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En mémoire à mon ami Ronnie James DIO
"Rest In Peace", Dany ___
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Chaque
jour les journalistes me font écouter des K7 de nouveaux
groupes, bien entendu je ne suis pas toujours séduit
mais derrière bon nombre d'entre eux je découvre
de sacrés musicos, leur musique est originale et
pour certains il y a même de la qualité.
Dès les trois premiers numéros, nous avons
fait des papiers sur MERCYFUL FATE - VIRGIN STEELE -
SATAN
sans oublier MANOWAR - VENOM ou
METALLICA.
Lorsque Bruno Labati, Jean François Jimenez,
Daniel Garcia ou Eric Galinsky et consort,
viennent me présenter un artiste, ils n'arrivent
pas comme l'on dit les mains vides, loin de là, ils
savent tout ou presque de lui et me délivrent à
chaque fois un topo assez précis.
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Pour
l'heure il y a deux combos qui sortent de l'ordinaire, le
premier pour son indéniable talent j'ai nommé
METALLICA, le second pour sa démarche je veux
parler de VENOM, au sujet de ce dernier il est composé
de trois musiciens, mais le personnage qui attire plus particulièrement
mon attention c'est celui qui se cache derrière eux,
un dénommé Eric Cook le manager.
Pourtant une question me hante l'esprit : pourquoi faire
connaître ces groupes puisque nos lecteurs ne peuvent
pas se procurer les disques, à l'exception de quelques
rares imports ?
Conclusion :
I°) Dans l'intérêt général
dont celui du mag' il faut aider tout ce beau monde à
sortir de l'underground, l'avenir du mensuel dépend
de l'émergence de tous ces groupes.
II°) Si nous voulons éviter la catastrophe et
ne pas entrer dans une conception élitiste de l'enseignement,
je me dois de porter une seconde casquette et monter au
créneau pour trouver des deals auprès des
sociétés discographiques, je sais que ça
ne va pas être du gâteau, le Hard ne faisant
pas bonne figure, mais ai-je le choix ? Allez " aide-toi
le ciel
".
Dans ma geôle (sans serrure), je bosse dans un bordel
sans nom, dans les couloirs ça gueule de partout,
le compte à rebours du concert d'ACCEPT est
lancé.
Chez Avanti le numéro 2 avance, j'ai sous les yeux
les pages 4, 5 ,6 ,7 qui sont terminées et elles
ne peuvent être modifiées quoi que j'en pense,
tant pis, ce sont les accords pris entre les divers protagonistes
et ce sera ainsi jusqu'à la fin.
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Je
découvre aussi que le sujet sur MAIDEN, n'a
plus de titre et que les signatures des journalistes sont
passées à la trappe. Lorsque
je reçois la page 18 et aperçois le griffonnage
provenant d'un studio, j'ai un haut le cur. Qui a bien
pu avoir cette idée de m
? Comment oser présenter
ce gribouillis dans la rubrique " la bombe du mois "
après la photo de la magnifique Fabienne SHINE.
Ensuite, je parcours l'édito page 3, cosigné
X et Y, je n'en dirai pas grand chose, si ce n'est que les
engagements pris ne me concernent en rien, excepté
un cahier supplémentaire de 16 pages quadri que j'ai
obtenu grâce au seul Y.
Par contre je garde toujours en mémoire cette phrase
complètement ringarde : " Je hais les éditos
ordinaires, je hais tout ce qui est ordinaire d'ailleurs ",
que dire : juste que ce ramassis n'a rien à voir avec
un édito, ensuite j'en déduis que dans la deuxième
partie de cette phrase, X m'apporte la preuve qu'il ne s'aime
pas.
En page 2, je prends connaissance du courrier des lecteurs,
car ces lettres ne m'ont jamais été remises.
Page 31, pèle mêle, j'apprends, alors que c'est
mission impossible, qu'il y aura une suite au " Metallic
Opus " sur le ZEP
, le Mag remercie aussi
Music Défonce pour la daube page 18. Si ça continue
comme ça, en couverture, il faudra changer le titre
d'Enfer par Guignol Mag. |

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Dans
cette situation, je ne rigole pas, bien au contraire, je
me demande même si mon nom va figurer dans l'ours
et si c'est le cas en tant que quoi ?
Ce numéro deux me fait vivre un vrai calvaire, il
est à l'opposé de mon engagement, que ce soit
dans le travail, dans son concept, dans l'esprit et la relation
humaine, il n'y a plus de plaisir encore moins de satisfaction
et dans ce cas comment former une vraie " dream team
" je suis tenté de dire " ma dream team
".
Je suis las, épuisé, découragé,
je viens de prendre un uppercut tel un boxeur je suis au
bord du KO , je suis sérieusement sonné
j'entends déjà au loin le décompte
de la fin
ciiiiinq, siiiiiix, seeeeept, huuuuit, je
relève la tête difficilement, je retrouve quelques
sensations, il faut que je reprenne le combat, beaucoup
seraient contents que je jette l'éponge aussi rapidement,
une voix intérieure m'interpelle : pour la première
fois de ma vie vais-je abdiquer ?
Comment pourrais-je quitter le navire ? Car malgré
tous ces tourments, nous touchons presque au but !
