DANY TERBECHE
(Enfer Magazine)

- Partie 3 -

 

Mai 2010

Propos recueillis par Frank Berlez pour le compte de www.hardrock80.com
Photos : collection privée de Dany Terbeche - utilisées avec son aimable autorisation - copyright, toute reproduction ou utilisation interdite.

Mise en page Joel "JoeHell" Jusmet




Vu Fois





___ En mémoire à mon ami Ronnie James DIO "Rest In Peace", Dany ___

Chaque jour les journalistes me font écouter des K7 de nouveaux groupes, bien entendu je ne suis pas toujours séduit mais derrière bon nombre d'entre eux je découvre de sacrés musicos, leur musique est originale et pour certains il y a même de la qualité.
Dès les trois premiers numéros, nous avons fait des papiers sur MERCYFUL FATE - VIRGIN STEELE - SATAN… sans oublier MANOWAR - VENOM ou METALLICA.
Lorsque Bruno Labati, Jean François Jimenez, Daniel Garcia ou Eric Galinsky et consort, viennent me présenter un artiste, ils n'arrivent pas comme l'on dit les mains vides, loin de là, ils savent tout ou presque de lui et me délivrent à chaque fois un topo assez précis.

Pour l'heure il y a deux combos qui sortent de l'ordinaire, le premier pour son indéniable talent j'ai nommé METALLICA, le second pour sa démarche je veux parler de VENOM, au sujet de ce dernier il est composé de trois musiciens, mais le personnage qui attire plus particulièrement mon attention c'est celui qui se cache derrière eux, un dénommé Eric Cook le manager.
Pourtant une question me hante l'esprit : pourquoi faire connaître ces groupes puisque nos lecteurs ne peuvent pas se procurer les disques, à l'exception de quelques rares imports ?

Conclusion :

I°) Dans l'intérêt général dont celui du mag' il faut aider tout ce beau monde à sortir de l'underground, l'avenir du mensuel dépend de l'émergence de tous ces groupes.
II°) Si nous voulons éviter la catastrophe et ne pas entrer dans une conception élitiste de l'enseignement, je me dois de porter une seconde casquette et monter au créneau pour trouver des deals auprès des sociétés discographiques, je sais que ça ne va pas être du gâteau, le Hard ne faisant pas bonne figure, mais ai-je le choix ? Allez " aide-toi le ciel… ".

Dans ma geôle (sans serrure), je bosse dans un bordel sans nom, dans les couloirs ça gueule de partout, le compte à rebours du concert d'ACCEPT est lancé.

Chez Avanti le numéro 2 avance, j'ai sous les yeux les pages 4, 5 ,6 ,7 qui sont terminées et elles ne peuvent être modifiées quoi que j'en pense, tant pis, ce sont les accords pris entre les divers protagonistes et ce sera ainsi jusqu'à la fin.

Je découvre aussi que le sujet sur MAIDEN, n'a plus de titre et que les signatures des journalistes sont passées à la trappe. Lorsque je reçois la page 18 et aperçois le griffonnage provenant d'un studio, j'ai un haut le cœur. Qui a bien pu avoir cette idée de m… ? Comment oser présenter ce gribouillis dans la rubrique " la bombe du mois " après la photo de la magnifique Fabienne SHINE.
Ensuite, je parcours l'édito page 3, cosigné X et Y, je n'en dirai pas grand chose, si ce n'est que les engagements pris ne me concernent en rien, excepté un cahier supplémentaire de 16 pages quadri que j'ai obtenu grâce au seul Y.
Par contre je garde toujours en mémoire cette phrase complètement ringarde : " Je hais les éditos ordinaires, je hais tout ce qui est ordinaire d'ailleurs ", que dire : juste que ce ramassis n'a rien à voir avec un édito, ensuite j'en déduis que dans la deuxième partie de cette phrase, X m'apporte la preuve qu'il ne s'aime pas.
En page 2, je prends connaissance du courrier des lecteurs, car ces lettres ne m'ont jamais été remises.
Page 31, pèle mêle, j'apprends, alors que c'est mission impossible, qu'il y aura une suite au " Metallic Opus " sur le ZEP…, le Mag remercie aussi Music Défonce pour la daube page 18. Si ça continue comme ça, en couverture, il faudra changer le titre d'Enfer par Guignol Mag.

Dans cette situation, je ne rigole pas, bien au contraire, je me demande même si mon nom va figurer dans l'ours et si c'est le cas en tant que quoi ?
Ce numéro deux me fait vivre un vrai calvaire, il est à l'opposé de mon engagement, que ce soit dans le travail, dans son concept, dans l'esprit et la relation humaine, il n'y a plus de plaisir encore moins de satisfaction… et dans ce cas comment former une vraie " dream team " je suis tenté de dire " ma dream team ".
Je suis las, épuisé, découragé, je viens de prendre un uppercut tel un boxeur je suis au bord du KO , je suis sérieusement sonné… j'entends déjà au loin le décompte de la fin…ciiiiinq, siiiiiix, seeeeept, huuuuit, je relève la tête difficilement, je retrouve quelques sensations, il faut que je reprenne le combat, beaucoup seraient contents que je jette l'éponge aussi rapidement, une voix intérieure m'interpelle : pour la première fois de ma vie vais-je abdiquer ?
Comment pourrais-je quitter le navire ? Car malgré tous ces tourments, nous touchons presque au but !

