Danny Vaughn

 

Interview par Seb le 25.01.2007


Vu Fois


Traveller

Danny Vaughn, après avoir notamment tenu le micro pour Waysted, s'est fait remarquer avec le groupe TYKETTO, qui fut l'un des fers de lance du Hard Rock Mélodique, au début des 90's. Après d'excellents albums au nom de Vaughn et d'autres projets parallèles, il nous revient aujourd'hui avec son nouvel album Traveller, qui sort chez Frontiers Records le 16 février prochain, et a bien voulu répondre aux questions d'HardRock80.

Interview réalisée par Seb, Traduction Metalefice.


Tout d'abord, ton album solo "TRAVELLER" sort le mois prochain chez Frontiers Records. Peux-tu nous parler un peu de cet album et du processus de réalisation?
Je pense que ce qui me plait le plus dans cet album est la magie avec laquelle tout s’est mis en place. C’est comme si un jour j’avais de vagues idées de chansons en devenir et que le lendemain, j’avais un album tout prêt. Une fois que j’entre dans mon « espace de créativité », si tu veux, le temps n’a plus prise sur moi. De plus, c’est le premier album dont je suis l’unique producteur. Cela ne veut plus seulement dire l’écriture et l’exécution, mais, de plus, conserver la maîtrise de l’organisation, sans avoir à me balancer d’un pont - ou de pousser quelqu’un d’autre ! :-)
Ce qui est vraiment unique avec cet album est que, bien que toutes les chansons soient de moi, les autres membres du groupe les considèrent comme les leurs. Les gars ont mis une sacré fierté à ne pas être de simples exécutants, ne pas seulement enregistrer des chansons. Ils ont voulu qu’elles soient top. C’est un très bel assemblage de chansons. Une autre particularité réside dans le fait que beaucoup de choses ont été faites par des gens qui me sont proches. La couverture est une œuvre de mon père qui a un talent dont je suis incroyablement fier. Le logo et la mise en forme de la pochette ont été créés par mon amie Hayley WARREN. Elle a joué un très grand rôle dans cet album. Elle écoutait les premières prises et me proposait son avis. Elle m’a aidé à gérer toutes les questions épineuses de logistique, m’a beaucoup supporté.


Parlons un peu des musiciens de cet album. Steve Mc KENNA, le bassiste de TEN, joue sur "TRAVELLER". L'as tu rencontré par le biais de Gary HUGHES, le chanteur de TEN, sur l’album duquel tu as participé "Once And Future King Vol. 1" ?

J’avais croisé Steve à plusieurs reprises lors de différents concerts. Nous avons même partagé la même scène une fois. Mais c’est Tony qui l’a "poussé" comme quelqu’un qui devait nous rejoindre. Steve est un gars adorable, très drôle que tout le monde apprécie.

Peux-tu nous présenter les autres membres du groupe qui t'accompagnent?
Oh, c’est OK, ils se connaissent déjà ! (Désolé, je n’ai pas pu résister – Boutade de Danny à une faiblesse du traducteur NDT). Mon bras droit pour tout cela est Tony MARSHALL à la guitare et aux chœurs. Nous nous sommes rencontrées chez Z Records où il était avec son précédent groupe « CONTAGIOUS ». Pat HEATH est l’autre guitariste. Un magicien de la 7 cordes qui donne des cours au BIMM en Angleterre et il a fait des merveilles avec son

groupe « BRAVE NEW WORLD ». Le dernier arrivé est, à la batterie et aux chœurs, Lee MORRIS. Lorsqu’il a quitté PARADISE LOST, la rumeur a couru qu’il était musicien de studio et qu’il cherchait à intégrer un groupe. Il s’accorde avec nous très facilement, c’est aussi un gars bien et un peu réfractaire à l’AOR !

Est-ce que le line-up de l'album sera le même que celui qui t'accompagnera en tournée?

Ces gars tournent avec moi depuis deux ans et nous formons un excellent groupe de travail. Donc, bien sur, nous ferons la tournée ensemble.

L'écoute de ton album "TRAVELLER" me rappelle irrésistiblement le 2ème album de TYKETTO, à savoir "Strength In Numbers", autant dans le son que dans le style. J'irais même plus loin, j'aurais envie de dire que cet album me fait penser à un mélange de toutes tes précédentes formations regroupées sur un seul disque, d'un avis personnel.
Que penses-tu de mon point de vue, Danny?