Je quitte cet endroit sordide et rejoins le bar situé
à deux cents mètres sur la place, je m'installe
à une table, je reste là à consommer
pendant plusieurs longues minutes.
Je reprends tout à zéro : à quoi ça
sert de faire un " canard " de musique et en l'occurrence
de cette musique ? A vrai dire, d'un point de vue commercial
et économique je trouve peu de réponses plausibles.
Donc je ne comprends toujours pas où veulent en venir
X et Y, si ce n'est (j'en reviens toujours au même
résultat) pour flatter l'égo de l'un d'entre
eux
et là je perçois un risque, ça
va vraiment trop loin.
Dans cette équipe dirigeante ils ne sont que deux,
l'un égocentrique, manipulateur, prétentieux
et surcomplexé
quant à l'autre c'est
plutôt le vrai/grand " voyou " au cur
tendre, l'homme est robuste, pas gentleman pour un rond,
lui c'est le pur macho, il aurait pu jouer dans les films
d'Audiard, le gars est franc du collier et sa parole
est ce qu'il a de plus cher, rien que pour ça je
me dois de lui concéder une part de confiance.
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J'ai
pris le temps de la réflexion et fait le bilan, je
dois rester il ne faut pas que ce magazine devienne le jouet
de quelques personnes pour qui Heavy Metal - Top 50 - L'école
des fans ou même Casimir peuvent faire bon ménage,
du moment que derrière tout ça il y a de quoi
se griser.
J'ai recouvré tous mes esprits, j'ai à nouveau
la niaque, je prends un jeton de téléphone
et me dirige droit vers la cabine, j'ai mon imprimeur en
" chambre " à l'autre bout du fil' après
les banalités d'usages' il me dit : "J'ai
booké plusieurs rendez-vous, pouvez-vous me confirmer
si cela vous convient ?". Bien entendu je confirme,
ai-je vraiment le choix ?
Quoi qu'il en soit, je suis dans l'impasse totale, je suis
au plus bas, je dois et ne peux que remonter.
Les entrevues ont lieu à Paris dans les locaux de
mon imprimeur en " chambre ". Dès le début
c'est du béton, je ne rencontre que des supers pros
et de plus sympas. Si tout se passe comme je le ressens,
le numéro 3 sera fabriqué avec une nouvelle
équipe.
En première place, je vois essentiellement les gros
imprimeurs, puis c'est autour des photograveurs et pour
finir les photocompositeurs; les entretiens ne durent pas
très longtemps, comme tout ce monde avait été
prévenu, avant de partir chacun d'eux me remet un
devis.
Finalement c'est sur l'imprimerie de La Haye Les Mureaux
que je jette mon dévolu, le PDG, le regretté
Monsieur Peignot (RIP) ne me convainc pas seulement
à cause du coût de fabrication ou son savoir
faire, mais le contact a été déterminant,
le gars ne se prend pas pour le meilleur, il ne fait pas
partie de ces gens qui prétendent savoir mieux faire
que tout le monde.
Voici la phrase qui a fait la différence : "
Nous ne pourrons vous aider que techniquement, nous ne connaissons
pas ce produit, j'ai déjà posé la question
à tous nos employés, résultat : pour
nous le Hard c'est du Chinois, donc chacun à sa place
et nous collaborerons dans le meilleur des mondes ".
En quoi cette phrase est-elle persuasive ? Tout simplement
parce qu'il s'informe auprès de tout son personnel,
cadre ou pas, j'en conclus qu'il y a un travail d'équipe,
pour moi c'est très important, car je me dis que
pendant la confection du " canard ", je n'aurai
à faire qu'à des gens de confiance.
Dans le même temps je sais que j'ai en face de moi,
enfin un " mec " qui ne va pas me gonfler, j'ai
déjà assez de problème comme ça,
dans sa " tôle " je dois somme toute trouver
un havre de paix
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Pour
la photogravure c'est avec PRS/PSC que j'ambitionne de travailler
et avec Compo-Relais pour les traits. C'est mon complice
qui se charge de tenir les uns et les autres au courant
de mes décisions.
Puisque les trois sociétés répondent
positivement, nous entrons dans la phase deux : 1er se rendre
sur les lieux, 2ème renégocier les prix, 3ème
confirmer et peaufiner les accords majeurs.
Maintenant
il ne reste plus qu'à convaincre l'équipe
dirigeante du magazine.
48 heures plus tard c'est encore Z qui me reçoit,
je lui raconte tout ce qui s'est passé, elle est
à l'écoute.
Je ne rencontre absolument aucune difficulté, il
n'y aucun véto, tout est positif, nous discutons
calmement, ni elle, ni moi n'avons besoin d'hausser la voix,
je n'ai pas à défendre les dossiers, pour
elle ce n'est pas aussi clair que ce le fut pour moi, mais
au moins il n'y a pas de rejet systématique.
Avant de nous quitter, elle m'assure que le premier qui
sera au courant c'est Y, elle me garantit que tout se passera
bien et que je peux avancer, en cas de soucis sur une des
propositions, elle m'informera sans perdre de temps.
