ANGRA / MANTICORA / EDENBRIDGE
08.02.2005 - La laiterie - Strasbourg

Par Chosy

Tandis que certains forumeurs de HR80 fêtaient le retour d’Hanoï Rocks à Paris (je vous dis pas la tête de RS à son retour !), je suis allé voir et écouter Angra dont la tournée européenne « Temple of Shadows » avec en guests Edenbridge et Manticora, faisait escale à La Laiterie ce 8 février 2005.
Autant l’avouer de suite, je me suis rendu à ce concert sur la seule renommée d’Angra (un peu d’indulgence pour ce manque de culture…), ne connaissant que quelques titres de ce fantastique groupe brésilien. Et la surprise fut de taille, tant et si bien que les riffs de Kiko et Rafael résonnent encore dans mes oreilles (mais non, ce ne sont pas des bourdonnements !!!).
La soirée débute avec Edenbridge pour sa première tournée en France. Même si je ne suis pas un adepte du chant féminin, j’ai apprécié la prestation du grroupe de Sabine Edelbacher, qui a su chauffer la salle, malgré quelques problèmes de balance et des bandes claviers parfois inutiles. De ce set de 30 minutes durant lequel la batterie fut omniprésente (au bon sens du terme), je retiendrai avant tout l’hymne ‘Wild Chase’ et l’épique ‘October Sky’ avec son pont à deux guitares. Mais la prestance et la voix cristalline de Sabine ont aussi fait mouche sur le titre ‘What You Live Behind’ (dont l’intro fait furieusement pensé à Queen) et le final ‘Starlight Reverie’. Une bonne mise en situation, donc.
Les danois de Manticora investissent alors la scène pour un show vitaminé de 45 minutes. Lars F. Larsen est un excellent frontman qui sait haranguer et faire participer la foule. Sa pêche et sa voix puissante portent tous les morceaux, dont la complexité oblige les autres musiciens à se concentrer sur leurs instruments. Complexité ne signifie pas pour autant prise de tête, Manticora propose dans les six titres de son set, de nombreux breaks à deux guitares qui retiennent l’attention et le clavier est un instrument à part entière qui propose d’excellents solos comme dans ‘King Of The Absurd’. ‘Private Hell’ et l’épique ‘Creator Of Failure’ offrent une excellente illustration du power metal conceptuel des danois, qui sait aussi produire des morceaux plus directs avec un refrain accrocheur comme celui de ‘Cantos’. Il manque peut-être encore un peu de bouteille à Manticora pour porter pleinement leurs titres en live mais il faut admettre leur qualité. Leur prestation a en tout cas achevé de chauffer la salle et en a convaincu plus d’un, puisque nous étions nombreux à chercher un autographe ou une photo à la fin de la soirée.
Voilà donc la Laiterie bien remplie (500 personnes à vue de nez), toute prête à accueillir Angra pour un show énorme. Tout y est : décors, jeux de lumière, son impeccable (même si la voix d’Edu aurait mérité d’être un peu plus amplifiée sur certains titres), changements d’instruments réglés au quart de poil et musiciens doués et pro jusqu’au bout des ongles.
Après un instrumental de plus de cinq minutes fait de l’intro et de l’outro de l’album ‘Temple of Shadows’, à savoir ‘Deus Le Volt’ et ‘Gate XIII’, le groupe entre sur scène pour répandre son feu métallique avec ‘Spread Your Fire’. Et c’est parti pour deux heures de show durant lequel Angra expose bien sûr son dernier album (avec les titres ‘Waiting Silence’, ‘No Pain for the Dead’ sur lequel Sabine d’Edenbridge revient sur scène, ‘Angels Of Demons’ et ‘Temple of Hate’) tout en distillant les incontournables de sa discographie (l’excellentisme ‘Acid Rain’, ‘Nothing to Say’, ‘Shadow Hunter’ et l’hymne ‘Angels Cry’). Angra nous gratifie aussi de passages plus festifs (l’intro tout en percussions de ‘Carolina IV’), plus intimistes (avec des intro acoustiques comme sur ‘Rebirth’) ou pluri-vocaux. Cela contribue à la diversité et à la richesse du concert qui a fait ‘jumper’ les fans à plusieurs reprises.
J’ai vraiment été scotché par le professionnalisme et le talent de ces brésiliens : Felipe et sa basse 6 cordes, sur laquelle il a exécuté quelques slapping et tapping discrets mais impressionnants, et Aquiles, avec son énorme batterie ornée d’une pieuvre, ont assuré une section rythmique à toute épreuve. Kiko et Rafael ont délivré avec doigté et charisme des solos et des duos bien léchés et occupé l’espace sonore et scénique, sans jamais trop en faire. Le chant d’Edu fut limpide et son français impeccable lorsqu’il motivait ou remerciait les fans.
La soirée s’est achevée, après deux rappels (‘Carry On’ et ‘Nova Era’) sur un tribute à Dimebag Barrel et la reprise du ‘Raining Blood’ de Slayer, avec Felipe au chant, qui a déclenché un pogo endiablé.
La Laiterie a bien accueilli Angra et s’est vue chaleureusement remerciée par des poignées de mains, des sourires, des drumsticks et plein de médiators (ouiiiinnn, j’en ai pas eu !!!!). Bref, une très bonne soirée. Merci à eux et see you next time !