Je quitte cet endroit sordide et rejoins le bar situé à deux cents mètres sur la place, je m'installe à une table, je reste là à consommer pendant plusieurs longues minutes.
Je reprends tout à zéro : à quoi ça sert de faire un " canard " de musique et en l'occurrence de cette musique ? A vrai dire, d'un point de vue commercial et économique je trouve peu de réponses plausibles.
Donc je ne comprends toujours pas où veulent en venir X et Y, si ce n'est (j'en reviens toujours au même résultat) pour flatter l'égo de l'un d'entre eux… et là je perçois un risque, ça va vraiment trop loin.
Dans cette équipe dirigeante ils ne sont que deux, l'un égocentrique, manipulateur, prétentieux et surcomplexé… quant à l'autre c'est plutôt le vrai/grand " voyou " au cœur tendre, l'homme est robuste, pas gentleman pour un rond, lui c'est le pur macho, il aurait pu jouer dans les films d'Audiard, le gars est franc du collier et sa parole est ce qu'il a de plus cher, rien que pour ça je me dois de lui concéder une part de confiance.

J'ai pris le temps de la réflexion et fait le bilan, je dois rester il ne faut pas que ce magazine devienne le jouet de quelques personnes pour qui Heavy Metal - Top 50 - L'école des fans ou même Casimir peuvent faire bon ménage, du moment que derrière tout ça il y a de quoi se griser.
J'ai recouvré tous mes esprits, j'ai à nouveau la niaque, je prends un jeton de téléphone et me dirige droit vers la cabine, j'ai mon imprimeur en " chambre " à l'autre bout du fil' après les banalités d'usages' il me dit : "J'ai booké plusieurs rendez-vous, pouvez-vous me confirmer si cela vous convient ?". Bien entendu je confirme, ai-je vraiment le choix ?
Quoi qu'il en soit, je suis dans l'impasse totale, je suis au plus bas, je dois et ne peux que remonter.

Les entrevues ont lieu à Paris dans les locaux de mon imprimeur en " chambre ". Dès le début c'est du béton, je ne rencontre que des supers pros et de plus sympas. Si tout se passe comme je le ressens, le numéro 3 sera fabriqué avec une nouvelle équipe.
En première place, je vois essentiellement les gros imprimeurs, puis c'est autour des photograveurs et pour finir les photocompositeurs; les entretiens ne durent pas très longtemps, comme tout ce monde avait été prévenu, avant de partir chacun d'eux me remet un devis.
Finalement c'est sur l'imprimerie de La Haye Les Mureaux que je jette mon dévolu, le PDG, le regretté Monsieur Peignot (RIP) ne me convainc pas seulement à cause du coût de fabrication ou son savoir faire, mais le contact a été déterminant, le gars ne se prend pas pour le meilleur, il ne fait pas partie de ces gens qui prétendent savoir mieux faire que tout le monde.
Voici la phrase qui a fait la différence : " Nous ne pourrons vous aider que techniquement, nous ne connaissons pas ce produit, j'ai déjà posé la question à tous nos employés, résultat : pour nous le Hard c'est du Chinois, donc chacun à sa place et nous collaborerons dans le meilleur des mondes ". En quoi cette phrase est-elle persuasive ? Tout simplement parce qu'il s'informe auprès de tout son personnel, cadre ou pas, j'en conclus qu'il y a un travail d'équipe, pour moi c'est très important, car je me dis que pendant la confection du " canard ", je n'aurai à faire qu'à des gens de confiance.
Dans le même temps je sais que j'ai en face de moi, enfin un " mec " qui ne va pas me gonfler, j'ai déjà assez de problème comme ça, dans sa " tôle " je dois somme toute trouver un havre de paix

Pour la photogravure c'est avec PRS/PSC que j'ambitionne de travailler et avec Compo-Relais pour les traits. C'est mon complice qui se charge de tenir les uns et les autres au courant de mes décisions.
Puisque les trois sociétés répondent positivement, nous entrons dans la phase deux : 1er se rendre sur les lieux, 2ème renégocier les prix, 3ème confirmer et peaufiner les accords majeurs.

Maintenant il ne reste plus qu'à convaincre l'équipe dirigeante du magazine.
48 heures plus tard c'est encore Z qui me reçoit, je lui raconte tout ce qui s'est passé, elle est à l'écoute.
Je ne rencontre absolument aucune difficulté, il n'y aucun véto, tout est positif, nous discutons calmement, ni elle, ni moi n'avons besoin d'hausser la voix, je n'ai pas à défendre les dossiers, pour elle ce n'est pas aussi clair que ce le fut pour moi, mais au moins il n'y a pas de rejet systématique.
Avant de nous quitter, elle m'assure que le premier qui sera au courant c'est Y, elle me garantit que tout se passera bien et que je peux avancer, en cas de soucis sur une des propositions, elle m'informera sans perdre de temps.