Pour la première fois je me sens soutenu, j'annonce
la bonne nouvelle à mon imprimeur en " chambre
", il apprécie de ne pas avoir uvré
pour rien, il ajoute qu'il n'y a pas non plus trop d'alternatives,
par rapport au temps qu'il reste. Ayant obtenu le feu vert,
la première visite a lieu à l'imprimerie,
à plus de cinquante bornes de la capitale.
A la réception, une secrétaire nous indique
qu'elle va nous accompagner chez Monsieur Peignot, qui nous
attend. Sans perdre un instant nous entrons dans le vif
du sujet, tout en savourant un bon café, nous abordons
et résolvons très rapidement toutes les questions.
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ENFER
Mag, au Grillon à la sortie du N° 6, avec
la petite d'un des associés du mag.
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Puis
c'est la présentation de l'équipe avec laquelle
je dois collaborer, là encore je suis séduit,
n'ayant rien changé à mon look, - cheveux
longs, veste à longues franges, jean moulant et bottes
mexicaines - je ne perçois ni rictus, ni étonnement
sur aucun des visages, l'accueil est plutôt chaud;
tout d'abord c'est Monsieur La Rochette (celui qui
a remplacé Monsieur Peignot à sa retraite)
qui s'avance le premier, après les bla-bla-bla d'usage,
il termine avec " Vous ne me verrez que si nous
rencontrons un problème financier, d'ailleurs à
ce sujet voulez-vous que nous en parlions tout à
l'heure ?", tout en m'accompagnant, d'un geste
de la main je lui coupe la parole et lui propose un rendez-vous
express pour discuter de ça, avec un ou les actionnaires,
car ma fonction s'arrête là.
Les uns après les autres, femmes et hommes me tendent
la main après un échange de politesses, chacun
retourne à son poste, je reste avec celui qui sera
mon principal interlocuteur, il s'agit de Max Poncelet.
NOTA.
Depuis MAXOU est devenu un ami, à ce jour il l'est
encore, il a été de tous " mes "
coups, ensemble nous avons fait le 16 pages gratuit SUPPORT,
puis le magazine 100% Rock LINE UP.
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Max
m'explique tous les rouages, ainsi que les timing à
respecter, pour arriver dans les kiosques le jour voulu, je
prends le maximum de notes
pendant que Max me
parle, dans mon cerveau, c'est Paris aux heures de pointes,
comment vais-je m'en sortir, je n'ai pas de secrétaire,
pas de rédacteur en chef, personne non plus pour relire
les articles
à part quelques journaleux et photographes,
JE SUIS SEUL, le reste c'est zéro virgule faible, techniquement
nous n'avons aucune organisation.
Même si je mesure toute la difficulté à
propos de la fabrication, je suis persuadé d'avoir
pris la bonne décision. Max me met face aux réalités,
ici il y a des impératifs, mais il y en aura aussi
avec le photograveur, idem pour la Photo-compo
chaque
mois je vais me battre contre la montre
le pire c'est
que je ne suis pas véhiculé.
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Tournée
Gypsy Queen en Russie avec Joey O'Jeda (basse) et la
jumelle Pamela Mattioli (chant). |
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NOTA.
A ce jour je n'ai pas de permis de conduire, car je n'ai
jamais cherché à le passer, je ne me suis
jamais inscrit dans aucune école et donc je ne sais
pas conduire.
Je suis bien briefé. Ensuite Max me propose
de descendre dans l'usine, car les machines avec lesquelles
nous pouvons " rouler " sont en marche actuellement,
ainsi je peux me faire une idée. Rien de bien sorcier,
les calages sont identiques à ceux que je connais,
la différence réside dans le fait que ces
engins sont du dernier cri, donc neufs, en bout de chaînes
le produit qui en sort, c'est celui qui arrive en boutique,
coupé, plié, piqué.
Quand nous remontons dans les bureaux, Monsieur La Rochette
est là, il me tend une liste de plusieurs RDV, il
m'offre aussi la possibilité de m'enfermer dans un
bureau et d'user du téléphone, je le remercie
et m'exécute illico presto. Par chance, Z est chez
Enfer et nous bloquons sans tarder une date.
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Le
lendemain à 11h c'est dans les locaux de PRS/PSC situés
Place de la Bastille, que je fais la connaissance d'un sacré
personnage, le non moins autre regretté, Félix
Ferret (RIP), nous avons à peine parlé de
photogravure, tout ayant déjà été
dit, nous balayons, vite fait bien fait, les quelques points
importants que chacun de nous avait notés.
Félix nous demande de le suivre pour faire le tour
des différents ateliers, ici sont réalisées
quelques-unes des plus grandes Editions Françaises
et Européennes, les sociétés de photogravure
que possède Monsieur Ferret, sont les plus performantes
d'Europe.
Nous terminons la visite par le bâtiment dans lequel
va être conçu ENFER, je fais la connaissance
d'un team formé de jeunes essentiellement, leur chef
Alain Le Bloas me fait une super impression, d'emblée
ce mec me " botte ", il est cool, il déconne,
me met à l'aise, il m'explique que chez lui ça
tourne H24 et que pour tout le monde, il n'y a pas vraiment
d'heure, mais que chacun y trouve son compte.