Tu es la première personne à me dire cela. En y réfléchissant, je dirais que je suis d’accord avec toi. Tous les enregistrements que je fais moi-même sont des mélanges de plein de choses, anciennes et nouvelles. « TRAVELLER » ne fait pas exception. Mais le premier album où j’ai tenté de faire des trucs différents était « STRENGTH ». Je suis heureux qu’il ait une ressemblance avec TYKETTO. Ce n’est pas voulu mais je suis très fier de ce que j’ai fait par le passé et j’espère que plein de gens auront le même sentiment que toi car les gens me réclament toujours ce groupe.

Dirais-tu que tu as réussi à proposer à travers "TRAVELLER" tout ce qui tu aimes le plus dans la musique et penses-tu avoir atteint le but que t'étais fixé avant de t'atteler à la réalisation de cet album ?
Je suis persuadé d’avoir atteint mon but, oui. J’ai même réussi des choses que je n’espérais pas. Tant de choses se sont mises en place si naturellement. Il y avait beaucoup d’incertitudes : la couverture, quelques intros de chansons, comment enregistrer certaines idées que j’avais ; mais je ne me suis pas pris la tête avec cela et laissé faire.

Les choses dont j’avais besoin revenaient par elles-même quand j’en avais réellement besoin. Je ne sais pas si j’ai mis tout ce que j’aime en terme de musique dans cet album mais une chose est sure : j’adore cet album.

Ton album solo signifie t'il un désir de poursuivre ta carrière en tant qu'artiste solo, ou est-ce simplement une étape dans ta carrière?
C’est une étape, certainement. Pour la plupart, tu dirais que tous les albums VAUGHN sont des albums solo. J’ai écrit 90% des chansons, je les ai co-produit, j’ai fait la plupart des interviews, etc. C’est plus facile d’être reconnu si tu joues en groupe, en effet. Le problème est que le groupe change constamment de membres à chaque tournée, à chaque enregistrement de sorte que je pense que cela n’a pas grand sens d’appeler cela un groupe. J’y suis donc allé sous mon nom, je suis sur au moins que cela ne changera pas ! :-)

Ton précédent album était le projet FROM THE INSIDE, sorti chez Frontiers Records également. On peut constater que le coté bluesy des albums de ton groupe précédent, VAUGHN, a été délaissé pour revenir au style du TYKETTO des débuts. Etait-ce une volonté de ta part ou un souhait du label spécialisé dans ce style, à savoir Frontiers Records, de te revoir oeuvrer dans ce genre de Hard rock mélodique bien précis?
Je pense que tu dois faire avec le projet qui t’es confié. Comme tu le dis, Frontiers rassemble les fans de hard rock mélodique. Et, pour être franc, c’est navrant de voir un groupe de rock mélodique se former ou se reformer pour un nouvel album et faire, à dessein, quelque chose qui ne ressemble en rien à ce qu’ils faisaient auparavant. Je pense que les fans ont horreur de cela.
Oui, ma musique à une coloration blues. C’est vraiment la musique que je préfère. Mais j’ai baigné depuis tout petit dans l’AOR, le rock mélodique donc cela me vient naturellement. Lorsque Frontiers m’a proposé de faire un album et qu’ils désiraient vraiment me pousser pour peu que je sois en mesure de faire quelque chose qui colle à leur image, je prends cela comme un excellent challenge amical. Je ne me suis surtout pas forcé à composer ce genre de musique. Je l’adore. A la fin, nous avons donc un album qui est un énorme mélange de genres musicaux que j’aime. De ce fait, eux et moi avons ce que nous voulions.

Projettes-tu l'enregistrement d'un 2ème album de FROM THE INSIDE?
Il en a été question. J’espère que cela se réalisera.

Revenons un peu en arrière si tu veux bien Danny. Quels sont tes meilleurs souvenirs de l'époque WAYSTED?
Cela a été la série de mes « premières fois ». Mon premier album, ma première vidéo, ma première tournée mondiale. J’ai fait la tournée avec les géants d’IRON MAIDEN en Europe de l’Est, au Canada, aux USA. C’était un moment incroyable.