Pour la première fois je me sens soutenu, j'annonce la bonne nouvelle à mon imprimeur en " chambre ", il apprécie de ne pas avoir œuvré pour rien, il ajoute qu'il n'y a pas non plus trop d'alternatives, par rapport au temps qu'il reste. Ayant obtenu le feu vert, la première visite a lieu à l'imprimerie, à plus de cinquante bornes de la capitale.
A la réception, une secrétaire nous indique qu'elle va nous accompagner chez Monsieur Peignot, qui nous attend. Sans perdre un instant nous entrons dans le vif du sujet, tout en savourant un bon café, nous abordons et résolvons très rapidement toutes les questions.


ENFER Mag, au Grillon à la sortie du N° 6, avec la petite d'un des associés du mag.

Puis c'est la présentation de l'équipe avec laquelle je dois collaborer, là encore je suis séduit, n'ayant rien changé à mon look, - cheveux longs, veste à longues franges, jean moulant et bottes mexicaines - je ne perçois ni rictus, ni étonnement sur aucun des visages, l'accueil est plutôt chaud; tout d'abord c'est Monsieur La Rochette (celui qui a remplacé Monsieur Peignot à sa retraite) qui s'avance le premier, après les bla-bla-bla d'usage, il termine avec " Vous ne me verrez que si nous rencontrons un problème financier, d'ailleurs à ce sujet voulez-vous que nous en parlions tout à l'heure ?", tout en m'accompagnant, d'un geste de la main je lui coupe la parole et lui propose un rendez-vous express pour discuter de ça, avec un ou les actionnaires, car ma fonction s'arrête là.
Les uns après les autres, femmes et hommes me tendent la main après un échange de politesses, chacun retourne à son poste, je reste avec celui qui sera mon principal interlocuteur, il s'agit de Max Poncelet.

NOTA.
Depuis MAXOU est devenu un ami, à ce jour il l'est encore, il a été de tous " mes " coups, ensemble nous avons fait le 16 pages gratuit SUPPORT, puis le magazine 100% Rock LINE UP.

Max m'explique tous les rouages, ainsi que les timing à respecter, pour arriver dans les kiosques le jour voulu, je prends le maximum de notes…pendant que Max me parle, dans mon cerveau, c'est Paris aux heures de pointes, comment vais-je m'en sortir, je n'ai pas de secrétaire, pas de rédacteur en chef, personne non plus pour relire les articles… à part quelques journaleux et photographes, JE SUIS SEUL, le reste c'est zéro virgule faible, techniquement nous n'avons aucune organisation.
Même si je mesure toute la difficulté à propos de la fabrication, je suis persuadé d'avoir pris la bonne décision. Max me met face aux réalités, ici il y a des impératifs, mais il y en aura aussi avec le photograveur, idem pour la Photo-compo… chaque mois je vais me battre contre la montre… le pire c'est que je ne suis pas véhiculé.

Tournée Gypsy Queen en Russie avec Joey O'Jeda (basse) et la jumelle Pamela Mattioli (chant).

NOTA.
A ce jour je n'ai pas de permis de conduire, car je n'ai jamais cherché à le passer, je ne me suis jamais inscrit dans aucune école et donc je ne sais pas conduire.

Je suis bien briefé. Ensuite Max me propose de descendre dans l'usine, car les machines avec lesquelles nous pouvons " rouler " sont en marche actuellement, ainsi je peux me faire une idée. Rien de bien sorcier, les calages sont identiques à ceux que je connais, la différence réside dans le fait que ces engins sont du dernier cri, donc neufs, en bout de chaînes le produit qui en sort, c'est celui qui arrive en boutique, coupé, plié, piqué.

Quand nous remontons dans les bureaux, Monsieur La Rochette est là, il me tend une liste de plusieurs RDV, il m'offre aussi la possibilité de m'enfermer dans un bureau et d'user du téléphone, je le remercie et m'exécute illico presto. Par chance, Z est chez Enfer et nous bloquons sans tarder une date.

Le lendemain à 11h c'est dans les locaux de PRS/PSC situés Place de la Bastille, que je fais la connaissance d'un sacré personnage, le non moins autre regretté, Félix Ferret (RIP), nous avons à peine parlé de photogravure, tout ayant déjà été dit, nous balayons, vite fait bien fait, les quelques points importants que chacun de nous avait notés.
Félix nous demande de le suivre pour faire le tour des différents ateliers, ici sont réalisées quelques-unes des plus grandes Editions Françaises et Européennes, les sociétés de photogravure que possède Monsieur Ferret, sont les plus performantes d'Europe.
Nous terminons la visite par le bâtiment dans lequel va être conçu ENFER, je fais la connaissance d'un team formé de jeunes essentiellement, leur chef Alain Le Bloas me fait une super impression, d'emblée ce mec me " botte ", il est cool, il déconne, me met à l'aise, il m'explique que chez lui ça tourne H24 et que pour tout le monde, il n'y a pas vraiment d'heure, mais que chacun y trouve son compte.
" Hé grand, me dit-il, je sais que tu t'appelles Dany, mais comme moi j'suis p'tit, je t'appellerai grand et si t'es pas content c'est pareil ! ", dit avec humour et sur un ton pas méchant du tout; je lui réponds : " Pas de soucis, petiiiiit nain ", là-dessus Félix ajoute : " Bon, ça commence bien ces deux là sont faits pour s'entendre ".

