DEMIANS
(Nicolas Chapel)

 

Interview par Xutos - Avril 2008






 

C’est en plein centre de Paris au Général Hôtel, que j’ai pu rencontrer le géniteur de Demians, le multi-instrumentiste français Nicolas Chapel.

Nicolas, peux-tu nous présenter Demians?
Il est toujours difficile pour moi de trouver un début à Demians, vu que c’est un projet solo. J’ai toujours été très introverti, très en retrait, plus observateur que du genre à participer au débat. J’ai eu besoin à un moment de faire le point de me parler, car je ne me reconnaissais pas dans ma vie, j’étais perdu, j’avais laissé mes rêves de côtés, Demians est venu de là ! J’ai toujours eu du mal à communiquer, mais besoin de me parler en musique, progressivement ça c’est concrétisé en composition que j’ai gardé pour moi. J’ai commencé à composer en 2002, j’ai dû composer 250 titres, et au moment d’en faire un album, j’ai décidé de tout faire moi-même (production, instruments, chant, pochette). Depuis Demians est un groupe qui fait son 1er concert ce soir et qui va par là suite faire une tournée et sortir d’autres disques derrière. Parler de Demians, c’est en quelque sorte parler de moi.

Que signifie ce nom, Demians ?
Au moment ou j’ai décidé de sortir ma musique il me fallait un nom, la question était : Nicolas Chapel ou un autre nom, mais comme ça ne tourne pas autour de ma propre personne même si je m’inspire de ma vie, je voulais que les gens l’écoute comme leurs vies à eux.

Mais je ne voulais pas non plus d’un nom de groupe pour ne pas leurrer les gens, car ce n’est pas un groupe à la base. Demian est un livre d’ Hermann Hesse, qui parle de Emile Sinclair qui a une éducation très stricte, où on lui apprend le bien, le mal, qui rationalise tout, il ne se remet jamais en question, mais Max Demian sorte d’alter ego, rien qu’avec un simple regard arrive à le faire se remettre en question et à avancer dans la vie. Ce livre que j’ai lu tout gamin m’a marqué et j’y ai repensé au moment de nommer mes chansons car elles font la même chose avec moi. Mes chansons sont mes Max Demian à moi.

Le titre de l’album "Building an Empire " est il un clin d’œil à « Queenrysche » ?

On m’a déjà posé cette question, mais pas du tout, d’eux je ne connais que « Promised Land », Queenrysche ne fait pas partie de mes références, c’est plus la réflexion que les gens me faisaient autour du disque, du genre : tu bâtis un empire !!

Steven Wilson de « Porcupine Tree » n’est pas avare en louanges quant à ton sujet ! Flatté ?
Disons que c’est étrange de se lever un matin et de lire ça, car j’écoute sa musique depuis plus de 10 ans, et il a écoute ma musique! Au-delà des louanges, c’est le fait qu’il ait écouté le disque, car il doit en recevoir des milliers par an. Ce qui m’encourage c’est que ma musique lui ait parlé et qu’il le fasse savoir.

Hormis Porcupine Tree, peux-tu nous en dire plus sur tes influences?

Steven Wilson m’influence plus dans sa façon de faire, que par sa musique en elle-même, je suis plus influencé par la vie, des événements, des détails que par la musique, j’ai toujours baigné dans la musique, j’ai toujours mis en relation la musique avec des souvenirs. Sinon Steve Wilson, Peter Gabriel, Tool, m’inspirent car il font ce qu’ils veulent quand ils veulent, et c’est ça plus que la musique en elle-même qui m’inspire. J’ai eu besoin de faire à un moment de ma vie ce que je voulais. Sinon j’aime de tout, ça va de Messugah, Gojira à la musique classique, de l’ambiant, de l’expérimentale, je trouve toujours du bon dans toutes les musiques ça m’enrichie culturellement, j’ai vraiment hâte de tourner pour découvrir d’autres cultures, en fait une rencontre, un clin d’œil, m’influenceront toujours plus qu’un album ou qu’un artiste.

Comment s’est passé l’écriture des titres ? Et l’enregistrement?