" Hé grand, me dit-il, je sais que tu
t'appelles Dany, mais comme moi j'suis p'tit, je t'appellerai
grand et si t'es pas content c'est pareil ! ", dit
avec humour et sur un ton pas méchant du tout; je lui
réponds : " Pas de soucis, petiiiiit nain
", là-dessus Félix ajoute : "
Bon, ça commence bien ces deux là sont faits
pour s'entendre ".
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Félix
doit retourner dans son bureau, il a un rendez-vous avec quelqu'un
qu'il veut me présenter.
Je reste avec Alain, il me fait visiter son petit établissement,
les installations sont fonctionnelles, se succèdent
des bécanes flambant neuves, je lui avoue que je suis
paumé, car chez Avanti la photogravure n'est pas réalisée
de la même façon, alors il m'explique : "
La différence est simple, quand ton " pote
" fait une page quadri, ici nous en produisons six minimum,
c'est à cause du banc de reproduction, il travaille
avec une machine qui date de la préhistoire, alors
qu'ici tout est moderne, d'ailleurs comme tu seras obligé
d'être là pour ton mag, je te garantis que tu
sauras aussi faire de la photogravure d'ici quatre numéros
". Wouha voilà une good news.
NOTA.
Très rapidement Alain est devenu un ami, nos deux familles
se fréquentaient régulièrement, Alain
et sa femme aimaient venir en concert, ils découvraient
le Heavy Metal, mais je n'avais nul besoin de les trainer.
Par malheur, un sale matin, j'ai appris qu'Alain était
dans un coma profond, moins d'une semaine plus tard nous l'enterrions
(RIP).
Pendant toute la période où Alain a été
là, il a fait évoluer le magazine et celui-ci
lui doit beaucoup, avec lui rien n'était impossible,
combien de fois je suis arrivé la peur au ventre, me
disant que jamais je ne serai dans les temps, pourtant après
chaque bouclage je rentrais chez moi le cur léger.
Il avait raison en quelques mois je m'étais familiarisé
avec la photogravure, et rapidement ce fut le cas pour Marc
Villalonga aussi.
Quelques années plus tard, quand nous avons conçu
nos labels et le mag LINE UP, nous avons aussi fondé
notre propre structure de photogravure, avec bancs de reproduction
noir et quadri, scanner etc
Ainsi nous avons pu réaliser
non seulement le mensuel, mais aussi nos pochettes de disques,
nos pages de pub etc
ENCORE MERCI ALAIN.
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Jack
Douglas & Dany Terbeche © Marc Villalonga
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J'interroge
Alain, pourquoi il me faut être là pour
chaque numéro ? Ma question ne l'étonne pas,
il me répond tout de go : " Pour chacune des
pages quadri, même si elles arrivent avec des infos,
celles-ci ne représenteront que 80% de ce que ce
doit être la finalité, si tu n'es pas présent,
à chaque fois il faudra recommencer via les coursiers,
ainsi le coût va passer du simple au quintuple et
la fabrication va exiger beaucoup plus de temps, une bonne
quinzaine de jours supplémentaires, il poursuit :
par exemple c'est le cas pour Paris Match, c'est pourquoi
Félix a créé une société
spécialement pour cet hebdo. Pour ENFER cette
configuration est impossible et de toute façon ici
nous n'aurons jamais le temps matériel ".
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Trop
tard je ne peux expliquer à mon interlocuteur, que
moi non plus, je ne pourrai attendre quinze jours, car Félix
revient flanqué d'une autre personne, c'est le directeur
de la fabrication de Paris Match, il nous présente
l'un à l'autre et me demande si j'ai fini avec Alain
? Me tournant vers ce dernier, il me tend une carte avec
plusieurs numéros de téléphone et me
dit : " Appelle moi grand, j'ai encore plein de
choses à mettre au point avec toi, mais vois d'abord
avec Félix et tu comprendras pourquoi ".
Félix suggère d'aller déjeuner
ensemble afin de l'aider à régler un petit
souci. Il nous conduit chez Bofinger, un des meilleurs
restos de Paname, nous sommes royalement reçus, il
me présente au personnel comme étant, un de
ses grands amis (sympa pour une personne que je vois pour
la première fois), une table nous attend le champagne
aussi, nous nous installons, un garçon s'empare de
la bouteille et commence à servir ; lorsqu'il arrive
à moi, j'annonce que je ne bois pas une goutte d'alcool,
ça fait rire tout le monde, est-ce à cause
de ma dégaine ? En passant je m'empresse d'ajouter
que je ne fume pas non plus. Les deux personnages me jettent
un regard perplexe. Je commande un jus de tomate et me tournant
vers eux, je leur balance que cheveux longs n'est pas synonyme
de camé, d'alcoolo ou de voyou violent, image et
réputation courantes.
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Félix avait déjà pris les devants
pour le menu. Nos boissons finies, plusieurs garçons
s'affairent pour poser sur notre table un méga mareyeur
de fruits de mer, notre hôte, prend le temps d'expliquer
au D.T. comment je suis arrivé jusqu'à lui,
il lui remet un exemplaire du premier numéro, ensuite
tout naturellement s'ensuivent toutes sortes de questions,
sur mon cursus, mon profil, ENFER, ses gestionnaires
Puis Félix en vient au but de cette réunion,
il tourne son regard vers le D.T., pose fermement sa main
sur son épaule et l'interpelle :
" Ecoute moi bien c'est très important et
me fais pas chier car je te connais. Un vendredi par mois
vous allez cohabiter ".