En 1991 sortait le 1er album de TYKETTO "Don't Come Easy". Le 2ème album "Strength In Numbers" sortait en 1994 et ensuite tu décidas de quitter le groupe. Pouvons nous connaître les raisons de ton départ de TYKETTO à cette époque?
Cela devenait juste insupportable. Nous tournions énormément, pour pas grand chose. Le public se raréfiait, la route devenait plus longue, la nourriture de pire en pire. Au bout d’un moment, je ne supportais plus de voir un truc, que j’aimais tant, mourir de façon si triste, j’ai du partir.

En 1996 sortait l'album "Take Out And Served Up Live" de TYKETTO, qui était une compilation d'inédits, de démos et de titres Live. Peux-tu nous dire s'il reste encore des inédits de TYKETTO de l'époque jamais sortis, et si oui, prévois-tu de les sortir sur CD un jour?
Non, je suis sur que nous avons utilisé absolument tout, tous les enregistrements ou les vieilles chansons qui traînaient. Souviens-toi que ce n’est pas parce que tu n’as pas écouté une chanson que c’est une merveille. Si nous ne l’avons pas enregistré, c’est certainement parce que nous savions que c’était une daube !

TYKETTO s'est réuni avec toi pour des concerts fin 2004. Qu'en était-il de cette réunion? Etait-il question d'un nouvel album prévu par la suite, ou simplement le temps d'une tournée dès le départ?
Nous avions déjà eu des propositions dans ce sens. Certaines étaient parfois très lucratives. Mais nous avons mis le temps à nous décider car nous ne voulions pas le faire pour de l’argent. Nous voulions que ce soit une fête. En 2004, tout le monde était bien dans sa tête, nous y avons été.

On peut constater que tu es toujours resté fidèle à ton style de prédilection qui est le Hard Rock mélodique à tendance bluesy. Est ce facile en tant qu'artiste professionnel d'imposer sa musique aux labels, surtout dans les mid 90's ou les maisons de disques boycottaient le Hard Rock mélodique au profit du grunge ou d'autres styles en vogue?
Il est toujours difficile d’imaginer que la musique qui est populaire est, en fait, commandée par la mode. Il semble que récemment, en particulier les plus jeunes, soient moins sectaires. Beaucoup de trucs actuels sont tout simplement pauvres et ennuyeux. Mais ça se vend. Tout ce dont tu as besoin, c’est d’un beat. Par exemple Justin TIMBERLAKE. Ce type sait danser mais jamais je ne dirai que c’est un chanteur. S’il n’était qu’anonyme et qu’il se pointe à « American Idol », Simon le ficherait dehors ! Et je pense que la majorité de nos pop stars sont à peine douées et surtout rasoirs ! J’ai mes idoles, plus grandes que tout, mais il semble qu’il n’y en ait plus beaucoup.


En 1997 sortait le très bluesy "Blues For Daze" de FLESH AND BLOOD, dans lequel on te retrouve aux cotés de, entre autres, Mark MANGOLD, Chuck BONFANTE et Al PITRELLI. On peut s'apercevoir que le son et le style de FLESH AND BLOOD rappelle un peu le 3ème disque de DRIVE SHE SAID "Excelerator", dans lequel étaient déjà présents Mark et Chuck, et que l'on ne te retrouve pas dans le processus d'écriture de "Blues For Daze", album en grande partie écrit par Mark justement. Que peux-tu nous dire de ce disque? Etait ce à la base un projet a l'initiative de Mark ?

C’est une idée de Mark. Nous adorons tous le blues et Mark écrit ce genre de chanson super bien. Ils ont terminé le projet avec un autre chanteur, mais personne n’était intéressé par sa voix, donc, ils ont rangé le truc. Quand j’ai rencontré Mark, il m’a dit qu’il aimerait bien me faire essayer un truc et cela a marché. C’est toujours un de mes albums favoris car je ne pense pas au fait que ce soit moi qui chante, j’aime juste ce groupe.


Tu apparais sur l'album de ALLIED FORCES "R U Wilde" sorti en 1999, disque sur lequel tu chantes 3 chansons en chant "lead". Qu'en était-il ? Etais-tu membre du groupe au début, ou étais-tu uniquement venu chanter sur cet album dès le départ en tant que guest sur ces 3 chansons?

Non, j’étais otage du truc. Cet album est une daube, sortie par un monsieur avec qui je jouais, il y a très, très longtemps. Je ne devrais pas dire que c’est une merde car chacun des musiciens fait son truc tout à fait honorablement. Le seul ennui est qu’aucun d’entre nous n’a accepté que ce soit édité en tant qu’album. Les trois chansons sur lesquelles j’ai chanté n’étaient que des démos et je n’ai jamais donné mon aval pour les sortir. Les autres morceaux ont été piqués au groupe qui les avaient enregistrés. Tout cela est l’œuvre d'un petit truand qui ferait n’importe quoi pour un peu de fric.