Félix doit retourner dans son bureau, il a un rendez-vous avec quelqu'un qu'il veut me présenter.
Je reste avec Alain, il me fait visiter son petit établissement, les installations sont fonctionnelles, se succèdent des bécanes flambant neuves, je lui avoue que je suis paumé, car chez Avanti la photogravure n'est pas réalisée de la même façon, alors il m'explique : " La différence est simple, quand ton " pote " fait une page quadri, ici nous en produisons six minimum, c'est à cause du banc de reproduction, il travaille avec une machine qui date de la préhistoire, alors qu'ici tout est moderne, d'ailleurs comme tu seras obligé d'être là pour ton mag, je te garantis que tu sauras aussi faire de la photogravure d'ici quatre numéros ". Wouha voilà une good news
.

NOTA.
Très rapidement Alain est devenu un ami, nos deux familles se fréquentaient régulièrement, Alain et sa femme aimaient venir en concert, ils découvraient le Heavy Metal, mais je n'avais nul besoin de les trainer.
Par malheur, un sale matin, j'ai appris qu'Alain était dans un coma profond, moins d'une semaine plus tard nous l'enterrions (RIP).
Pendant toute la période où Alain a été là, il a fait évoluer le magazine et celui-ci lui doit beaucoup, avec lui rien n'était impossible, combien de fois je suis arrivé la peur au ventre, me disant que jamais je ne serai dans les temps, pourtant après chaque bouclage je rentrais chez moi le cœur léger.
Il avait raison en quelques mois je m'étais familiarisé avec la photogravure, et rapidement ce fut le cas pour Marc Villalonga aussi.
Quelques années plus tard, quand nous avons conçu nos labels et le mag LINE UP, nous avons aussi fondé notre propre structure de photogravure, avec bancs de reproduction noir et quadri, scanner etc… Ainsi nous avons pu réaliser non seulement le mensuel, mais aussi nos pochettes de disques, nos pages de pub etc…
ENCORE MERCI ALAIN.

Jack Douglas & Dany Terbeche © Marc Villalonga

J'interroge Alain, pourquoi il me faut être là pour chaque numéro ? Ma question ne l'étonne pas, il me répond tout de go : " Pour chacune des pages quadri, même si elles arrivent avec des infos, celles-ci ne représenteront que 80% de ce que ce doit être la finalité, si tu n'es pas présent, à chaque fois il faudra recommencer via les coursiers, ainsi le coût va passer du simple au quintuple et la fabrication va exiger beaucoup plus de temps, une bonne quinzaine de jours supplémentaires, il poursuit : par exemple c'est le cas pour Paris Match, c'est pourquoi Félix a créé une société spécialement pour cet hebdo. Pour ENFER cette configuration est impossible et de toute façon ici nous n'aurons jamais le temps matériel ".

Trop tard je ne peux expliquer à mon interlocuteur, que moi non plus, je ne pourrai attendre quinze jours, car Félix revient flanqué d'une autre personne, c'est le directeur de la fabrication de Paris Match, il nous présente l'un à l'autre et me demande si j'ai fini avec Alain ? Me tournant vers ce dernier, il me tend une carte avec plusieurs numéros de téléphone et me dit : " Appelle moi grand, j'ai encore plein de choses à mettre au point avec toi, mais vois d'abord avec Félix et tu comprendras pourquoi ".

Félix suggère d'aller déjeuner ensemble afin de l'aider à régler un petit souci. Il nous conduit chez Bofinger, un des meilleurs restos de Paname, nous sommes royalement reçus, il me présente au personnel comme étant, un de ses grands amis (sympa pour une personne que je vois pour la première fois), une table nous attend le champagne aussi, nous nous installons, un garçon s'empare de la bouteille et commence à servir ; lorsqu'il arrive à moi, j'annonce que je ne bois pas une goutte d'alcool, ça fait rire tout le monde, est-ce à cause de ma dégaine ? En passant je m'empresse d'ajouter que je ne fume pas non plus. Les deux personnages me jettent un regard perplexe. Je commande un jus de tomate et me tournant vers eux, je leur balance que cheveux longs n'est pas synonyme de camé, d'alcoolo ou de voyou violent, image et réputation courantes.