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A
peine l'autre bonhomme a-t-il bougé que Félix
resserre son étreinte.
" Écoute-moi d'abord ! Dany va faire imprimer
son journal chez le père Peignot que tu connais,
j'ai parlé avec lui ce matin, pour obtenir la date
de livraison aux NMPP et par contre-coup la date à
laquelle je dois remettre les films pour qu'il puisse rouler
le " canard "; ce qui fait que nous devons faire
la photogravure, l'avant dernier vendredi de chaque mois.
La situation est simple, puisqu'avec Paris Match vous bouclez
un cahier tous les vendredis, tu fais en sorte que ce vendredi
en question, tu commences plus tôt; ça va permettre
de libérer trois gars à partir de 20 heures
et à 22 heures tout le monde bosse pour Dany; comme
ça, lui, à minuit, il a ses films et ses cromalins,
pour être dès le lundi qui suit, aux Mureaux.
Si tu t'organises fissa chez toi, il ne doit pas y avoir
de problème, car nous n'avons plus beaucoup de temps,
son deuxième numéro est déjà
à la fabrication, je compte sur toi, car je n'ai
pas d'autres solutions.
Je sais ce que tu vas me répondre, tu vas me dire
qu'il y a d'autres photograveurs, que ce n'est pas ton problème
et moi je te dis qu'à l'instant où je te parle,
si ce n'est pas ton problème, c'est le mien sinon
pourquoi je vous ai fait venir tous les deux. Réfléchis
avant de dire des conneries, entre nous je m'en fous, moi
je te connais, mais pas lui ".
Félix me fait un clin d'il. Je ne sais
quoi penser sur ce qu'il vient de dire, la façon
dont il a annoncé le truc, montre que les deux hommes
se connaissent bien, ils ont du respect l'un pour l'autre,
ils s'apprécient.
Félix joue de ma présence, sinon il
n'y aurait même pas eu discussion sur le sujet.
Le D.T. demande à réfléchir, Félix
lui répond :
" Non, non, non, écoute moi bien, c'est tout
réfléchi, il n'y a pas une minute à
perdre dès que tu regagnes tes bureaux, tu réunis
toute ta bande, tu leur expliques et voilà le tour
est joué. Il ne leur faut pas dix ans pour réorganiser
le planning pour un vendredi par mois ! En plus ils pourront
partir plus tôt, alors si ça, c'est pas un
argument ! Ecoute ne me fais pas chier avec ça, maintenant
on va passer aux choses sérieuses, tout ça
m'a donné faim, pas toi Dany ?".
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Twisted
Sister, page 23, Enfer Magazine n°2. "Dee ou
Dany ?" ....
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J'acquiesce
de la tête, je souris plutôt jaune et je n'ose
tourner mon regard vers le D.T. Pendant le repas je subis
un véritable interrogatoire. C'est quoi le Hard ? Pourquoi
les cheveux longs ?...
De son côté le D.T. s'entretient avec maintes
personnes pour remanier le planning à cause du mag
et lorsque ce Monsieur a décidé quelques chose,
on ne discute pas. J'en suis même embarrassé.
Au dessert Félix en vient à parler du
numéro 1, il me questionne sur Avanti, la compo, la
photogravure. Ensuite il en vient à la maquette et
la mise en page, puis me dit :
- Tu penses que le prochain numéro sera de la même
veine ?
- J'en doute, sur ce que j'ai vu, ça va être
pire, vu le contexte c'est normal.
- Dans le futur qui va maquetter ?
- Moi, pourquoi ?
- Tu as des notions pour calibrer les clichés ou choisir
les polices pour les textes et la taille des corps ?
- Heuuuu, je ne comprends pas, ça se fait pas au fur
et à mesure ?
|
-
Comment ça, je ne te saisis pas non plus, comment
vous avez fait pour le premier numéro ?
Je donne toutes les explications.
Félix sur un ton moqueur, me jette en pleine tronche
:
- Hé qu'est ce que tu crois Dany ? Maquettiste c'est
un métier !
Je suis scotché, p
. comme si je n'avais pas
assez de galère. Je ne vais jamais m'en sortir, ce
n'est pas possible. Je ne sais plus quoi dire, Félix
lit mon angoisse sur mon visage, il remplit un verre d'eau,
me le tend et reprend aussitôt :
- Viens on va arranger ça, on va retourner à
mon bureau, je vais téléphoner à mon
copain Pascal, je suis sûr qu'il fera l'affaire et
que vous vous entendrez bien tous les deux.
- Hé, Félix attends, pas trop vite, dis moi
avant, combien coûte un maquettiste pour ce genre
de boulot ? Si c'est bonbon, les autres là haut,
ils vont disjoncter !
