvailles
ne sont pas insignifiantes et j'ai le profond sentiment,
qu'il va se passer quelque chose de sérieux dans
peu de temps.
A la maison comme chaque soir je consulte mon bloc sur lequel
ma moitié a consigné tous les messages, il
y en a deux importants :
I°) - Eric Cook le manager de VENOM vient
à Paris il désire me rencontrer et sera accompagné
de David Wood, le boss de Neat Records qui est aussi
le label de RAVEN.
II°) - Michel Kilhofer souhaite me parler d'un
festival HARD, qu'il projette d'organiser en septembre à
Mulhouse.
Rue de Romainville, il y a moins de bruit, mais pas plus
de respect, l'endroit qui m'est réservé, est
inspecté chaque jour, le moindre objet que je laisse,
disparaît. Heureusement pour l'essentiel, tout arrive
à mon domicile.
|
Couverture
ENFER N°4
|
|
Je
prends contact avec Eric Cook, nous bloquons instantanément
un rdv, car il a des photos de VENOM, en exclusivité
mondiale pour le mag'.
Puis je communique avec Joëlle Kilhofer, qui
confirme qu'un festival est bien prévu à Mulhouse
mi septembre et qu'elle souhaite un partenariat avec ENFER,
il y a déjà plusieurs groupes de pressentis,
dont BLACK SABBATH - B.Ö.C - TWISTED SISTER - MAMA'S
BOYS, quelle étrange coïncidence c'est le
tiers de notre sommaire, si nous collaborons, nous pourrons
compléter le contenu du " canard ", avec
les autres groupes qui feront partie de l'affiche.
X est déjà au courant, depuis son retour
il ne s'est pas trop montré, mais là il est
fermement décidé à associer la FHMA
avec le festival, il m'informe qu'il a déjà
négocié avec les Kilhofer, ce dont
Joëlle ne m'a pas avisé.
Les deux parties ont certainement bien avancé dans
le deal, puisqu'il ne reste plus qu'à fixer une date
pour se rendre à Mulhouse. J'apprends dans le même
temps que je dois obligatoirement accompagner X.
Nous sommes dans l'urgence, car l'info doit paraître
dans le numéro 4. Je consulte mon agenda et donne
mes dates de disponibilité.
En
milieu de semaine, Max me téléphone
pour savoir où sont stockées nos bobines de
papier, je ne décrypte pas sa requête. En fait
l'usage veut que le propriétaire du titre achète
directement le papier chez un grossiste et le dépose
chez l'imprimeur. N'étant pas au parfum de cette
pratique, je me trouve dans le " caca " et n'ai
aucune solution.
Je laisse le soin à Max de débloquer
la situation, quelques heures plus tard il a trouvé
une issue, mais Monsieur La Rochette émet
certaines conditions pécuniaires, à régler,
dès le lundi matin, avant la mise en route des machines.
|
|
Avec
Pascal ça tourne et j'ai pris mes marques avec
COMPO RELAIS, tout le montage est terminé, prochaine
étape la photogravure.
Comme je l'avais prévu, nous avons pris du retard pour
ce numéro 3, par chance, Alain a anticipé
et réglé le problème avec Paris Match,
la photogravure est reportée d'une semaine.
Pour gagner du temps Pascal est passé chez PRS,
déposer les photos qu'il avait calibrées pour
être scannées rapidement.
A mon arrivée chez PRS, Alain me présente
Monsieur Roland Chicot (un super bonhomme, dont je
garde un immense souvenir) il faut que je reste auprès
de lui car il a besoin d'infos, c'est Roland qui va
s'occuper de tous les films photos.
Au fur et à mesure, je fais connaissance du personnel
et découvre d'autres machines, ici tout va très
vite, c'est affolant.
Il est 20h, chez Paris Match, il y a quelques difficultés
insolubles dans l'immédiat, sans hésiter Alain
stoppe la production et crie : " tout le monde passe
sur ENFER ", puis il m'agrippe le bras et m'emmène
au premier, il y a 10 tables de montage, dont 7 sont occupées,
je fais connaissance des gars un par un, arrivé au
dernier Alain me dit : " lui c'est Philippe,
il vérifiera chaque page avec toi, si tu es d'accord
tu signes le B.A.T, sinon tu lui expliques, ce qui ne va pas,
jusqu'à ce que tu obtiennes satisfaction ".
|
NOTA.