Félix avait déjà pris les devants pour le menu. Nos boissons finies, plusieurs garçons s'affairent pour poser sur notre table un méga mareyeur de fruits de mer, notre hôte, prend le temps d'expliquer au D.T. comment je suis arrivé jusqu'à lui, il lui remet un exemplaire du premier numéro, ensuite tout naturellement s'ensuivent toutes sortes de questions, sur mon cursus, mon profil, ENFER, ses gestionnaires…
Puis Félix en vient au but de cette réunion, il tourne son regard vers le D.T., pose fermement sa main sur son épaule et l'interpelle :
" Ecoute moi bien c'est très important et me fais pas chier car je te connais. Un vendredi par mois vous allez cohabiter ".

A peine l'autre bonhomme a-t-il bougé que Félix resserre son étreinte.
" Écoute-moi d'abord ! Dany va faire imprimer son journal chez le père Peignot que tu connais, j'ai parlé avec lui ce matin, pour obtenir la date de livraison aux NMPP et par contre-coup la date à laquelle je dois remettre les films pour qu'il puisse rouler le " canard "; ce qui fait que nous devons faire la photogravure, l'avant dernier vendredi de chaque mois. La situation est simple, puisqu'avec Paris Match vous bouclez un cahier tous les vendredis, tu fais en sorte que ce vendredi en question, tu commences plus tôt; ça va permettre de libérer trois gars à partir de 20 heures et à 22 heures tout le monde bosse pour Dany; comme ça, lui, à minuit, il a ses films et ses cromalins, pour être dès le lundi qui suit, aux Mureaux. Si tu t'organises fissa chez toi, il ne doit pas y avoir de problème, car nous n'avons plus beaucoup de temps, son deuxième numéro est déjà à la fabrication, je compte sur toi, car je n'ai pas d'autres solutions.
Je sais ce que tu vas me répondre, tu vas me dire qu'il y a d'autres photograveurs, que ce n'est pas ton problème et moi je te dis qu'à l'instant où je te parle, si ce n'est pas ton problème, c'est le mien sinon pourquoi je vous ai fait venir tous les deux. Réfléchis avant de dire des conneries, entre nous je m'en fous, moi je te connais, mais pas lui
".
Félix me fait un clin d'œil. Je ne sais quoi penser sur ce qu'il vient de dire, la façon dont il a annoncé le truc, montre que les deux hommes se connaissent bien, ils ont du respect l'un pour l'autre, ils s'apprécient.
Félix joue de ma présence, sinon il n'y aurait même pas eu discussion sur le sujet.
Le D.T. demande à réfléchir, Félix lui répond :
" Non, non, non, écoute moi bien, c'est tout réfléchi, il n'y a pas une minute à perdre dès que tu regagnes tes bureaux, tu réunis toute ta bande, tu leur expliques et voilà le tour est joué. Il ne leur faut pas dix ans pour réorganiser le planning pour un vendredi par mois ! En plus ils pourront partir plus tôt, alors si ça, c'est pas un argument ! Ecoute ne me fais pas chier avec ça, maintenant on va passer aux choses sérieuses, tout ça m'a donné faim, pas toi Dany ?".


Twisted Sister, page 23, Enfer Magazine n°2. "Dee ou Dany ?" ....
J'acquiesce de la tête, je souris plutôt jaune et je n'ose tourner mon regard vers le D.T. Pendant le repas je subis un véritable interrogatoire. C'est quoi le Hard ? Pourquoi les cheveux longs ?...
De son côté le D.T. s'entretient avec maintes personnes pour remanier le planning à cause du mag et lorsque ce Monsieur a décidé quelques chose, on ne discute pas. J'en suis même embarrassé.
Au dessert Félix en vient à parler du numéro 1, il me questionne sur Avanti, la compo, la photogravure. Ensuite il en vient à la maquette et la mise en page, puis me dit :
- Tu penses que le prochain numéro sera de la même veine ?
- J'en doute, sur ce que j'ai vu, ça va être pire, vu le contexte c'est normal.
- Dans le futur qui va maquetter ?
- Moi, pourquoi ?
- Tu as des notions pour calibrer les clichés ou choisir les polices pour les textes et la taille des corps ?
- Heuuuu, je ne comprends pas, ça se fait pas au fur et à mesure ?

- Comment ça, je ne te saisis pas non plus, comment vous avez fait pour le premier numéro ?

Je donne toutes les explications. Félix sur un ton moqueur, me jette en pleine tronche :
- Hé qu'est ce que tu crois Dany ? Maquettiste c'est un métier !


Je suis scotché, p…. comme si je n'avais pas assez de galère. Je ne vais jamais m'en sortir, ce n'est pas possible. Je ne sais plus quoi dire, Félix lit mon angoisse sur mon visage, il remplit un verre d'eau, me le tend et reprend aussitôt :
- Viens on va arranger ça, on va retourner à mon bureau, je vais téléphoner à mon copain Pascal, je suis sûr qu'il fera l'affaire et que vous vous entendrez bien tous les deux.
- Hé, Félix attends, pas trop vite, dis moi avant, combien coûte un maquettiste pour ce genre de boulot ? Si c'est bonbon, les autres là haut, ils vont disjoncter !
- Ecoute moi bien je te fais une proposition, je vais fixer moi-même le prix, je sais que Pascal ne m'en voudra pas, je lui renverrai l'ascenseur autrement, par contre si tes " singes " te font chier, je déduirai la facture de Pascal sur la mienne ! Qu'est ce que t'en penses ?
- Que puis-je te dire Félix, à part un grand merci ? Ouf ça va mieux.