- Ecoute moi bien je te fais une proposition, je vais fixer
moi-même le prix, je sais que Pascal ne m'en voudra
pas, je lui renverrai l'ascenseur autrement, par contre
si tes " singes " te font chier, je déduirai
la facture de Pascal sur la mienne ! Qu'est ce que t'en
penses ?
- Que puis-je te dire Félix, à part un grand
merci ? Ouf ça va mieux.
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Nous
nous levons, le D.T. nous prévient qu'il doit partir,
il a un autre rendez-vous, nous le saluons et le remercions
vivement, car l'affaire a été rondement menée.
Félix me prend par le bras pour partir, je
lui fais remarquer que personne n'a réclamé
l'addition.
Je n'obtiens aucune réponse, alors que tout le personnel
s'approche vers nous pour nous saluer très poliment.
Soudain Félix se tourne et interpelle un Monsieur
du nom de Marcel, il lui dit de bien se souvenir
de moi et de m'accueillir comme il se doit, quand je reviendrai.
Ce qui dans mon fond intérieur est un souhait.
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NOTA.
Depuis ce jour la brasserie Bofinger est devenue ma cantine,
cela fait maintenant 28 ans que j'y ai ma table, combien
de groupes et musiciens j'ai trimbalés là
bas, WAYSTED - DIO - QUIET RIOT - METALLICA - URIAH HEEP
- TOKYO BLADE - MAMA'S BOYS - GYPSY QUEEN - Rhett FORRESTER
- Rick DUFFAY - Jack DOUGLAS
Pour n'en citer que quelques-uns;
quand on connait le standing de cet endroit et que je me
remémore Pete WAY qui voulait aller pisser, comme
il n'y avait pas de place pour bouger et ne voulant déranger
personne, il monta sur la table et sauta en plein milieu
de la pièce
ou encore la bagarre de vin et
de mousse au chocolat pour l'anniversaire de mon fils en
compagnie de Jack DOUGLAS, GYPSY QUEEN, Joe Wynne le manager
de MAMA'S BOYS, ainsi que quelques partenaires 'ricains,
ce jour là des clients se sont plaints, mais curieusement
ils ont été priés de quitter les lieux.
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A l'hippodrome de Vincennes avec Farid Medjane
(batterie) Trust, pour fêter la victoire d'un
poulain. Nous sommes aussi éleveurs voici quelques
noms que nous avons donné à nos "
bébés " : Thin Lizzy, Jailbreak,
King Crimson, Sweet Emotion, UFO, Vanilla Fudge, Quiet
Riot, Quireboys, The Pretty Things
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Prenant
place dans un fauteuil bien douillet, posé face au
bureau de Félix, me reviennent en tête
les derniers mots d'Alain et je réalise que
tout ce que j'ai appris aujourd'hui, a aussi quelque chose
à voir avec la photocomposition, ainsi peut être
que je passerai moins pour un c..
Félix téléphone à Pascal
et à peine deux minutes plus tard, je converse
avec celui-ci, pas de bla-bla, nous décidons de nous
voir dans l'heure qui suit, dans un bar, Place de La Bastille,
non loin de chez PRS, je préfère ça
plutôt que de nous voir dès le premier jour
dans le " palace " de la rue de Romainville.
L'entretien se passe super bien, Pascal est très
cool, pas de prise de tête, le mec maîtrise
son sujet, c'est un grand pro et ça me libère
complètement.
Il connait bien les gens de COMPO RELAIS, il propose de
m'accompagner pour gérer avec eux la façon
de procéder, du coup je joue franc jeu et le mets
au parfum de la situation avec ENFER, il me répond
qu'il est déçu qu'il ne s'attendait pas à
ça, mais fait confiance à Félix, qu'il
fera malgré tout un essai et si ça ne colle
pas, il faudra que je trouve quelqu'un d'autre.
Avant de nous quitter, Pascal appelle une personne
de sa connaissance chez COMPO RELAIS, puis m'informe qu'une
entrevue est possible sur place. Ainsi rendez vous est pris.
Je quitte Pascal avec la pêche, inquiet il
y a encore une heure, il m'a rassuré, pas question
de retourner dans le " 5 étoiles ".
Je m'entretiens avec Z au téléphone, je ne
parle pas de Pascal, je lui raconte juste que tout
s'est bien passé avec Félix et que
je dois voir COMPO RELAIS le lendemain, elle me dit que
c'est bien, mais que tout le monde aimerait bien me voir
un peu plus au bureau, il y a des choses à voir et
à faire, il ne faut pas non plus que j'oublie qu'il
y a le numéro 2 en cours et que la date du concert
de la Mutualité approche à grands pas.
Comme convenu, le jour suivant je retrouve Pascal
chez COMPO RELAIS, il me présente Yves qui
sera notre interlocuteur direct. C'est Pascal qui
négocie, il fait très fort, car il a obtenu
l'autorisation de faire la maquette en parallèle,
puisque le montage se fait ici, ainsi s'il y a des rectifications
nous les ferons sur place.
Je le remercie et le félicite d'avoir réussi
un super coup, à choisir c'est préférable
de bosser dans ces locaux, il n'y a pas photo.
Nous buvons un coup avant de nous quitter, ainsi la prochaine
fois nous nous reverrons pour attaquer le numéro
3.