Nous avons vite lié une très grande amitié
avec Phil., nos familles se fréquentaient, nous partions
dès que possible au vert chez ses parents qui possédaient
une immense villa. Un p
de matin pas comme les autres,
un coup de fil de sa petite femme Fabienne, m'annonce que
mon pote venait d'avoir un accident de moto, Phil. y a laissé
son bras droit
|
Au
New Morning avec Pat McManus, une vingtaine d'années
plus tard, ici avec son " Band ". ©
Alex Mitram
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Habituellement
à 22h, la moitié du personnel va manger, au
retour à 23h c'est l'autre partie qui prend son break.
Paris Match étant en panne, Alain s'adresse
à sa bande : " si tout le monde s'y met, ENFER
est bouclé à minuit, je ferme la boutique et
nous pouvons tous aller grignoter ensemble! " tout
le monde est d'accord.
Il propose un restaurant qu'ils ont l'air de tous connaître,
dans la foulée il réserve, (du côté
de Bastille, le W. E. il est possible de trouver quelques
endroits qui servent assez tard).
Comme tous les vendredis, je sais que je peux joindre Z
dans son Night Club. Je lui donne des nouvelles et lui explique
le plan " bouffe ", que nous sommes une douzaine
et que ce serait sympa de prendre l'addition à notre
charge, je reçois un oui bien franc.
Avant de la quitter, je lui rappelle, que lundi je dois déposer
un chèque à l'imprimerie, pour le papier.
|
|
Pendant
que nous nous apprêtons, Alain s'active à
préparer le paquet qui doit être livré
dans la nuit aux Mureaux, pour façonner les plaques.
Lundi matin à 8h, le chèque en poche, je prends
un taxi direction les Mureaux. On se tape tous les bouchons,
bien entendu je vais me pointer en retard au calage, j'ai
les b
. le chauffeur m'annonce que pour lui aussi la
journée a mal commencé et que si j'ai personne
pour me ramener sur Panam, il veut bien m'attendre, mais pas
plus d'une heure.
J'y suis enfin, Max s'avance vers moi, il a la banane
:
- Salut Dany, t'inquiète, y pas l'feu, ton
" canard " roule, ça se passe super bien,
suis-moi.
Sans attendre je lui file le règlement, en échange
il me remet une copie du numéro 3, que je dois comparer
avec les cromalins placés sur la table. Je vais directement
page 4 voir la belle Lita FORD et dévore le
reste, je n'ai rien à redire, je ne reste pas très
longtemps, prends quelques numéros, serre la main à
Max et saute dans la voiture.
Le
retour parait moins compliqué, l'autoroute est vide,
je vais rentrer plus tôt, ça m'arrange, c'est
ce soir que je vois Eric Cook et David Wood.
|
|
19h
tapantes, ça sonne à la porte, j'ouvre, ce sont
nos invités. La soirée se passe bien, Eric
me décrit en long et en large ce qu'est VENOM,
il ne me vante pas la musique, mais son concept, son schéma
est sensationnel.
Il a construit une réputation autour du groupe, aujourd'hui
il lui donne une image, il cherche à créer l'évènement
en dehors de la musique, il souhaite faire connaître
VENOM et marquer les esprits que l'on apprécie
ou non les morceaux que jouent Cronos, Abadon et Mantas.
Après un bon repas, nous regagnons le salon, pour prendre
le café. Nous abordons d'autres sujets, David me parle
de Neat et des artistes qu'il produit, il me donne des disques,
des badges, des autocollants
Eric
se lève pour prendre une valise, il en ressort des
vinyles en tous genres et des t-shirts de VENOM, puis
il prend une chemise et me la tend, il y a deux photos l'une
de Mantas et l'autre de Cronos, cette dernière
me scotche, interdit de laisser passer cette chance. Nous
intègrerons VENOM au sommaire du numéro
4 (photos pages 12/13). Je m'engage vis-à-vis d'Eric
de développer son groupe en respectant sa démarche,
car je la trouve géniale et je suis convaincu. A David,
je promets un deal avec un label.
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Cronos (Venom)
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Quand
nos gaillards prennent congé il est 4h du mat', je
suis naze, je regarde mon agenda il n'y a pas d'urgence, je
décide de rester un peu plus longtemps au pieu.
La sonnerie du téléphone nous réveille,
c'est Jean-Patrick Fillet, il veut me voir le plus
vite possible, il comprend à ma voix qu'il vient de
me sortir du lit, lui c'est le contraire il est survolté.
Finalement nous avons rencard dans l'heure, j'ai le temps
de passer sous la douche et de prendre mon p'tit déj.
A
SUIVRE
.
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