Nous nous levons, le D.T. nous prévient qu'il doit partir, il a un autre rendez-vous, nous le saluons et le remercions vivement, car l'affaire a été rondement menée.
Félix me prend par le bras pour partir, je lui fais remarquer que personne n'a réclamé l'addition.
Je n'obtiens aucune réponse, alors que tout le personnel s'approche vers nous pour nous saluer très poliment.
Soudain Félix se tourne et interpelle un Monsieur du nom de Marcel, il lui dit de bien se souvenir de moi et de m'accueillir comme il se doit, quand je reviendrai. Ce qui dans mon fond intérieur est un souhait.

NOTA.
Depuis ce jour la brasserie Bofinger est devenue ma cantine, cela fait maintenant 28 ans que j'y ai ma table, combien de groupes et musiciens j'ai trimbalés là bas, WAYSTED - DIO - QUIET RIOT - METALLICA - URIAH HEEP - TOKYO BLADE - MAMA'S BOYS - GYPSY QUEEN - Rhett FORRESTER - Rick DUFFAY - Jack DOUGLAS… Pour n'en citer que quelques-uns; quand on connait le standing de cet endroit et que je me remémore Pete WAY qui voulait aller pisser, comme il n'y avait pas de place pour bouger et ne voulant déranger personne, il monta sur la table et sauta en plein milieu de la pièce… ou encore la bagarre de vin et de mousse au chocolat pour l'anniversaire de mon fils en compagnie de Jack DOUGLAS, GYPSY QUEEN, Joe Wynne le manager de MAMA'S BOYS, ainsi que quelques partenaires 'ricains, ce jour là des clients se sont plaints, mais curieusement ils ont été priés de quitter les lieux.


A l'hippodrome de Vincennes avec Farid Medjane (batterie) Trust, pour fêter la victoire d'un poulain. Nous sommes aussi éleveurs voici quelques noms que nous avons donné à nos " bébés " : Thin Lizzy, Jailbreak, King Crimson, Sweet Emotion, UFO, Vanilla Fudge, Quiet Riot, Quireboys, The Pretty Things…

Prenant place dans un fauteuil bien douillet, posé face au bureau de Félix, me reviennent en tête les derniers mots d'Alain et je réalise que tout ce que j'ai appris aujourd'hui, a aussi quelque chose à voir avec la photocomposition, ainsi peut être que je passerai moins pour un c..

Félix téléphone à Pascal et à peine deux minutes plus tard, je converse avec celui-ci, pas de bla-bla, nous décidons de nous voir dans l'heure qui suit, dans un bar, Place de La Bastille, non loin de chez PRS, je préfère ça plutôt que de nous voir dès le premier jour dans le " palace " de la rue de Romainville.

L'entretien se passe super bien, Pascal est très cool, pas de prise de tête, le mec maîtrise son sujet, c'est un grand pro et ça me libère complètement.
Il connait bien les gens de COMPO RELAIS, il propose de m'accompagner pour gérer avec eux la façon de procéder, du coup je joue franc jeu et le mets au parfum de la situation avec ENFER, il me répond qu'il est déçu qu'il ne s'attendait pas à ça, mais fait confiance à Félix, qu'il fera malgré tout un essai et si ça ne colle pas, il faudra que je trouve quelqu'un d'autre.
Avant de nous quitter, Pascal appelle une personne de sa connaissance chez COMPO RELAIS, puis m'informe qu'une entrevue est possible sur place. Ainsi rendez vous est pris.

Je quitte Pascal avec la pêche, inquiet il y a encore une heure, il m'a rassuré, pas question de retourner dans le " 5 étoiles ".
Je m'entretiens avec Z au téléphone, je ne parle pas de Pascal, je lui raconte juste que tout s'est bien passé avec Félix et que je dois voir COMPO RELAIS le lendemain, elle me dit que c'est bien, mais que tout le monde aimerait bien me voir un peu plus au bureau, il y a des choses à voir et à faire, il ne faut pas non plus que j'oublie qu'il y a le numéro 2 en cours et que la date du concert de la Mutualité approche à grands pas.

Comme convenu, le jour suivant je retrouve Pascal chez COMPO RELAIS, il me présente Yves qui sera notre interlocuteur direct. C'est Pascal qui négocie, il fait très fort, car il a obtenu l'autorisation de faire la maquette en parallèle, puisque le montage se fait ici, ainsi s'il y a des rectifications nous les ferons sur place.
Je le remercie et le félicite d'avoir réussi un super coup, à choisir c'est préférable de bosser dans ces locaux, il n'y a pas photo.
Nous buvons un coup avant de nous quitter, ainsi la prochaine fois nous nous reverrons pour attaquer le numéro 3.