A contrecur je saute dans le premier métro,
j'ai l'impression de rejoindre le pénitencier après
une permission.
Je
suis étonné que la parution du numéro
1 ne suscite pas plus d'intérêt de la part
des compagnies discographiques.
Une fois sur les lieux, j'appelle tous les directeurs "
archi tristes " et les labels managers, ainsi que les
éditeurs, pour obtenir leurs impressions, car seule
Arista se bouge pour KROKUS.
A l'exception des secrétaires, comme d'hab' je n'ai
pu parler avec les personnes désirées et n'ai
laissé que des messages.
Je ne m'offusque même pas, je suis serein, comme c'est
un nouveau produit il va falloir laisser un peu de temps.
Je jure que les premiers à répondre seront
les mieux servis et je n'en fais pas une question de budget,
sinon ce serait trop facile. Ceux qui s'imaginent prendre
le train en marche, sous prétexte qu'ils ont du fric
et pensent écraser les autres, en seront pour leurs
frais, car je ne mange pas de ce pain là !
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A
l'inverse, Claude Ismaël (Polydor) me téléphone
toutes les 2/3 heures, plus pour se réconforter que
pour me donner des news. Il est inquiet, ACCEPT est
tout juste connu, jusqu'à ce jour, seuls les dinosaures
remplissent les salles, et la promo pour annoncer le concert
est insuffisante. Le HARD ce n'est pas non plus son truc à
Claude, alors du coup il n'est pas très à
l'aise quand Gaby la manageuse lui met la pression.
Il espère qu'ENFER traitera bien le band, même
en cas de fiasco, je lui glisse gentiment qu'il n'y a aucune
raison, si la prestation est à la hauteur, ce n'est
pas au nombre de fans que l'on juge le talent.
De mon côté je n'en sais pas plus, personne ne
me dit quoique ce soit. Ici je ne suis pas trop apprécié.
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Le
concert d'ACCEPT va servir de point de référence.
Il est incontestable qu'il y a un public, mais répondra-t-il
à la demande ? Ce vendredi 29 avril est crucial, il
va aussi nous fixer sur l'impact de notre magazine chéri.
Chez Arista, Sophie Clergeat fait le même constat,
si ça marche pour ACCEPT alors tout est possible,
il pourra y avoir du développement d'artistes interprétant
du HEAVY METAL, chez eux KROKUS pourrait ainsi profiter
rapidement des conséquences.
Dans l'après-midi Avanti me fait parvenir quelques
pages, la 11 une " noir au blanc " de la chronique
débranchée sur KISS, les 24 et 26 sur
JUDAS PRIEST, la 27 du TOP 10, les Chroniques de disques
en 28, 29 et 30, il y a aussi quelques quadri dont la 4ème
de couv' avec MAIDEN, une autre avec Rob Halford
et cerise sur le gâteau une dernière que j'adore,
un cliché de Paul Stanley.
Au décompte il manque la couverture et une douzaine
de feuilles dont dix dépendent des gigs à venir,
STOCKS, ACCEPT et Frank MARINO.
En fin de journée, je bigophone aux gars de l'équipe
pour leur annoncer que s'ils voulaient me voir, je m'installais
au local pour un bon moment.
Les jours suivants rien de bien particulier, je me familiarise
avec quelques garçons, dont quelques-uns me surprennent
en raison de leur culture HARD phénoménale.
Avec le recul, je déplore de ne pas avoir proposé
un cahier 16 pages " spécial découvertes
", ENFER Magazine a bien été précurseur,
mais à cause du manque de place nous avons trop souvent
dû faire une sélection, avec regret bien sûr,
et tout cela malheureusement je l'avoue humblement, au détriment
d'un grand nombre d'autres bons combos qui, du coup sont passés
dans les oubliettes.
L'effervescence règne toujours dans le bâtiment,
je reçois la visite de Y, il est stressé, la
date fatidique approche, il veut mon avis, ai-je des échos
à la fois sur le concert et sur le mag' ? Je positive
au max' je connais ce genre d'angoisse, je lui signale que
Jérôme Besème le manager de STOCKS
m'appelle régulièrement et que de leur côté
ils sont fin prêts et que tout va pour le mieux.
Nous restons ensemble longuement et la discussion est plutôt
chaleureuse, j'assure que s'il a besoin de moi je me mets
à disposition, de toute façon je serai sur place
très tôt car je l'ai promis à Jérôme.
Je resterai avec STOCKS jusqu'à leur départ,
Y me dit que dans ce cas, il me prendra une chambre dans le
même hôtel que le band, cela facilitera les choses.
Le soir du 25 à la Mutualité, c'est une réussite
totale, les kids sont venus nombreux et le set des deux groupes
est mortel.
C'est la fête, ENFER Magazine est au centre de
toutes les conversations, et aujourd'hui à l'instant-même
où j'écris ces quelques lignes, j'en ai encore
la chair de poule.
Après la magistrale prestation de STOCKS, je
suis monté sur scène en brandissant le premier
numéro, je me présente aux fans, dans le public
c'est de la folie. Quelques minutes plus tard je me hasarde
à descendre dans la salle, les félicitations
affluent de partout, les mains se tendent, j'entends des :
-Vive ENFER Magazine !