On peut t'écouter sur l'album AVALON de Ritchie ZITO, sorti tout récemment. Sachant que le 1er album de TYKETTO "Don't Come Easy" était produit par lui, on peut imaginer que vous vous connaissez depuis longtemps et que vous vous appréciez réciproquement. Que peux-tu nous dire de cette collaboration?
Bien, cela fait pas mal d’années que Ritchie et moi en avons parlé et quand il m’a appelé, j’en ai été très flatté. J’ai beaucoup apprécié travailler avec lui. Nous nous sommes super bien entendu pendant les sessions de « Don’t Come Easy ». Ecrire des chansons avec lui était super simple. Dans une certaine mesure, il est comme un de mes profs. Maintenant que j’ai percé, c’est très important pour moi qu’il soit fier de moi. Un peu gamin, non ?

Peux-tu nous parler un peu de ton label? Tu étais pendant plusieurs années chez Z Records avec les sorties de tous les albums de VAUGHN. Que s'est-il passé? Est-ce que Frontiers Records correspond beaucoup plus à tes attentes?
Frontiers te paient l’argent qu’ils t’ont promis et ne te laissent pas avec des factures impayées et de nouveaux ennemis. Nous avons réellement essayé que cela marche bien avec Z Records mais il y avait trop de problèmes.

Tous les fans de Hard Rock mélodique en France dont je fais partie rêvent de te voir sur une scène française. Peux-tu nous dire s'il est prévu une ou plusieurs dates ici?
Pas encore mais si quelqu’un me trouve un promoteur qui nous conduirait en France, j’adorerais revenir !


© Vaughn / Photo by Jessica Patel

Peux-tu nous dire ce que tu écoutes en ce moment, et quels sont les groupes qui t'ont marqué ces dernières années?
En général, j’écoute des vieux trucs car je n’accroche pas trop à ce qui se fait maintenant. Mais on m’a passé un exemplaire de MUSE « Black Holes And Revelations » et je suis impressionné. J’écoute pas mal aussi Ton WAITS, l’album « Orphans », SHEER GENIUS, Robert RANDOLPH, James BROWN, Brian SETZER, RED HOT CHILI PEPPERS, KING’S X.. (et cela, juste aujourd’hui !)

Une question plus large pour finir. Internet est maintenant un outil accessible au plus grand nombre. Qu’en penses-tu ? Penses-tu que le Web peut aider les groupes établis à être d’une certaine manière plus proches de leurs fans et de faire en sorte que ta musique soit mieux connue ? Que penses-tu des sites comme www.hardrock80.com ? Penses-tu qu’ils peuvent aider à mettre en avant le genre de musique que nous affectionnons ?
Internet, comme tous les outils est une lame à double tranchant. Du bon côté, cela a permis à des musiciens qui n’en auraient jamais eu les moyens avant de se faire entendre, comme sur MySpace ou de balancer des vidéos sur YouTube. C’est fantastique d’avoir un forum mondial où tu ne sais jamais qui tu vas croiser. Oui, les sites dédiés à un style particulier sont d’une très grande aide.
Le mauvais côté est bien sur le téléchargement illégal. Les majors ont créé ce monstre de toutes pièces. Aucune raison au monde ne justifie un CD à 20 Euros, ou même 17 Dollars ! C’est débile. Les gros deviennent plus gros. Bon, maintenant, ils s’en inquiètent. L’ennui pour des gens comme moi est que nous ne pouvons plus en vivre correctement parce que les gens ont pris l’habitude de tout avoir gratuitement. Au bout du compte, nous ne pourrons plus faire des albums, même pas chers comme maintenant et qu’il y aura de moins en moins de choix. A un moment, les gens qui téléchargent doivent décider, s’ils acceptent de soutenir les groupes qu’ils aiment ou s’ils doivent laisser tomber.

Un énorme merci à toi Danny pour ton temps et ta patience pour cette interview.
Cela a été un plaisir. J’espère que j’aurai la possibilité de venir vous voir en France bientôt. Merci pour votre aide.
« Merci beaucoup, mes amis » (in French in the text :-) NDT)

Danny Vaughn

 

 


 

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