A contrecœur je saute dans le premier métro, j'ai l'impression de rejoindre le pénitencier après une permission.

Je suis étonné que la parution du numéro 1 ne suscite pas plus d'intérêt de la part des compagnies discographiques.
Une fois sur les lieux, j'appelle tous les directeurs " archi tristes " et les labels managers, ainsi que les éditeurs, pour obtenir leurs impressions, car seule Arista se bouge pour KROKUS.
A l'exception des secrétaires, comme d'hab' je n'ai pu parler avec les personnes désirées et n'ai laissé que des messages.
Je ne m'offusque même pas, je suis serein, comme c'est un nouveau produit il va falloir laisser un peu de temps.
Je jure que les premiers à répondre seront les mieux servis et je n'en fais pas une question de budget, sinon ce serait trop facile. Ceux qui s'imaginent prendre le train en marche, sous prétexte qu'ils ont du fric et pensent écraser les autres, en seront pour leurs frais, car je ne mange pas de ce pain là !

A l'inverse, Claude Ismaël (Polydor) me téléphone toutes les 2/3 heures, plus pour se réconforter que pour me donner des news. Il est inquiet, ACCEPT est tout juste connu, jusqu'à ce jour, seuls les dinosaures remplissent les salles, et la promo pour annoncer le concert est insuffisante. Le HARD ce n'est pas non plus son truc à Claude, alors du coup il n'est pas très à l'aise quand Gaby la manageuse lui met la pression.
Il espère qu'ENFER traitera bien le band, même en cas de fiasco, je lui glisse gentiment qu'il n'y a aucune raison, si la prestation est à la hauteur, ce n'est pas au nombre de fans que l'on juge le talent.
De mon côté je n'en sais pas plus, personne ne me dit quoique ce soit. Ici je ne suis pas trop apprécié.

Le concert d'ACCEPT va servir de point de référence. Il est incontestable qu'il y a un public, mais répondra-t-il à la demande ? Ce vendredi 29 avril est crucial, il va aussi nous fixer sur l'impact de notre magazine chéri.

Chez Arista, Sophie Clergeat fait le même constat, si ça marche pour ACCEPT alors tout est possible, il pourra y avoir du développement d'artistes interprétant du HEAVY METAL, chez eux KROKUS pourrait ainsi profiter rapidement des conséquences.

Dans l'après-midi Avanti me fait parvenir quelques pages, la 11 une " noir au blanc " de la chronique débranchée sur KISS, les 24 et 26 sur JUDAS PRIEST, la 27 du TOP 10, les Chroniques de disques en 28, 29 et 30, il y a aussi quelques quadri dont la 4ème de couv' avec MAIDEN, une autre avec Rob Halford et cerise sur le gâteau une dernière que j'adore, un cliché de Paul Stanley.
Au décompte il manque la couverture et une douzaine de feuilles dont dix dépendent des gigs à venir, STOCKS, ACCEPT et Frank MARINO.

En fin de journée, je bigophone aux gars de l'équipe pour leur annoncer que s'ils voulaient me voir, je m'installais au local pour un bon moment.
Les jours suivants rien de bien particulier, je me familiarise avec quelques garçons, dont quelques-uns me surprennent en raison de leur culture HARD phénoménale.
Avec le recul, je déplore de ne pas avoir proposé un cahier 16 pages " spécial découvertes ", ENFER Magazine a bien été précurseur, mais à cause du manque de place nous avons trop souvent dû faire une sélection, avec regret bien sûr, et tout cela malheureusement je l'avoue humblement, au détriment d'un grand nombre d'autres bons combos qui, du coup sont passés dans les oubliettes.

L'effervescence règne toujours dans le bâtiment, je reçois la visite de Y, il est stressé, la date fatidique approche, il veut mon avis, ai-je des échos à la fois sur le concert et sur le mag' ? Je positive au max' je connais ce genre d'angoisse, je lui signale que Jérôme Besème le manager de STOCKS m'appelle régulièrement et que de leur côté ils sont fin prêts et que tout va pour le mieux.
Nous restons ensemble longuement et la discussion est plutôt chaleureuse, j'assure que s'il a besoin de moi je me mets à disposition, de toute façon je serai sur place très tôt car je l'ai promis à Jérôme. Je resterai avec STOCKS jusqu'à leur départ, Y me dit que dans ce cas, il me prendra une chambre dans le même hôtel que le band, cela facilitera les choses.

Le soir du 25 à la Mutualité, c'est une réussite totale, les kids sont venus nombreux et le set des deux groupes est mortel.
C'est la fête, ENFER Magazine est au centre de toutes les conversations, et aujourd'hui à l'instant-même où j'écris ces quelques lignes, j'en ai encore la chair de poule.