-Dany serre moi la main !
-ENFER Magazine vous êtes les meilleurs !
-Enfin un vrai Magazine de HARD.
-Merci on attendait ça depuis longtemps.
-Le prochain numéro c'est pour quand. ?... Etc
Je reçois des tapes sur les épaules, je commence
à me faire trimballer, heureusement il y deux mecs
du S.O. qui viennent me sortir de là.
En filigrane qu'est ce que ça veut dire ? Hé
bien que d'ici peu le HARD ne sera plus une musique confidentielle
et orpheline, ni tabou non plus.
Ca y est c'est fini, la salle se vide, mais cette soirée
restera gravée à jamais dans ma mémoire
elle ponctuera fortement MA longue histoire d'amour qui me
lie au HEAVY METAL et au HARD ROCK.
Je rejoins la bande à Marquilly au resto, à
notre table il y a Annie Duperey et Bernard Giraudeau,
ce dernier recherche des musiciens pour tourner dans le film
" Rue Barbare "
Nous avons passé
une bonne partie de la nuit à discuter mais aussi à
déconner surtout Annie et myself, il y avait
un bon feeling. Avant de nous quitter Annie et Bernard
m'ont laissé leurs coordonnées.
Devinez quoi : à cette époque n'étant
pas cinéphile pour un rond, je ne savais absolument
pas qui était Madame Duperey ni Monsieur Giraudeau
(mea culpa), croyant avoir affaire à des has been,
dès qu'ils ont eu le dos tourné, j'ai tout simplement
jeté leurs numéros dans le caniveau. Je vous
entends jusqu'ici : Mais quel c
Hé oui, je pense
la même chose que vous ! Je dois vous avouer que ce
ne fut pas la seule fois, j'ai fait encore plus fort avec
Xavier Deluc
(no comment).
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Le
samedi matin, tout le monde est crevé mais heureux,
je salue les ch'tis, car nous entrons dans la dernière
ligne droite. Rue de Romainville, c'est H qui m'ouvre la
porte, il est seul, sur mon bureau je trouve l'article et
l'interview de Frank MARINO, signé Ph.
Touchard, il y aussi un petit mot me précisant
que j'aurai tout pour lundi (STOCKS/interview et ACCEPT/interview
et chronique de concert), ça colle les photos me
parviendront aussi le même jour.
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Tournée
Germano/Suisse de Tokyo Blade. |
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Je
lis vite fait les chroniques sur MARINO et les remets
à H pour qu'il les expédie à Avanti.
Lundi.
Nous sommes en plein bouclage, quand je vois toutes les photos
d'ACCEPT je suis hyper déçu, mais c'est
trop tard il faut faire avec, elles sont tellement nulles
qu'il est impossible de faire une double page avec une seule
épreuve, d'où le patchwork.
Pour STOCKS c'est moins compliqué.
Je prends les travaux de Ph. Touchard et reste accroché
quelques instants sur la fin de la dernière phrase
de la chronique du concert :
on n'est pas prêt
d'oublier ce qui restera sûrement le meilleur concert
parisien depuis pas mal de temps.
En France combien de personnes ont entendu parler d'ACCEPT
? Combien ont écouté sa musique ?
Pour des nouveaux venus, c'est un coup de maître. Je
me fais une réflexion parmi tout ce que j'ai eu l'occasion
d'entendre ces derniers mois, il y un paquet d'artistes qui
sonnent aussi bien si ce n'est mieux qu'ACCEPT donc
logiquement ça laisse augurer quelques sacrées
prestations scéniques.
Avec tous ces jeunes loups qui cognent derrière la
porte, j'espère surtout que ça va booster les
monuments du HARD et les obliger à se bouger le cul,
ils ont pris l'habitude de venir faire un petit tour chez
nous juste pour présenter le strict minimum, se reposant
depuis des années sur leur notoriété.
Depuis la sortie du numéro, j'ai croisé pas
mal de monde ici et là, mais je n'ai toujours pas l'équipe
définitive.
Parmi les gens rencontrés il y a deux gars qui avaient
retenu mon attention.
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Bruno
" Tequila " Khaled a l'esprit ouvert et une
bonne connaissance du Rock dans le sens large, ce qui manque
chez nous.
Bruno Bages c'est le " southern man " dans
toute sa splendeur et la culture Rock Latine n'a aucun secret
pour lui.
Les journalistes sachant ce qu'ils avaient à faire
pour le numéro 3, j'ai récupéré
les articles de RUSH - VULCAIN - ACID - HADES - SATAN JOKERS
- DIO, avec il y a une bonne quinzaine de chroniques de
disques, ça me fait de la lecture et je dois aussi
trouver la Bombe Du Mois.
Nous devons accorder de l'espace pour le " Bruges Festival
83 ", et pour cela ENFER envoie la " spéciale
" délégation pour glaner toutes les infos
possibles.
Du côté de KROKUS c'est un peu plus compliqué,
B. " Téquila " se charge de l'article
de fond, il me le remettra à temps, par contre Ph.
Touchard ne pourra faire l'interview que le mercredi 1er
juin.
A
SUIVRE
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