Les chansons viennent à moi de manière très naturelle, je n’arrive pas à m’assoir et à écriture comme ça. Sur les 8 titres qui composent l’album 7 datent de 2002. A la base, j’ai écrit des titres juste pour moi sans idée de les sortir un jour, c’est une démarche sincère, je prends ma guitare et je retranscris les titres comme ils viennent, parfois je me fais plaisir parfois violence, je raconte des choses que je n’ai pas envie de raconter, c’est de l’écriture automatique, parfois j’écoute l’album et j’ai pas l’impression de l’avoir composé tellement j’ai pris de recul. En général entre la composition et le maquettage il y a 48 heures maxi, souvent tout est fait en 2/3 heures.

Pour l’enregistrement par contre, j’ai pris le temps d’être critique envers moi-même et de choisir les titres qui me représentent le mieux, j’ai pris le temps d’essayer, de faire des erreurs.

Les batteries ont été enregistrées dans ma cave, les guitares dans la chambre de mon petit frère le tout avec très peu de moyen, je n’ai jamais pris de cours de prise de son, le label sort le disque tel que je l’ai réalisé, ils me soutiennent dans ma démarche, ils n’ont pas eu d’exigence particulière.

Tu es multi instrumentiste de quels instruments joues tu et comment les a tu appris ?
Je n’ai jamais pris de cours de solfège et je ne jouais pas certains de ces instruments avant, j’ai cherché à développer ce que je maîtrisais, mais aussi ce que je ne maîtrisais pas, ça fait parti de ma démarche. Le concept n’est pas dans l’album mais dans sa réalisation. Est-ce que je passais des heures à expliquer à un batteur ce que je voulais ou bien est ce que j’apprenais la partie de batterie ? J’apprenais !! Pour moi le don c’est plus de collaborer avec des gens, c’est plus facile pour moi de faire comme çà. Je suis encore trop impliqué pour le moment pour savoir si c’est un don, du travail, c’est juste naturel.

Comment as tu recruté tes musiciens ?
Ce fût l’étape la plus dure de ma vie, grosse remise en question, 1 an et ½ de recherche, de déménagement, de découragement et d’encouragement, de lutte contre des musiciens peu ou pas motivés ou pire mal motivés qui restent parce que l’album a du potentiel. Aujourd’hui mon groupe est composé de vraies rencontres humaines, de discussions, de musiciens qui me parlent de musique et pas d’instruments.

Est-ce que la scène est importante pour toi?
Oui j’ai hâte de rencontrer des gens qui vont me parler de l’album et de ce qu’ils y ont vu, mais aussi car les titres ont un potentiel fort pour la scène.

Le prochain Demians sera un album de groupe, ou seras tu une nouvelle fois seul maître à bord ?
Demians c’est un concept, je distingue la scène du studio. Parfois avec les musiciens on part en impro, mais on a tous conscience que Demians c’est autre chose, et malgré le fait que je me sois ouvert, Demians c’est mes rêves, mes idées, la tournée va nous souder et ce sera de la force pour le prochain album, ça m’inspirera.

Par respect pour eux et pour moi, je préfère être seul car quand j’ai une idée en tête, je n’écoute personne et ça serait ingérable. La fraîcheur de la découverte des titres par les musiciens qui ne connaissent par les chansons m’intéresse, car ça apporte un nouveau souffle aux titres pour la scène.

Après je reste ouvert au proposition si quelqu’un a une bonne idée pourquoi pas, mais autre chose que Demians.

Envisages tu un jour de faire un album/titre en Français?
Je reste ouvert, pourquoi pas mais les chansons viennent en anglais. Mes influences sont anglo-saxonnes, j’ai beaucoup vécu à l’étranger, j’ai beaucoup d’amis anglo-saxons, quand je me lâche devant mon micro ça sort en anglais, si jamais ça sort en français pourquoi pas, mais pour le moment ça me parait abstrait.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?
Tourner, rencontrer du monde, créer des contacts et il y aura pleins d’albums.

Un message pour les lecteurs de HR80?
Faites ce que vous voulez, faites les choses à fond, ne regrettez rien. C’est le fond de l’album et si vous vous y retrouvez, n’hésitez pas à venir m’en parler.



Demians studio :
Nicolas Chapel : Chant, Guitare, Basse, Claviers, Batterie, Samples, Production, Graphisme.

Demians live band :
Nicolas Chapel : Guitare, Chant / Michaël Roponus : Batterie / Antoine Pohu : Basse / Anthony Broggia : Samples.



 

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