Après la magistrale prestation de STOCKS, je suis monté sur scène en brandissant le premier numéro, je me présente aux fans, dans le public c'est de la folie. Quelques minutes plus tard je me hasarde à descendre dans la salle, les félicitations affluent de partout, les mains se tendent, j'entends des :
-Vive ENFER Magazine !
-Dany serre moi la main !
-ENFER Magazine vous êtes les meilleurs !
-Enfin un vrai Magazine de HARD.
-Merci on attendait ça depuis longtemps.
-Le prochain numéro c'est pour quand. ?... Etc…

Je reçois des tapes sur les épaules, je commence à me faire trimballer, heureusement il y deux mecs du S.O. qui viennent me sortir de là.
En filigrane qu'est ce que ça veut dire ? Hé bien que d'ici peu le HARD ne sera plus une musique confidentielle et orpheline, ni tabou non plus.

Ca y est c'est fini, la salle se vide, mais cette soirée restera gravée à jamais dans ma mémoire elle ponctuera fortement MA longue histoire d'amour qui me lie au HEAVY METAL et au HARD ROCK.
Je rejoins la bande à Marquilly au resto, à notre table il y a Annie Duperey et Bernard Giraudeau, ce dernier recherche des musiciens pour tourner dans le film " Rue Barbare "… Nous avons passé une bonne partie de la nuit à discuter mais aussi à déconner surtout Annie et myself, il y avait un bon feeling. Avant de nous quitter Annie et Bernard m'ont laissé leurs coordonnées.

Devinez quoi : à cette époque n'étant pas cinéphile pour un rond, je ne savais absolument pas qui était Madame Duperey ni Monsieur Giraudeau (mea culpa), croyant avoir affaire à des has been, dès qu'ils ont eu le dos tourné, j'ai tout simplement jeté leurs numéros dans le caniveau. Je vous entends jusqu'ici : Mais quel c… Hé oui, je pense la même chose que vous ! Je dois vous avouer que ce ne fut pas la seule fois, j'ai fait encore plus fort avec Xavier Deluc… (no comment).


Le samedi matin, tout le monde est crevé mais heureux, je salue les ch'tis, car nous entrons dans la dernière ligne droite. Rue de Romainville, c'est H qui m'ouvre la porte, il est seul, sur mon bureau je trouve l'article et l'interview de Frank MARINO, signé Ph. Touchard, il y aussi un petit mot me précisant que j'aurai tout pour lundi (STOCKS/interview et ACCEPT/interview et chronique de concert), ça colle les photos me parviendront aussi le même jour.


Tournée Germano/Suisse de Tokyo Blade.

Je lis vite fait les chroniques sur MARINO et les remets à H pour qu'il les expédie à Avanti.

Lundi. Nous sommes en plein bouclage, quand je vois toutes les photos d'ACCEPT je suis hyper déçu, mais c'est trop tard il faut faire avec, elles sont tellement nulles qu'il est impossible de faire une double page avec une seule épreuve, d'où le patchwork.

Pour STOCKS c'est moins compliqué.
Je prends les travaux de Ph. Touchard et reste accroché quelques instants sur la fin de la dernière phrase de la chronique du concert : …on n'est pas prêt d'oublier ce qui restera sûrement le meilleur concert parisien depuis pas mal de temps.
En France combien de personnes ont entendu parler d'ACCEPT ? Combien ont écouté sa musique ?
Pour des nouveaux venus, c'est un coup de maître. Je me fais une réflexion parmi tout ce que j'ai eu l'occasion d'entendre ces derniers mois, il y un paquet d'artistes qui sonnent aussi bien si ce n'est mieux qu'ACCEPT donc logiquement ça laisse augurer quelques sacrées prestations scéniques.
Avec tous ces jeunes loups qui cognent derrière la porte, j'espère surtout que ça va booster les monuments du HARD et les obliger à se bouger le cul, ils ont pris l'habitude de venir faire un petit tour chez nous juste pour présenter le strict minimum, se reposant depuis des années sur leur notoriété.

Depuis la sortie du numéro, j'ai croisé pas mal de monde ici et là, mais je n'ai toujours pas l'équipe définitive.
Parmi les gens rencontrés il y a deux gars qui avaient retenu mon attention.

Bruno " Tequila " Khaled a l'esprit ouvert et une bonne connaissance du Rock dans le sens large, ce qui manque chez nous.
Bruno Bages c'est le " southern man " dans toute sa splendeur et la culture Rock Latine n'a aucun secret pour lui.
Les journalistes sachant ce qu'ils avaient à faire pour le numéro 3, j'ai récupéré les articles de RUSH - VULCAIN - ACID - HADES - SATAN JOKERS - DIO, avec il y a une bonne quinzaine de chroniques de disques, ça me fait de la lecture et je dois aussi trouver la Bombe Du Mois.
Nous devons accorder de l'espace pour le " Bruges Festival 83 ", et pour cela ENFER envoie la " spéciale " délégation pour glaner toutes les infos possibles.

Du côté de KROKUS c'est un peu plus compliqué, B. " Téquila " se charge de l'article de fond, il me le remettra à temps, par contre Ph. Touchard ne pourra faire l'interview que le mercredi 1er juin.

A SUIVRE… .

 


 

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